CRISE LIBYENNE

CRISE LIBYENNE

Quand Macron ravit la vedette à Sassou

La crise libyenne sera au cœur d’une conférence internationale, demain 29 mai 2018, à Paris, en France. Sous l’égide des Nations unies et à l’initiative du président français, Emmanuel Macron, cette rencontre a pour objectif de « créer les conditions d’une sortie de crise en responsabilisant tous les acteurs nationaux et internationaux », selon les termes de l’Elysée. A l’occasion, plusieurs acteurs majeurs de la crise libyenne feront le déplacement de Paris avec bien entendu à leur tête, les deux figures de proue que sont le Premier ministre, Fayez-al Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar qui, par la force des armes, contrôle une bonne partie du territoire. Rappelons que ces deux personnalités sus-citées s’étaient, le 25 juillet 2017, déjà rencontrées à Celle Saint Cloud, en région parisienne, sous les auspices du président Macron. Mieux, un accord avait été signé par les deux hommes qui s’engageaient à observer un cessez-le-feu. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Le Premier ministre soutenu par la communauté internationale, est, selon toute vraisemblance, l’ombre de lui-même, tant il n’a d’autorité sur aucune des multiples milices qui écument le pays. A contrario, les hauts faits d’armes du maréchal Haftar ont fini par faire de lui un personnage incontournable dans la gestion de cette crise qui n’a que trop duré. En tout cas, ce qui importe le plus à l’issue de cette rencontre de Paris, ce n’est pas un simple accord, mais plutôt une disposition des uns et des autres à aller à la paix. Car, ce qui manque le plus dans la crise libyenne, c’est la sincérité des acteurs.

C’est à se demander si l’UA n’a pas fait un mauvais casting

Et comme pour ne rien arranger, on assiste à une sorte de conflit d’intérêts entre les grandes puissances, en l’occurrence la France, les Etats-Unis, la Russie et la Chine. C’est en cela d’ailleurs qu’il faut saluer le fait qu’aucun acteur national et international n’ait été mis à l’écart. Tous les 19 pays très actifs dans la crise libyenne, seront représentés, dit-on, à Paris, sans oublier les Etats voisins, notamment le Maroc et l’Algérie. La démarche est bonne en soi. Car, en mettant chaque acteur devant ses responsabilités, celui-ci a intérêt à travailler davantage, sous peine d’être traité de ventre mou de la chaîne quand viendra l’heure du bilan. Cela dit, tout se passe comme si le président français, Emmanuel Macron, était en train de ravir la vedette à son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso qui, rappelons-le, dirige depuis plus de deux ans, le Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye. Or, en un an seulement au pouvoir, Jupiter a réussi le tour de force d’asseoir, pour la deuxième fois, les principaux protagonistes libyens autour d’une même table ; prouesse que Sassou n’a pas encore réussie. Comment pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que Sassou lui-même n’est pas un exemple et que ce faisant, sa voix ne porte pas haut ? C’est à se demander si l’UA n’a pas fait un mauvais casting. Elle aurait jeté son dévolu sur un « dirigeant normal » pour diriger le comité de haut niveau sur la Libye, que les lignes auraient sans doute bougé. Et c’est peu dire !

Boundi OUOBA

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