A la uneLa chronique du fou

CORONAVIRUS AU BURKINA

Disciplinons-nous comme nos amis chinois

En début de semaine en cours, le ministre de la Santé a déclaré qu’il y avait deux cas confirmés de coronavirus sur le sol burkinabè. Il s’agit, dit-on, d’un couple burkinabè en provenance de la France, qui a été mis en quarantaine au Centre hospitalier national Tengandogo. J’avoue, chers amis, que j’ai la peur au ventre, surtout quand on dit que le couple en question est entré au Burkina depuis le 24 février dernier. Voyez-vous ? Il y a péril en la demeure. Car, imaginez-vous le nombre de personnes qui sont entrées en contact avec ce couple dont on dit d’ailleurs qu’il s’agit de leaders religieux. C’est dire qu’en deux semaines, le virus peut avoir pris des destinations insoupçonnées. En tout cas, moi, j’ai peur parce que je ne sais pas comment survivre si, entre-temps, les autorités se voient obligées de décréter le confinement de la ville de Ouagadougou. Je touche du bois pour que l’on n’en arrive pas là. Car, comme moi, je ne sais pas de quoi vivrons beaucoup de Burkinabè qui tirent déjà le diable par la queue et qui ont de la peine à s’offrir un seul repas par jour. Comment alors survivre si l’on vient à décréter la fermeture des marchés et yaars qui font tourner l’économie ? Comment vivre si, entre-temps, par la force des choses, les autorités décident de fermer les frontières terrestres et aériennes ? Autant de questions que je me pose. Cela dit, je souhaite que, plutôt que de céder à la peur, les Burkinabè s’arment de courage pour qu’ensemble, on puisse vaincre cette pandémie qui, faut-il le rappeler, a déjà coûté la vie à de milliers de personnes à travers le monde. Pour cela, je demande aux uns et autres de respecter les consignes données par les autorités. Il faut changer nos habitudes, c’est-à-dire éviter de se serrer les mains et garder, dans les maquis et restaurants, une distance minimale d’un mètre entre nous.

L’avènement du coronavirus doit nous donner à réfléchir, tant la situation est critique

Cela n’a rien de mauvais parce qu’ici, il s’agit d’une question de vie ou de mort. Si les Chinois, en dépit de leur nombre, sont arrivés à limiter la propagation du coronavirus, c’est parce qu’ils sont disciplinés. Donc, nous aussi, n’avons pas d’autre choix que de laisser de côté l’incivisme qui nous colle à la peau, pour autant que nous ne voulions pas mettre en péril la vie de toute la nation. Déjà que notre pays est en proie à l’insécurité, l’avènement du coronavirus doit nous donner à réfléchir, tant la situation est critique. La preuve, s’il en est, c’est que le jour même où l’on confirmait les deux cas de coronavirus dans notre pays, les autorités annonçaient le massacre d’une quarantaine de personnes dans le Nord du pays, plus précisément dans la province du Yatenga, par, dit-on, des hommes armés non identifiés. Voyez-vous ? Le Burkina est mal barré puisqu’en plus de ces deux maux que sont l’insécurité et le coronavirus dont nous souffrons, il faut ajouter la fronde sociale qui prend de plus en plus de l’ampleur. En témoigne le bras de fer qui oppose le gouvernement aux syndicats autour de l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents publics. Où allons-nous avec tous ces problèmes ? C’est la question que je me pose personnellement depuis plusieurs jours, sans réponses. Et je souhaite que chaque compatriote en fasse autant pour qu’ensemble, on mûrisse la réflexion face à ces drames qui menacent de détruire même les fondements de notre nation.

« Le Fou »

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