CREATION D’UN FONDS SPECIAL POUR LE G5 SAHEL : Saura-t-on relever le défi de la bonne gouvernance ?

CREATION D’UN FONDS SPECIAL POUR LE G5 SAHEL : Saura-t-on relever le défi de la bonne gouvernance ?

Le 8 janvier dernier, s’est ouverte à Bamako au Mali, une réunion conjointe d’experts et des ministres des Affaires étrangères et de la Défense du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie sur l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel. A cette occasion, il a été annoncé la création d’un fonds fiduciaire pour « accompagner et gérer les importants fonds annoncés pour aider la force G5 dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel », selon les termes du ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Hubert Coulibaly. Une opération qui a toutes les allures d’un clin d’œil aux pays donateurs qui doivent se réunir la semaine prochaine à Paris avec les pays membres avant la réunion des pays contributeurs prévue pour se tenir le 23 février prochain à Bruxelles, capitale de la Belgique. Mais, le tout n’est pas de rassembler l’argent. Encore faudrait-il bien le gérer. C’est pourquoi l’on pourrait se poser la question de savoir si au niveau du G5 Sahel, l’on saura relever le défi de la bonne gouvernance dans la gestion de ces fonds. Car, bien souvent en Afrique, cette question s’est souvent révélée comme le talon d’Achille   de nos gouvernants. Et si face au malheur des populations, certains dirigeants sont capables de détourner des fonds destinés à la lutte contre des maladies épidémiques comme le Sida ou Ebola, l’on peut craindre que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, d’autres ne se gênent guère de tremper leur barbichette dans la soupe, à la moindre occasion. Dès lors, l’on comprend la volonté de certains donateurs à être regardants sur la façon dont ces fonds seront gérés. En tout cas, cette façon de devoir montrer patte blanche avant la mise en œuvre effective des fonds, peut être perçue comme une preuve supplémentaire que l’Afrique a surtout mal à sa gouvernance.

Force est de reconnaître que les lignes bougent

Et comme, selon l’adage, « le chien ne change pas sa façon de s’asseoir », l’on peut comprendre la fébrilité de certains donateurs à laisser exclusivement la gestion de ces fonds entre des mains qui pourraient être tentées par le diable. Car, en la matière, l’on est parfois envahi par le sentiment qu’il est moins difficile de lutter contre le terrorisme que contre la mal gouvernance sous nos tropiques. Il appartient donc aux dirigeants africains, en l’occurrence ceux du G5 Sahel, de faire la preuve du contraire en gagnant la bataille de la transparence et de l’orthodoxie financière dans la gestion de ce fonds spécial. Toute chose qui devrait mettre en confiance les partenaires qui ont accepté de délier les cordons de la bourse. En tout état de cause, relativement à la question de l’opérationnalisation de la force du G5 Sahel, force est de reconnaître que les lignes bougent. Petit à petit, les choses sont en train de se mettre en place, même si l’urgence du terrain aurait voulu que l’on puisse aller vite. Déjà, plus de la moitié du budget prévisionnel a été réunie. L’espoir est donc permis. Le souhait, à présent, est que la conférence des donateurs de Bruxelles prévue pour le mois prochain, permette d’augmenter considérablement le nombre de contributeurs pour permettre à cette force dont le projet a été lancé en novembre 2015, d’avoir la plénitude de ses moyens pour enfin aller à l’assaut des djihadistes qui ne rêvent que de mettre la région du Sahel sous coupe réglée, pour mieux tendre par la suite leurs tentacules jusque dans les recoins les plus reculés.

Outélé KEITA

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