CRISE AU MENA : Un protocole d’accord signé, le mot d’ordre de grève  levé

CRISE AU MENA : Un protocole d’accord signé, le mot d’ordre de grève  levé

Depuis le début de l’année scolaire 2017-2018, le système éducatif vit une crise sans précédent, qui se traduit par d’incessantes grèves dont la dernière a eu lieu les 9, 10 et 11 janvier 2018. Pour sauver l’année scolaire en cours, une rencontre regroupant l’Union nationale des associations des parents d’élèves du secondaire et du supérieur du Burkina Faso, les autorités coutumières et religieuses et les syndicats, a été initiée les 25, 26, 27 et 28 janvier 2018, sous l’égide du Mogho-Naaba, afin de trouver un modus vivendi qui va permettre aux élèves de retourner en classe. Débutée le jeudi 25 janvier dernier au Premier ministère à Ouagadougou, c’est finalement le dimanche 28 janvier à 00h que les protagonistes sont parvenus à un accord qui suspend, de facto, le mot d’ordre de sit-in. Le protocole d’accord a été signé sous le regard du Premier ministre, du ministre de l’Education nationale et de celui chargé de la Fonction publique.

Après quatre mois de bras de fer et plusieurs jours de tractations, les syndicats de l’éducation et le gouvernement sont parvenus à un accord. L’annonce a été faite le dimanche 28 janvier dernier à 00h : « Tous les mots d’ordre ont été levés à partir de cet instant», a affirmé Wend-Yam Zongo, Porte-parole de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE), à la sortie de la rencontre à la Primature, qui a débouché sur la signature d’un protocole d’accord entre les syndicats de l’Education et le gouvernement, censé mettre fin à la crise que traverse le système éducatif burkinabè depuis la dernière rentrée des classes. Une annonce qui met du baume au cœur des parents d’élèves, qui jusque-là, ne savaient plus à quel saint se vouer. Mais Wend-Yam Zongo, Coordonnateur du CNSE, rassure. Selon ce dernier, les cours reprendront et même que des dispositions seront prises par les deux parties, d’ici le 31 janvier 2018, pour rattraper le temps perdu, surtout en ce qui concerne les évaluations et parvenir à sauver l’année scolaire 2017-2018. Tout compte fait, Wend-Yam Zongo a déclaré sans ambages, « nous ne sommes pas satisfaits à 100% », même s’il reconnaît que les quatre axes de revendication, à savoir l’adoption d’un statut valorisant des personnels de l’éducation et de la recherche, l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif et la revalorisation de la fonction enseignante, ont connu une évolution. Au sortir de la rencontre, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, s’est réjoui de l’accord qui a été trouvé entre le gouvernement et la CNSE. Pour lui, le protocole d’accord va permettre « de remettre l’école burkinabè sur les rails ». Il espère donc voir les élèves reprendre lundi, le chemin de l’école.

Par ailleurs, relativement au protocole d’accord, rien n’a encore filtré en ce qui concerne son contenu.

Françoise DEMBELE

ENCADRE  : PLATEFORME REVENDICATIVE DES SYNDICATS DES ENSEIGNANTS

1-La relecture de l’organigramme du MENA dans le but d’une autonomisation de chaque niveau de l’éducation

2-La prise de mesures nécessaires pour une application efficiente du système LMD dans les Universités publiques

3-L’adoption d’un statut autonome des personnels de l’éducation avec une classification catégorielle et une grille salariale valorisées

4-L’amélioration de l’indemnité spéciale de logement pour les personnels de l’éducation et son octroi d’office à tous

5-La reconnaissance des prérogatives et l’allocation de moyens conséquents aux encadreurs pédagogiques de tous les ordres d’enseignement pour l’exécution de leurs missions

6-L’allocation conséquente de moyens à toutes les structures éducatives de tous les ordres

7-Le respect des effectifs dans les classes en tenant compte des normes internationales.

8-L’octroi d’un trousseau pédagogique aux enseignants, à chaque début de rentrée.

9-La prise en charge effective des maladies professionnelles et accidents de travail.

10-L’allocation d’au moins 30% du budget national au secteur de l’éducation.

11-L’amélioration des conditions de vie et d’études des élèves et étudiants.

12-Le contrôle des établissements privés relativement au respect des cahiers de charges et aux frais de scolarité

13-L’application effective de la convention collective de l’enseignement privé laïc signée entre les organisations syndicales et l’UNEPEL et son extension aux autres types d’enseignement privé

14-La tenue effective des conseils de discipline, la poursuite et la sanction des responsables de structures administratives coupables de mauvaise gestion administrative et financière

15-Le renforcement effectif des capacités des personnels de l’éducation de tous les ordres à travers un plan cohérent de formation continue

16-Le respect des franchises scolaires et universitaires

17-La gestion diligente et efficace des dossiers de carrière des personnels de l’éducation

18-La réhabilitation du secteur de l’éducation non formelle et de l’alphabétisation.

19-La correction des incohérences et des iniquités constatées à travers le reversement des agents publics de l’Etat en lien avec la loi 081

20-La reconstitution de la carrière des personnels des ex-garderies populaires

21-Le développement de l’éducation préscolaire

22-L’effectivité de la gratuité dans l’éducation de base

23-La valorisation, l’harmonisation et l’octroi de l’indemnité spécifique à tous les personnels de l’éducation

Ouagadougou, le 5 octobre 2016

Ont signé :

Les Organisations Syndicales de l’éducation FESEB, F-SYNTER, SATEB, SNEA-B, SNEP, SNESS, SPESS, SYNAPAGER, SYNATEB, SYNTAS, SYNAPEP, SYNAVS, MONEP, SYNATRAS, SYNATRENF, STAGE

ENCADRE 2 : Protocole d’accord Gouvernement/CNSE : voici quelques acquis

Le Gouvernement et la Coordination nationale des syndicats de l’éducation ont signé un protocole d’accord dans la nuit du 27 janvier 2018.  Voici quelques détails majeurs du contenu dudit protocole pour information. Au titre des acquis, le protocole accorde les éléments suivants:
- une (1) bonification d'échelon dont l'incidence financière est payable à partir de septembre 2018 avec date d'effet janvier 2018.
- Une amélioration de l'indemnité de logement actuellement servie, chacun en ce qui le concerne (catégorie actuelle), de 26% échelonné sur deux (02) ans, dont la moitié payable en 2018 et l'autre moitié payable en 2019.
- Une amélioration de l'indemnité spécifique de cinq mille (5 000) F CFA, chacun selon sa zone et l'indemnité y afférente actuellement servie, échelonné sur deux (02) ans dont la moitié payable en 2018 et l'autre moitié payable en 2019.
- Le traitement diligent des dossiers de carrière (avancements, reversements, reclassements, bonification, etc.) dans un délai maximum n'excédant pas (03) mois.
- La relecture du Statut Autonome des personnels de l’Education par une commission technique bipartite dans un meilleur délai, en prenant en compte les incidences financières qui en résulteront dont les dates d'effet et d’exécution seront précisées en temps opportun.
Les autres aspects non pécuniaires sont stipulés dans le protocole.

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9 Commentaires

  1. Sacksida

    Voyez-vous, avait-on besoin de se tirailler durant quatre mois afin de parvenir à un protocole d’accord mettant fin à la crise dans l’éducation ? Il ne serait pas exagéré de penser que nos autorités nationales, sont en train de jouer avec l’avenir de nos enfants et celui du pays tout entier. Bien sûr, Il est vrai qu’il y’a tant de priorités et d’enjeux pour notre pauvre pays, mais quand ceux qui nous dirigent vivent au-dessus des moyens et des ressources nationales de l’Etat, comment ce pays qui se complaît dans la pauvreté pourrait-il amorcer un développement accéléré, durable et dans l’équité au bénéfice des populations ? Si l’on a trouvé des solutions maintenant, cela veut qu’il fût possible de les trouver depuis Novembre ou décembre 2017. J’ai l’habitude de dire que tant que nos dirigeants politiques ne reviendraient aux chemins tracés par la « Révolution Sankariste » dans tous les domaines sociaux, économiques, culturels et avec des pratiques vertueuses, le Burkina Faso demeurera dans le sous-développement pendant encore longtemps malheureusement. Tout développement commence d’abord par une prise de conscience nationale et surtout celle des élites qui devrons être intègres, travailleurs et dans une détermination sans faille. Pas dans un train de vie aux antipodes des réalités nationales. Courage et Salut !

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  2. Bala

    Avait-on besoin de l’intervention des religieux ou du mogho naaba pour trouver un accord dans cete affair ou est ce a dire qu’aec cette histoire, les autorités ont perdu de leur credibilité. attendons de voir, la prochaine greve qui va paralyser le pays connaitra le mme sort.

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  3. Anonyme

    Maintenant les professeurs et eleves paresseux qui ont profité de cete greve doient e mettre au travail. L heure de la verité a sonné que chacun retourne donc a sa marmite et se donne a fond. c’est ce qu’on attende de tousù; les enseignants doivent aussi savoir que le spectacle quel se sont donnés quelques elees pendant les greves de soutien ne sont pas du tout a leur honeur. de retour en classe, il serait de bon ton de remonté la bretelle a ces enfants.

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  4. Iss Polo

    Chapeau bas a la CNSE et plus globalemetn à la CGTB ppur cete victoire arrachée après dure labeurs. Si le gouvernement avait écouté les syndicats et toutesles voies qui se sont levée pour l’interpeler sur la question on n’en serait pas là
    . ùais que cela serve de lesson et que d’avenier le’equipe de Kaba prenbe la pleine mesure de son role. des le debut si leministe en charge de l’education avait pris le taureeau par les cornes le ^roblème serait reglé depuis et on aurait éviter ce long fueilleton .

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  5. Anonyme

    Commentaire…Il faut dire que la CNSE fait de maintenir leur mot d’ordre jusqu’à la signature dudit « protocole d’accord ».Quand on a dirigeant,qui au lieu d’agir au moment opportun,réagissent à la dernière seconde! C’est déplorable,et tant que ces mafiats seront tjrs au pouvoir,le pays demeurera toujours dans l’obscurité…

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  6. Ebenzer

    Commentaire…Il faut dire que la CNSE fait de maintenir leur mot d’ordre jusqu’à la signature dudit « protocole d’accord ».Quand on a dirigeant,qui au lieu d’agir au moment opportun,réagissent à la dernière seconde! C’est déplorable,et tant que ces mafiats seront tjrs au pouvoir,le pays demeurera toujours dans l’obscurité…

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  7. koné

    chacun a fait de son mieux. mais face a cette petite situation 3 incapables surviennent : Tieba,Martin et Sakandé.vraiment quelle honte!!! vive les enseignants.

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