CORRUPTION ET AUTRES MAUVAISES PRATIQUES AU BURKINA : Les choses vont de mal en pis

CORRUPTION ET AUTRES MAUVAISES PRATIQUES AU BURKINA   :  Les choses vont de mal en pis

L’on avait eu la faiblesse de croire qu’avec le départ de Blaise Compaoré, la gouvernance du pays serait tirée  vers le haut. Mais aujourd’hui, l’on peut avoir le sentiment que les choses sont allées de mal en pis. Et c’est la preuve, s’il en est encore besoin, que nos gouvernants actuels n’ont pas véritablement tiré leçon des mauvaises pratiques du long règne de Blaise Compaoré. De ce fait, on peut laisser entendre ceci : pour avoir dîné pendant un quart de siècle avec le diable, ils ont fini par adopter certains de ses habitus. Dans certains domaines même, on peut affirmer qu’ils sont en train de damer le pion au diable. Et leur terrain de prédations de premier choix, semble être les sociétés d’Etat ou encore les EPE (Etablissements publics de l’Etat). En effet, des fortes odeurs de mauvaises pratiques émanent de ces structures. Certes, leurs origines remontent à l’époque de Blaise Compaoré, mais la gouvernance MPP semble avoir fait le choix de se contenter de la pourriture. Les structures auxquelles les nouvelles autorités devraient remonter les bretelles et qui excellent toujours dans les mauvaises pratiques, sont légion. L’on peut citer pèle- mêle la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la SONATUR (Société nationale de gestion des terrains urbains), l’UPB (Université polytechnique de Bobo), le ministère du Travail et de la sécurité sociale, l’Office de santé des travailleurs (OST), etc. Et les faits sont têtus. L’Etat et les sociétés concernées doivent, à l’heure actuelle, à la CNSS, selon notre confrère le Courrier confidentiel, des sommes astronomiques. Et ce qui révolte dans tout cela, c’est que non seulement certains prêts ont été utilisés de manière suspecte, mais aussi les sociétés qui en ont bénéficié ne semblent pas disposées à honorer leur part de contrat, c’est-à-dire, permettre à la CNSS de recouvrer ses fonds. Et quand on pense que ce sont les cotisations sociales de malheureux travailleurs, qui sont utilisées de cette façon on ne peut plus calamiteuse, l’on peut se surprendre à verser des larmes pour le Burkina, pour autant que l’on ait un minimum d’amour pour ce pays.

La meilleure manière de mettre un opposant à l’épreuve, c’est de lui proposer un poste de responsabilités

 

Mais les scandales de cette nature perturbent  de moins en moins le sommeil des Burkinabè. A commencer par ceux qui sont censés montrer le bon exemple aux autres, c’est-à-dire les gouvernants et ceux à qui l’on a confié la gestion des sociétés sus-citées. Et les raisons de cette indifférence coupable sont liées à ceci. Bien de nos intellectuels ou prétendus tels, viennent en politique non pas pour servir mais pour se servir. Et c’est cette logique qui les guide lorsque l’on leur confie la gestion de nos sociétés d’Etat. La moindre occasion est bonne pour eux pour se remplir les poches. Un autre manquement que l’on peut observer de leur part, c’est qu’ils sont prêts à faire l’âne pour avoir le foin.De ce point de vue, ils sont disposés à avaler toutes les couleuvres, pourvu qu’ils préservent leur poste. C’est ce comportement qui pourrait expliquer toutes les défaillances qui ont été pointées du doigt à la Caisse nationale de sécurité sociale et dans les autres structures évoquées ici. Naturellement, il ne viendra pas à l’idée de ces messieurs de claquer la porte ou de hausser le ton quand ils constatent que les choses sont en train de déraper du fait de leur hiérarchie. L’on peut donc, de ce point de vue, se permettre de suggérer à Roch Marc Christian Kaboré, autant que faire se peut, d’éviter de nommer à certains postes de responsabilité, les courtisans du parti. Car, toute la somme de leurs indélicatesses se retournera contre lui, tôt ou tard. La sempiternelle question de nommer « qui il faut à la place qu’il faut » se pose plus que jamais. D’ailleurs, la meilleure manière de mettre un opposant à l’épreuve de la bonne gouvernance, c’est de lui proposer un poste de responsabilités. Mais au Burkina, le faire peut paraître aux yeux de certains, comme un acte de haute trahison. Ainsi, on continue à promouvoir la médiocrité, à récompenser les copains et les coquins au détriment de l’efficacité et de l’intérêt supérieur de la Nation.

Sidzabda

 

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