DECHEANCE DU STATUT DE DEPUTE DE HAMA AMADOU

DECHEANCE DU STATUT DE DEPUTE DE HAMA AMADOU

La descente aux enfers continue

Le verdict est tombé, hier, 20 juin 2018. L’ancien président de l’Assemblée nationale du Niger, Hama Amadou, condamné par contumace à un an de prison ferme pour complicité de supposition d’enfants, a été déchu de son statut de député. Ainsi en a décidé la Cour constitutionnelle, suite à une requête du parlement. En tout cas, l’arrêt numéro 4 rendu par la plus haute juridiction, constate qu’Hama Amadou est déchu de sa qualité de député. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette décision n’avait que trop tardé, tant elle n’a surpris personne. Car, en exil depuis près de deux ans, Hama Amadou ne pouvait s’attendre à meilleur sort. Et c’est peu dire !
Alors, que va-t-il maintenant se passer ? Va-t-il rentrer au pays pour purger sa peine ; lui qui, on le sait, avait déjà passé quelques mois à la prison de Filingué avant d’être évacué en France pour des raisons médicales ? Rien n’est moins sûr. Car, après son séjour médical, le président du MODEM/LUMANA, à en croire certaines sources, a effectué des promenades de santé entre Paris et Abidjan, tout en évitant de mettre pied dans son pays qu’il avait d’ailleurs, dans un premier temps, quitté en catimini dès le début de l’affaire de trafic international de bébés.

Hama Amadou n’a rien fait pour prouver son innocence, si ce n’est crier au complot

En tout cas, le président Mahamadou Issoufou devrait en ce moment boire son petit lait. Car, cette affaire aura non seulement réussi à ruiner la réputation de l’homme, mais aussi à mettre du sable dans son couscous lors de la dernière présidentielle. Ainsi va la politique en Afrique. Quand on entre en dissidence avec un régime en place, il faut s’attendre à tout. C’est à ce moment que commence la descente aux enfers. Comparaison n’est pas raison, certes. Mais c’est aussi le cas de Moïse Katumbi de la RDC, qui, pour avoir tourné le dos au président Joseph Kabila, en aura vu des vertes et des pas mûres. Il en est de même pour le Général Jean-Marie Mokoko au Congo Brazzaville, qui, pour avoir lorgné le fauteuil du chef de l’Etat, est tombé en disgrâce et a été mis au cachot. On peut multiplier les exemples à travers le continent.
Cela dit, s’il est vrai que d’aucuns ont vite fait de parler de cabale politique contre Hama Amadou qui fut un allié de Mahamadou Issoufou, il faudrait cependant savoir raison garder. Car, à tout point de vue, Hama Amadou n’a pas non plus présenté un comportement qui laissait peu de place au doute dans ce dont on l’accuse. En effet, pourquoi avoir, dans un premier temps, fui son pays alors même que son épouse était déjà en prison ? Pourquoi avoir refusé le test d’ADN qui, à lui seul, suffisait pour établir ou non sa culpabilité ? Ne s’agit-il pas là d’une stratégie visant à donner une dimension politique à l’affaire pour finalement jouer les victimes ? Cela y ressemble fort, tant Hama Amadou n’a, selon toute vraisemblance, rien fait pour prouver son innocence, si ce n’est crier au complot.

B.O

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