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COOPERATION NORD-SUD : L’ATTAC-CADTM pour l’abolition des dettes publiques

 

L’association pour la taxation des transactions financières pour une action citoyenne du comité pour l’annulation de la dette des pays du tiers monde (ATTAC-CADTM Burkina) organise du 25 au 27 mars 2019, un séminaire de formation sur la problématique de la gouvernance économique. Venus du Burkina, de la France, du Mali et du Bénin, les participants échangeront sur la dette publique et les droits humains.

Le Burkina présente un profil similaire à celui des autres pays africains en matière de dette. Et les emprunts extérieurs contractés par ce pays ne font que s’accroître d’année en année. En 2015, sur un budget de 1 804, 11 milliards de F CFA, 170 milliards de F CFA sont alloués au service de la dette. Mais malgré ces emprunts, le Burkina fait partie des pays les plus pauvres de la planète. Réunis en séminaire d’information et de renforcement des capacités, les membres de l’ATTAC-CADTM souhaitent l’abolition des dettes illégitimes. Pour le chargé du secrétariat permanent du comité pour l’abolition des dettes illégitimes, Broulaye Bagayoko, par ailleurs membre de la coalition des alternatives africaines dettes et développement, la dette publique en Afrique absorbe moins de 50% des recettes budgétaires de l’Etat, ce qui est d’ailleurs énorme. Selon lui, la dette est illégitime toute fois qu’elle a été contractée mais n’a pas servi l’intérêt général, notamment celle qui a fait l’objet de corruption ou de détournement, et du coup, est non remboursable. Il a aussi souligné qu’au-delà de la dette illégitime, il y a celle illégale qui est celle contractée sans respect des lois et des constructions du pays concerné, ou l’accord de prêt convenu entre le gouvernement et les créanciers. « L’Afrique est créancière et non débitrice, et le discours présenté est totalement faux. L’aide publique au développement, selon les statistiques, c’est lorsqu’on nous donne 1 dollar et en retour on leur rembourse deux dollars. Cela veut dire que le taux de retour de l’aide du Nord au Sud est actuellement de 80%, une manière de nous donner par la main droite et récupérer par la main gauche. Aujourd’hui, l’Afrique peut se passer de l’aide publique et aussi de la dette en se contentant de solutions comme la règlementation de la bourse des capitaux », a-t-il soutenu. Une des solutions pour le chargé du secrétariat permanent, pour abandonner la dette publique, est de régler la question de la corruption en menant un audit citoyen de la dette comme l’avait souhaité Thomas Sankara en 1987, lors d’un sommet à Addis-Abeba. C’est une rencontre, a-t-il précisé, qui va se dérouler en deux parties, dont la première se tient du 25 au 27 mars avec les mouvements sociaux pour renforcer le niveau d’information et la capacité d’analyse des plaidoyers sur les dialogues politiques en ce qui concerne la dette. Une séance d’échanges est aussi prévue le 28 mars avec les parlementaires. Car, à en croire Broulaye Bagayoko, tous les accords de prêts sont votés au niveau du parlement, donc il est important que les députés sachent réellement ce qui se passe derrière cette dette. « C’est une manière d’amener ces élus à poser la question de la dette dans les activités parlementaires et aussi l’engagement de ces derniers à aller dans un audit de la dette du Burkina et d’annuler purement et simplement celles qui n’ont pas bénéficié aux citoyens », a-t-il dit. Notons que le CADTM a été créé le 15 mars 1990 et est constitué d’une trentaine d’organisations actives dans plus de 26 pays répartis sur 4 continents. Son principal travail consiste en la réalisation d’actions et l’élaboration d’alternatives radicales visant l’émergence d’un monde basé sur la souveraineté, la solidarité entre les peuples, la justice socio-économique et la paix.

Valérie TIANHOUN

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