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DEDOUGOU : Les échos de la 13e édition du FESTIMA

DEDOUGOU : Les échos de la 13e édition du FESTIMA

Lancées le 27 février 2016 par le ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Tahirou Barry, les festivités de la 13e édition du Festival international des masques et des arts (FESTIMA) se poursuivent jusqu’au 5 mars 2016. Nous avons sillonné les sites où elles se déroulent.

Ce sont plus de 55 communautés de masques du Burkina, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et du Togo qui se sont donné rendez-vous dans la cité de Bankuy, à l’occasion du Festival international des masques et des arts (FESTIMA) de Dédougou. Ils sont sous forme de feuilles, de fibres, d’écorces, de pailles et de tissus. Chacun avec une mission précise. Ils ont entre autres fonctions, de purifier et rendre féconds la terre, les hommes, la faune et la flore. Des masques de jours, de nuit, du soir. Les unes après les autres, les sociétés de masques font des prestations au stade régional de la dite ville. Ces spectacles ont lieu les matinées et se poursuivent dans la soirée jusqu’à 22h parfois. Cette année, le FESTIMA ne se célèbre pas comme les éditions précédentes. En effet, le stade régional où les masques livrent des prestations n’est pas le seul centre de convergence des festivaliers. Bien au contraire ! Il est concurrencé par d’autres sites. La place de défilé du 11 décembre de Dédougou abrite, elle aussi, la foire du festival. Là, place est faite aux affaires. Bijoux, pagnes, objets d’art, bref un marché en plein air. Certains commerçants remercient Dieu pour les bonnes affaires, tandis que d’autres se plaignent de la clientèle qui se fait rare. Abdoul Karim Kahoun est de la 63e promotion du SND de Badala. Il est à cette foire pour vendre des chaises et des armoires. Pour le moment, ses objets se vendent bien. « Nous avons déjà vendu plus de dix meubles et nous sommes satisfaits. Je pense que ça ira encore mieux dans les jours à venir », dit-il. Tout comme lui, Sophie Ka, venue du Sénégal se dit optimiste même si elle n’a pas encore vendu grand chose. « Je suis venue avec mes deux sœurs. C’est notre première participation ici mais nous avons vu que la population de Dédougou est adorable », relève- t- elle. Sophie Ka vend des habits et accessoires pour femme. Entendez par accessoires pour femme, explique Sophie Ka, tout ce qui peut rendre une femme sahélienne séduisante : perle de reins, communément appelé Baya, parfum spécial, utilisé pour les dessous ou encore pour retenir l’homme à la maison.

Une foire à encourager

Si certains commerçants se disent optimistes, d’autres par contre, ne cachent pas leurs inquiétudes. C’est le cas de Boukari Nikiéma. Pour lui, le marché est pour le moment passable. « L’emplacement est bien, mais avouons que c’est un peu éloigné. Les organisateurs auraient dû réunir toutes les activités en un seul endroit. L’espace est assez vaste ici pour accueillir toutes les autres activités du FESTIMA », suggère M. Nikiéma. Mais pour sa part, le Comité d’organisation dit avoir choisi plusieurs sites pour différentes raisons. La première est que Dédougou a bénéficié, à la faveur de la célébration du 11 décembre 2014, de plusieurs infrastructures. Il fallait donc les mettre en valeur. La seconde raison, explique Gaston Gnimien, l’un des vice-présidents du comité d’organisation, est que certaines activités sont incompatibles. Par exemple, la rue marchande et les spectacles des masques ne peuvent pas se faire sur le même espace. A l’instar de Boukari Nikiéma, d’autres commerçants ne sont pas contents de certains aspects liés à l’organisation. En effet, pour avoir un stand, il faut débourser la somme de 30 000 F CFA. Mais là n’est pas le problème pour les commerçants. Leur préoccupation c’est que leurs clients potentiels, c'est-à-dire les visiteurs, doivent payer 200 F CFA pour avoir accès aux stands. Sans oublier le droit du parking qui s’élève à 200 F CFA. Cette situation a même entraîné un couac entre les commerçants et les organisateurs. Mais aux dernières nouvelles, tout est rentré dans l’ordre. Le prix du parking et celui de l’entrée ont connu chacune une baisse de 100 F CFA. A noter que tous les commerçants sont unanimes sur une chose. « Ces genres de foires sont à encourager. Ce ne sont pas des trucs à prendre avec légèreté. L’Etat doit même accompagner plus les organisateurs », disent-ils. En plus du stade régional et le site de la foire, le marché de légumes de Dédougou abrite certaines activités. C’est là que les différentes rencontres se tiennent. Une partie de cet espace est réservée à une exposition de masques. Ceux du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina et même de la Suisse. A noter que la 13e édition du FESTIMA a été mise à profit pour renouveler l’instance dirigeante de l’Association pour la sauvegarde du masque (ASAMA). Ainsi, Léonce Ki devient, pour les trois prochaines années, le nouveau Secrétaire exécutif de cette structure qui est devenue sous régionale, puisqu’elle compte des sections dans les autres pays de la sous- région. Il est secondé par Gaston Gnimien qui devient le Secrétaire exécutif adjoint, chargé des recherches et des relations avec l’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Issa SIGUIRE

 

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