CONTROLE SUR LES AXES ROUTIERS : Cessez de nous racketter !

CONTROLE SUR LES AXES ROUTIERS : Cessez de nous racketter !

 

Je constate, avec beaucoup de regrets, le retour d’une vieille pratique sur nos axes routiers. Il s’agit, croyez-moi, des rackets organisés par des forces de défense et de sécurité. La pratique avait disparu, mais depuis peu, elle est en train de prendre des proportions inquiétantes. Et là, je sais de quoi je parle. Car, j’ai été moi-même victime de cette pratique ignoble. La première fois, c’était en fin d’année 2014. Je me rendais à Niamey au Niger à bord d’un car d’une compagnie de transport. Mais je vous avoue qu’à chaque poste de contrôle, il fallait mettre la main à la poche, faute de quoi, on vous bloquerait toute la journée. Moi, par exemple, j’étais en règle puisque j’avais tous mes documents, mais je vous dis que malgré tout, les gars m’ont demandé de leur donner l’argent de la bière, comme si cela faisait partie des contraventions prévues par les textes. Cette année encore, j’en ai fait les frais lorsque je me rendais au Mali pour voir ma tante bien aimée qui vit depuis cinq ans à Bamako avec son mari. Sur la route, j’avoue que nous avons subi toutes sortes de tracasseries de la part des forces de l’ordre. Il fallait débourser soit 1000 soit 2000 F CFA pour avoir la paix, tant la pression morale que l’on nous faisait subir était forte. Oh, braves gens, où allons-nous ? Tout se passe comme si les rackets étaient devenus une forme d’escroquerie autorisée par la loi. La preuve est que la pratique est en passe de devenir endémique. Et le Burkina Faso

semble encore être le meilleur exemple. Au Togo comme au Bénin, vous ne pouvez pas faire plus de cent mètres sans avoir glissé quelques « tôgo » dans la sébile des policiers et gendarmes. Au Niger et en Côte d’Ivoire, on nous demandera si « on mange papiers », si après contrôle, vous renâclez à mettre la main à la poche. Les plus téméraires vous diront plus ouvertement que vous ne « parlez pas bon français » si vous ne leur glissez pas quelques pièces d’argent. Il en est ainsi d’année en année, si fait que l’on avait l’impression que le racket était devenu une pratique institutionnelle. Il a fallu l’arrivée de Alassane Dramane Ouattara (ADO) au pouvoir en Côte d’Ivoire, par exemple, pour que certains éléments des forces de défense soient sanctionnés pour l’exemple. Certes, je le sais, la pratique perdure, mais les proportions ne sont plus les mêmes. La peur d’être épinglé a poussé certains à la sagesse.

J’en appelle à la responsabilité des citoyens

C’est ce que doivent, à mon avis, faire les autorités de la Transition burkinabè qui ont d’ailleurs suffisamment le vent en poupe pour mener un tel combat. Car, le contexte s’y prête. Sinon, il est à craindre qu’avec les différents contrôles menés ces derniers temps sur les axes routiers, il y ait des esprits malins qui en profitent pour racketter d’honnêtes citoyens. Je ne dis pas d’arrêter les contrôles. Non. Bien au contraire, j’encourage les forces de défense et de sécurité à le faire. Mais si des éléments indélicats se rendent coupables d’actes répréhensibles, ils jeteront l’anathème sur tous les autres, ternissant ainsi l’image même du corps. Car, comme le dit l’adage, c’est à cause d’un seul serpent que l’on déteste tous les autres. Cela dit, j’en appelle aussi à la responsabilité des citoyens. Car, on le sait, ils sont nombreux les Burkinabè qui préfèrent être rackettés que verbalisés. Ce qui n’est pas normal ; puisque chaque fois que l’on parle de corruption, il y a un manque à gagner en termes d’argent pour l’Etat. Donc, je mets tout le monde en garde. Nous avons tous dit et pris l’engagement que « plus rien ne sera comme avant au Burkina Faso ». Respectons donc nos engagements. A bon entendeur !

« Le Fou »

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8 Commentaires

  1. Ernest BOUDA

    Il est certes important d’attirer l’attention des autorités sur ce fléau mais il faudrait aussi important d’expliquer à la population de ne pas prêter le flan. Rien qu’en début de ce mois d’octobre à la frontière du Burkina et de la Côte d’Ivoire j’ai assisté à une scène qui frisait le ridicule. Un burkinabé qui rentrait au pays sans CNIB et sans carnet de vaccination a été verbalisé à 3000 F avec un réçu à l’appui. Une fois dans le car il se met à insulter les forces de l’ordre allant jusqu’à dire qu’il avait honte d’être burkinabé parce que à la frontière ivoirienne on lui a pris 1000F (sans reçu) alors que les policiers burkinabés l’ont fait payer 3000F. Avec ce genre de raisonnement comment voulez vous que la corruption disparaisse?

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    1. Maiga

      Le meilleur remède c’est de sensibiliser les populations,car psouvent c’est du à leur ignorance.Imaginer une seule seconde en Europe un policier entrain de racketter un citoyen………………

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  2. dao adama

    Si vous voyer que on aime rakete que verbalise cest parceque infraction nait pas lumite les autorite. Volume infration pour que on fait arangement

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  3. Pascal Ilboudo

    Il est vivement recommandé de photographier ou de filmer les agents qui se livrent à ces pratiques. Cela constituera de preuves sur la base desquelles les fautifs seront punis conformément à la loi.

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  4. Maiga Niger

    Le meilleur remède c’est de sensibiliser les populations,car souvent c’est du à leur ignorance.Imaginer une seule seconde en Europe un policier entrain de racketter un citoyen………………Moi j’ai fait mes études universitaires en CI en 2003 pendant la crise,mais quand je voyageais pour rentre au pays ( Niger ) c’est seulement arrivé au Burkina que suis à l’aise parce que les policiers étaient réglo……..

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  5. altera

    je suis d’avis avec le fou. neammoins, il faut dire que la pratique varie d’une région à une autre. dans la sous région, certaines forces de sécurité de l’ordre s’illustrent negativement dans la racket. à la frontière Burkina Côte d’ivoire par exemple, lorsque vous arrivez, le controle côté Burkina se fait dans les règles de l’art et je felicite en passant les agents pour ce serieux. mais dans la zone Cote d’ivoire, les policiers recupèrent vos papiers et tous les passagers du Bus sont tenus de descendre. souvent, plusieurs compagnie en partance pour la CI se retrouvent au même moment à cet endroit. l’on vous invite ensuite à vous diriger vers une maisonnette juste au bord de la voix avec une entrée et une sortie. tous les passagers se regoupent à l’entrée de la maisonnette et attendent d’être appelé. une fois que l’on vous appelle et que vous entrez, le policier qui est en face de vous tend vos pièces dans une main et tend egalement l’autre main pour que vous y mettez un billet de 1000 F cfa. ensuite vous regagner la sortie par l’autre porte pour enfin vous diriger vesr les services de vaccination. ce n’est vraiment pas sérieux dans un contexte ou l’on prône la libre circulation des personnes et des biens.

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  6. Judex

    Pas plus tard que ce 10/11/2015, avant de rejoindre mon service, j’ai déposé mon épouse à la gare Ouagarinter pour un voyage en terre ghanéenne. Afin de lui faciliter les formalités d’enregistrement de ses effets de voyage (sa valise et un sac de moins de 20 Kg), je me suis présenté à la table d’enregistrement. Après avoir attribué un numéro aux bagages l’on m’exigea pour chacun d’eux la somme de 3000 f, SVP! Revenant sur terre, j’ai voulu savoir si l’on pouvait entreprendre un voyage international sans bagage. La réponse fut: « ici, c’est comme ça! » « Je ne suis qu’un simple employé ». A ma demande de voir le patron-employeur, je n’obtins aucune réponse. Et le DRAME, c’est que tout le monde autour de moi, voyageurs « habitués », semblait acquiescer cette escroquerie. Messieurs des syndicats de transport de voyageurs, est-ce vraiment cette réalité que vous faites subir à vos passagers?

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