Crise togolaise : Va-t-on vers un enlisement ?

Crise togolaise : Va-t-on vers un enlisement ?

Après un temps de répit, en fin d’année 2017, les manifestations de rue de la classe politique ont repris le samedi 13 janvier du nouvel an. Cette fois-ci, c’est la majorité présidentielle qui a décidé d’aller à l’offensive en annonçant la couleur par rapport à la crise politique que traverse le pays depuis près d’un semestre. Pour elle, il n’y a pas meilleure alternative de sortie de crise que d’aller au référendum pour trancher  la question des réformes constitutionnelles dont le point d’orgue est l’instauration de la clause limitative de mandat présidentiel. Une position qui n’a pas manqué de provoquer l’ire des opposants dont le chef de file, Jean Pierre Fabre a réitéré le nécessaire préalable d’un dialogue avant toute chose tout en mettant en garde contre toute décision unilatérale de recourir à la voie référendaire. C’est donc dire que ce énième face-à-face entre opposition et pouvoir dans ce pays mis sous coupe familiale depuis un demi-siècle, fait craindre un enlisement de la situation, d’autant que les positions déjà diamétralement opposées par rapport aux propositions de sortie de crise des uns et des autres, semblent se radicaliser davantage.

Il revient au  pouvoir, qui entend jeter son dévolu sur l’organisation d’un référendum de savoir raison garder

Et au rythme où vont les choses, l’on peut dire que la tempête politique qui reprend au Togo risque d’être assez dévastatrice en cette année 2018. Gonflée à bloc par sa capacité inédite à mobiliser les foules pour sa cause, si l’opposition avait posé comme condition sine qua non, l’effet rétroactif de la clause limitative de mandat présidentiel, en se montrant maintenant favorable à un dialogue, elle fait preuve, tout de même, de bonne foi. Il revient donc au  pouvoir, qui entend jeter son dévolu sur l’organisation d’un référendum de savoir raison garder. Bref, on le sait, le référendum, en Afrique, surtout lorsqu’il est convoqué par un dictateur, n’est jamais au service de la démocratie. De ce point de vue, l’on peut comprendre pourquoi l’opposition togolaise s’arcboute sur l’étape de discussions préalables.

D.T

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