CRISE AU SEIN DE L’UNION DEPARTEMENTALE DES PRODUCTEURS DE COTON DE SIBI : Quand l’or blanc continue de diviser

CRISE AU SEIN DE L’UNION DEPARTEMENTALE  DES PRODUCTEURS DE COTON DE SIBI :    Quand l’or blanc continue de diviser

 

 

Le département de Sibi vit une crise  depuis quelque temps opposant  les producteurs de coton. D’un côté, des producteurs avec l’accompagnement des membres de l’ODJ qui demandent  la démission du président de l’Union départementale des producteurs de coton ; de l’autre côté,  le président qui refuse de démissionner. Après la marche du 3 avril dernier au cours de laquelle la démission dudit président était exigée, le 27 avril dernier ce groupe qui se réclame majoritaire a élu un  bureau provisoire. Nous sommes allés à la rencontre des différents acteurs le 28 avril dernier. 

 

Le climat n’est pas favorable depuis le mois de mars 2018 entre les  producteurs de coton  du département de Sibi, du nom de cette commune rurale dans la province des Balé. Le torchon brûle entre les producteurs de coton et leur président  de l’Union départementale des producteurs de coton (UDPC). Dans une correspondance adressée au président de l’UDPC de Sibi le  3 avril dernier au cours d’une marche, les producteurs de coton  ont exigé sa démission. « Vous avez montré votre incompétence à diriger notre union départementale des producteurs de coton de Sibi. Pire, vous semez la division entre les producteurs …Par conséquent et pour nous,  à partir de ce jour 3 avril 2018, vous n’êtes plus notre président de l’UDPC de Sibi… » ; telle était la substance de ladite correspondance. « Il y a par exemple la question des ristournes dont 25% que l’UDPC coupe chez les producteurs de coton ; nous ne savons  pas à quelle fin cela est destiné. Nous l’avons convoqué (ndr le président de l’UDPC) pour demander un audit et il a refusé de nous recevoir », a expliqué Rasmané Sanogo producteur de coton et  président de l’Organisation démocratique de la Jeunesse ODJ de Sibi, comme étant le premier reproche fait au président de l’UDPC de Sibi Lacina Ganou. Au regard des difficultés engendrées cette campagne,  poursuit-il,  les producteurs ont chargé l’UDPC de  transmettre à la Sofitex  d’augmenter le prix du coton. « C’est suite à cela que certains GPC se sont vu sanctionnés. Il se promène (ndr président de l’UDPC) pour dire aux gens que c’est lui qui a sanctionné les GPC.  Selon le sieur Sanogo ils sont allés voir le DG à Bobo qui dit ne pas être au courant  et que la sanction est venue de l’UDPC ».Ce sont entre autres ces raisons qui ont poussé les producteurs à exiger la démission du président de l’UDPC à travers la manifestation du 3 avril dernier. Une marche  au cours de laquelle les manifestants sont allés condamner les portes du siège de l’UDPC, a confié Rasmané Sanogo.« Je n’ai jamais été contre les frondeurs ni contre l’ODJ car ils sont tous les membres de l’union départementale dont je suis le président », a lancé Lacina Ganou  président de l’Union départementale des producteurs de coton et ancien président de l’ODJ de Sibi. « Quand ils (les producteurs) ont refusé la mise en place des intrants, moi j’ai dit que ce n’est pas possible ; c’est ça qui a amené la mésentente », a-t-il laissé entendre. Selon lui, les GPC n’ont pas été sanctionnés par lui mais par la Sofitex. « Parce que ces producteurs  revendiquaient  certaines choses que la Sofitex ne pouvait pas ; sinon l’union ne donne pas d’intrants aux producteurs », a-t-il estimé.Elus pour un mandat  de 5 ans dont un an passé à la tête des producteurs de coton de la commune de Sibi, Lacina Ganou était le président de l’ODJ avant d’être élu président de l’UDPC de Sibi. Il n’entend pas cette question de démission de cette oreille. Pour lui, il est  libre de démissionner quand il veut, car cela est mentionné dans le statut et le règlement intérieur de l’union. « Mais, personne ne peut forcer autrui à démissionner. Toutes les raisons de leurs revendications ne peuvent pas m’amener à démissionner », a-t-il martelé. Par ailleurs, il dit être ouvert au dialogue afin de trouver une issue favorable à cette crise. «Nous  sommes actuellement majoritaire dont 19 GPC alors qu’il reste 7 GPC qui sont avec  lui. Comme nous ne voulons plus de lui et il refuse de démissionner, c’est pourquoi les 19 GPC se sont réunis pour élire un nouveau  bureau. Nous interpellons les autorités de reconnaître ce bureau pour que ceux que nous avons élus continuent le reste du travail »,  a indiqué Daouda Tien producteur de coton à Sibi. Pour lui, ce qui est vraiment choquant c’est la question  des ristournes de 25 F CFA que le président Lacina Ganou ne justifie pas. « Avant, cela ne dépassait pas 10 ou 15 F CFA  mais 25 F CFA c’est trop » a-t-il déploré.

 

« Un bureau provisoire de 10 membres a été mis en place par les frondeurs »

 

Un bureau provisoire de 10 membres a été mis en place  le 27 avril dernier par les producteurs qui se réclament  frondeurs et majoritaires ; ils   attendent et d’être reconnus légalement. « Nous, nous ne souhaitons pas qu’il y ait deux bureaux de l’union dans la commune mais nous souhaitons que les autorités  compétentes  viennent nous aider à trancher cette affaire, si elles trouvent que nous n’avons pas raison nous allons laisser tomber ; si elles pensent également qu’on peut avoir deux bureaux dans la commune  nous feront avec», a indiqué Rasmané Sanogo de l’ODJ.Selon des sources, derrière cette crise se cachent des hommes politiques qui tirent sur la ficelle.  Ainsi, le département de Sibi  se retrouve avec deux unions départementales des producteurs de coton du fait de cette crise qui divise autour de l’or blanc. Vivement  les autorités sont interpellées à s’impliquer davantage dans  la résolution de cette crise qui  menace de dégénérer à entendre certaines réactions. En tout état de cause, les différents acteurs de la crise ont intérêt à mettre de l’eau dans leur vin  afin de préserver l’unité.

 

Arnaud Lassina LOUGUE

(Correspondant)

 

 

 

 

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