CRISE POLITIQUE EN RDC : Le tout n’est pas de mettre en place un gouvernement de transition…

CRISE POLITIQUE EN RDC : Le tout n’est pas de mettre en place un gouvernement de transition…

Un mois après sa nomination, le Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, vient de dévoiler son équipe. C’était hier, 9 mai 2017. Composée de 54 membres, cette équipe éléphantesque a la lourde tâche de sortir la RDC de la transition, avec l’organisation de la présidentielle au plus tard en décembre prochain. Certes, quelques frondeurs de l’opposition proches du défunt Etienne Tshisékédi y sont présents, mais quant à l’aile dure conduite par Félix Tshisékédi, elle, reste campée sur sa position, estimant que la nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre est une grave violation de l’esprit et de la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre. Mieux, cette frange de l’opposition continue d’exiger la nomination de Félix Tshisékédi comme Premier ministre, aidée en cela par les évêques de l’Eglise catholique qui, eux aussi, pensent que le président Joseph Kabila a fait entorse à l’accord du 31 décembre 2016, qui a permis de prolonger d’un an son mandat. Mais comme le dit l’adage, « le chien aboie, la caravane passe ». Car, envers et contre tous, Kabila a mis en place son gouvernement et n’entend plus reculer face à la clameur de l’opinion nationale et internationale. Et le faisant, le président Kabila qui prétexte un grand retard accusé dans la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre, donne l’impression d’être de bonne foi. Or, on ne le sait que trop bien. D’ici à décembre prochain, beaucoup d’eau pourrait couler sous les ponts, si fait que la présidentielle que le peuple congolais appelle de tous ses vœux, pourrait être repoussée aux calendes grecques. En tout cas, de deux choses, l’une. Soit Kabila fils, comme on le connaît, manœuvre pour se remettre en selle, soit il crée les conditions d’un chaos généralisé pour que n’aient pas lieu les élections à bonne date. Dès lors, on comprend pourquoi il a préféré Bruno Tshibala comme Premier ministre à Félix Tshisékédi qui, en réalité, lui donne du fil à retordre. En fait, Kabila savait mieux que quiconque qu’un attelage avec le fils de l’opposant historique ferait long feu, les divergences de vues étant considérables.

Ce qui importe le plus, c’est la bonne foi des acteurs

C’est pourquoi l’opposition réunie au sein du Rassemblement, avec le soutien de la société civile et de la communauté internationale, doit maintenir la pression sur le président Kabila afin de ne lui donner aucun répit. Car, comme on le sait, les satrapes sont si ingénieux qu’ils n’abandonnent pas aussi facilement un projet qui leur tient à cœur. Surtout quand cela participe de la pérennisation de leur pouvoir. Cela dit, la vigilance est d’autant plus nécessaire que Kabila, jusqu’à ce jour, n’a pas dit qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat, quoique la Constitution congolaise le lui interdit. En clair donc, le tout n’est pas de mettre en place un gouvernement de transition pour espérer sortir de la crise. Ce qui importe le plus ici, c’est la bonne foi des acteurs, en l’occurrence Kabila et ses affidés qui excellent dans les pantalonnades. Du reste, si on en est encore à parler de transition en RDC, c’est du fait de leurs turpitudes et de leurs inconséquences.

B.O

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