CRISE AU CONSEIL REGIONAL DU CENTRE-NORD : Adama Sawadogo échappe à la motion de défiance

CRISE AU CONSEIL REGIONAL DU CENTRE-NORD   :  Adama Sawadogo échappe à la motion de défiance

 Une session extraordinaire du Conseil régional du Centre-Nord a eu lieu à Kaya le vendredi 10 août 2018 à 10 h. C’est suite à des griefs adressés au président  Adama Sawadogo, que 25 conseillers régionaux sur 56 ont exigé cette session pour une motion de défiance. Il y avait un absent parmi les conseillers. Suite aux tensions qui prévalaient, les journalistes ont purement été vidés de la salle par le PCR visiblement remonté : « Le gouverneur me l’a dit au téléphone que c’est uniquement les conseillers, même la presse ne doit pas y avoir accès, les travailleurs non plus ». Finalement la session a été tenue  à huis clos sous haute surveillance sécuritaire et le PCR a échappé à la motion de défiance : 34 voix contre, 19 voix pour et 2 abstentions. Cependant, pour Idrissa Ouédraogo, porte-parole des conseillers frondeurs, ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : « Nous nous battrons pour donner raison à la région… ».

 

La motion de défiance a été déposée le 3 août dernier sous le courrier n° 004 et portait sur les griefs suivants : « la gestion des médailles obtenues à la chancellerie pour les décorations à l’occasion de la fête du 11 décembre 2016 à Kaya et la poursuite judiciaire du président. En effet, Adama Sawadogo fait l’objet d’un mandat de dépôt pour faux et usage de faux en écriture publique, usurpation de fonction, complicité d’usurpation de fonction et de titre ». Néanmoins, après quelques minutes de tractations, les journalistes ont pu assister  à la cérémonie d’ouverture  présidée par Adama Sawadogo, visiblement remonté contre tout le monde. Certains confrères se demandent pourquoi en vouloir à la presse qui fait son travail d’information. En tout cas la session a été tenue à huis clos sans les journalistes et sans les travailleurs du Conseil régional. En rappel, l’ordre du jour était : « Discussion et vote d’une motion de défiance ». Après de longues heures d’attente sous le hall du conseil régional, c’est aux environs de 15h que les résultats nous sont parvenus. Le PCR a échappé de justesse à la motion de défiance. « Nous avons pu avoir 34 voix contre, 19 voix pour et 2 abstentions », s’est réjoui le PCR Adama Sawadogo à l’issue des votes qui s’étaient déroulées à huis clos dans la salle. Il a avant tout déploré l’incident qui a eu lieu  au début de la rencontre avec les journalistes : «Je voudrais saisir cette occasion pour m’excuser vraiment parce que l’enjeu était de taille compte tenu du contexte ». Pour Idrissa          Ouédraogo, porte-parole des conseillers frondeurs, ils ont perdu la bataille mais pas la guerre : « Honnêtement nous avons dit dans la salle, nous nous battrons pour donner raison à la région pour trouver des hommes qu’il faut à la tête du conseil régional… avec plus d’honneur et d’espoir ». Pourtant le PCR Adama Sawadogo tente de tenir le coup: « Les conseillers ont compris ; ils ont accepté que c’est vrai, tu as fauté, mais ça arrive qu’on faute. Mais prochainement il faut améliorer ». En tout état de cause, les faits sont parlants puisque l’inspection du MATD et le gouvernorat sont passés et la faute est si grave. Voilà pourquoi Idrissa Ouédraogo revient sur les faits de gestion des médailles et la poursuite judiciaire qui est en cours: « Tout le monde est au courant que le président fait l’objet de poursuite judiciaire. Il a même séjourné en prison pendant près d’un mois. En tout cas la procédure est en cours. Et c’est suite à une faute grave qu’il a été déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Kaya (22 mai 2018). Alors que le Code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit des sanctions pour des fautes de ce genre. Donc, nous avons estimé que quelqu’un qui a commis un tel acte n’était plus digne de représenter le Conseil régional…Nous avons évoqué des problèmes de gestion, le problème de respect même du CGCT, les principes les plus élémentaires sont bafoués dans le système de gestion de ce président ». Pour sa part, le PCR Adama Sawadogo, reconnaît ses fautes et pense que «  c’est seulement celui qui n’agit pas qui ne se trompe pas ». A l’endroit des conseillers il dit ceci  : « Je me suis trompé, je me suis excusé auprès d’eux ». Et ajoute : « Je souhaite être conseillé, être accompagné pour les sentiers futurs ». La crise est loin d’être finie au regard de la tension qui perdure au sein des conseillers frondeurs qui ont prévenu : « Nous avons été clairs au début. Nous avons dit que de toute façon, nous mettons chaque acteur face à ses responsabilités ».

 

Madi OUEDRAOGO (Correspondant)

 

 

 

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