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CREATION ANNONCEE DE L’ECO

Muhammadu Buhari jette un pavé dans la mare

Alors que l’on s’achemine à petits pas vers la mise en circulation de la nouvelle monnaie appelée Eco, le président nigérian, Muhammadu Buhari, vient de jeter un pavé dans la mare. En effet, dans une série de tweets publiés le 24 juin dernier, il a évoqué un risque de dislocation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Morceau choisi : « Cela me donne un sentiment de malaise que la zone UEMOA souhaite reprendre l’Eco en remplacement de son franc CFA avant les autres membres de la CEDEAO », a-t-il déclaré tout en ajoutant : « La position du Nigeria sur l’Eco est que les critères de convergence n’ont pas été remplis par la majorité des pays ». Cette sortie du président nigérian dont le pays représente plus de 60% du Produit intérieur brut (PIB) de la CEDEAO, intervient au moment où le projet de loi portant modification du traité de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), est sur les tables des parlements nationaux des différents pays membres. En tout cas, pour Muhammadu Buhari, hormis le changement de nom, l’Eco n’est en rien différent du Franc CFA. Surtout quand on sait qu’en dépit du départ des représentants de Paris, des instances de la politique monétaire de la nouvelle devise, la France reste le garant financier et de ce fait, a le droit de nommer, en cas de crise, des représentants au sein du Conseil de politique monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Il subsiste encore des résistances de la part de certains pays de la CEDEAO, en l’occurrence anglophones

C’est donc clair, le Nigeria ne voit pas d’un bon œil l’avènement de l’Eco si fait qu’il se montre prudent et exigeant. Il avait même annoncé la couleur en février dernier, en formulant une demande aux fins de « prolongation du délai pour le lancement de la monnaie unique ». Et ce n’est pas tout. La première puissance économique n’avait pas digéré la manière, dit-on, cavalière dont les présidents français et ivoirien, Emmanuel Macron et Alassane Dramane Ouattara, avaient annoncé la naissance prochaine de l’Eco. C’est dire donc qu’à l’allure où vont les choses, ce n’est pas demain la veille la mise en circulation de l’Eco, tant il subsiste encore des résistances de la part de certains pays de la CEDEAO, en l’occurrence anglophones. C’est donc clair. Tous ceux qui aspirent à l’unification du continent noir doivent toujours prier. Car, comment des pays qui n’arrivent pas à s’entendre au niveau régional du fait des intérêts et des ego des uns et des autres, peuvent-ils accepter un jour de fédérer dans un grand ensemble continental ? La question reste posée !

B.O

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