CREATION D’UNE CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS DU BURKINA FASO : Pour assurer le financement des investissements structurants de l’Etat et des collectivités

CREATION D’UNE CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS DU  BURKINA FASO : Pour assurer le financement des investissements structurants de l’Etat et des collectivités

Le Burkina sera bientôt doté d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC-BF) pour assurer le financement des investissements structurants de l’Etat et des collectivités territoriales. L’annonce a été faite le 4 avril dernier à la primature, au cours d’une conférence de presse co-animée par le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba, le Directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, et le Directeur général du Groupe Caisse des dépôts, Pierre-René Lemas. Cette conférence de presse a été animée à l’issue d’une séance de travail qui a vu la signature d’un accord de partenariat entre l’AFD, la CDC France et l’Etat burkinabè.

 

Pour mieux assurer le financement de ses investissements et ceux des collectivités territoriales, l’Etat burkinabè a décidé de créer une Caisse des dépôts et consignations et ce, avec l’accompagnement de l’Agence française de développement (AFD), le Groupe Caisse des dépôts. Etablissement public à statut spécial, la CDC-BF sera chargée de la collecte et de la mobilisation de ressources financières à long terme, afin d’assurer le financement adéquat des investissements structurants de l’Etat et des collectivités territoriales d’une part, et, d’autre part, la restructuration des entreprises à caractère stratégique en difficulté. Elle permettra également de mobiliser et sécuriser l’épargne nationale, etc. Elle aura pour organes de fonctionnement, une commission de surveillance comprenant des parlementaires et des techniciens, une direction générale, un caissier général.  Pour lui permettre de mener à bien ses missions, il sera mis à la disposition de la CDC-BF une dotation conséquente de l’Etat, mais aussi une partie des ressources de placement de la Société nationale des postes du Burkina (SONAPOST), de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), de la Caisse autonomes de retraite des fonctionnaires (CARFO) et des dépôts de garantie constitués par les usagers auprès de grands concessionnaires de services publics comme l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), etc. Dans sa déclaration liminaire, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a confié que la CDC-BF est l’alternative la plus crédible pour apporter des solutions efficaces aux investissements massifs que le gouvernement entend réaliser à travers des projets structurants. Pour lui, en l’absence d’une structure publique susceptible de porter de manière efficace et durable les activités de financement de longue durée, la mise en place de la CDC-BF apparaît comme la seule alternative crédible pour relever ce défi. Selon le PM, le gouvernement a toujours fait du développement des différents secteurs de l’économie, l’une de ses priorités. Cependant, l’accès aux financements est une des principales contraintes à la réalisation d’investissements publics et privés au Burkina.

 

Rentabiliser les fonds de retraite et d’épargne

 

En plus de cela, a-t-il fait remarquer, il y a une inadéquation entre les possibilités et outils de financement offerts par les institutions financières existantes et les besoins de financements des investissements structurants dont les impacts économiques et sociaux permettraient d’enclencher une croissance soutenue et un véritable développement économique et social durable. Poursuivant son analyse, il dira que le financement d’investissements structurants est insuffisant, car «  il n’existe pas encore, au plan national, d’institutions publiques susceptibles de porter de tels investissements ». A cela, il faut ajouter la nécessité de sécuriser et de rentabiliser les fonds de retraite et d’épargne. C’est ce qui justifie, à son avis, la nécessité de créer la CDC-BF pour financer les projets structurants dans les domaines économique et social. A en croire le Premier ministre, le gouvernement s’attèle à mettre en place le cadre institutionnel et législatif de la CDC-BF. Car, deux projets de lois, l’un, portant création de la Caisse des dépôts et consignations et l’autre régissant les dépôts et consignations au Burkina, ont été transmis à l’Assemblée nationale pour adoption. Paul Kaba Thiéba a surtout remercié la délégation française dont le séjour au pays des Hommes intègres a pour but de visiter le projet de construction de la centrale solaire de Zagtouli afin de constater de visu son état d’avancement, de procéder à la signature d’un accord relatif au projet de création de la CDC-BF, mais aussi de visiter le projet de développement durable de Ouagadougou avec la signature d’une convention de 53 milliards de F CFA, etc. Intervenant à leur tour, le Directeur général du Groupe Caisse de dépôts, Pierre-René Lemas  et celui de l’AFD, Rémy Rioux, diront que la Caisse des dépôts et consignations est un formidable outil de développement car, sa vocation est d’accompagner les efforts du gouvernement, dans une politique de développement. Selon le DG du Groupe Caisse des dépôts, c’est la première fois qu’un DG de la structure dont il a la charge, foule le sol de l’Afrique subsaharienne depuis 200 ans.

 

Un fonds commun d’investissement de 400 milliards de F CFA

 

 Mais l’information qui a réjoui plus d’un Burkinabè, a été l’annonce du lancement d’un fonds commun d’investissement dans les infrastructures en priorité africaines, doté d’un montant de 600 millions d’euros, soit 400 milliards de F CFA.  500 millions d’euros venant de la Caisse de dépôts et 100 millions d’euros de l’AFD. Avec ces 400 milliards de F CFA, on peut générer des investissements d’un volume de 8 milliards d’euros, soit 5 000 milliards de F CFA, a indiqué Rémy Rioux, DG de l’AFD. En finançant la centrale de Zagtouli qui va fournir 33 mégawatts, l’objectif, dira le DG de l’AFD, est de faire du Burkina Faso, l’exemple du développement de l’énergie solaire dont le coût de production est bas. Quant à la signature de la convention de 80 millions d’euros qui interviendra aujourd’hui 5 avril 2017, elle permettra, selon Rémy Rioux, d’appuyer le développement de quelques quartiers de la capitale dont Tampouy. La formation professionnelle sera également financée, a-t-il   affirmé. A la question de savoir quand la CDC-BF sera fonctionnelle, le Premier ministre a confié que c’est pour très bientôt. Car, a-t-il ajouté, il faut d’abord que la loi soit votée par le Parlement. Il y a également, a-t-il renchéri, un certain nombre de dispositions préalables à prendre, notamment le business plan à finaliser et le modèle prudentiel à mettre en place pour sécuriser la gestion financière de la CDC-BF. Paul Kaba Thiéba s’est d’ailleurs réjoui de l’accompagnement de l’AFD pour la réalisation de ces outils.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

 

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