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DEMI FINALES DE L’EURO 2016 : La France a vaincu le signe indien !

 

Enfin ! serait-on tenté de s’écrier, après la victoire d’une parfaite pureté des Bleus la nuit dernière au stade Vélodrome de Marseille, face à la National Mannschaft (l’équipe d’Allemagne) par 2 buts à 0. Hormis la petite finale en 1958 qui s’était soldée par la victoire de la France sur l’Allemagne, jamais le Onze tricolore n’avait défait son éternelle rivale en compétition officielle. Lors de leur dernière confrontation en quarts de finale au mythique stade Maracaña de Rio au mondial brésilien de 2014, l’Allemagne l’avait emporté, comme elle l’avait fait en 1982 à Séville en Espagne et quatre ans plus tard au Mexique. Mais hier, c’est une flamboyante équipe de France qui a brisé le signe indien en s’imposant face aux hommes de Joachim Lôw, donnant ainsi la preuve que le récital tricolore face aux Islandais en quarts de finale (5 buts à 2) n’était pas le fruit du hasard, mais bien celui du grand art et de la sérénité retrouvée dans un groupe miné depuis des années par des problèmes d’égo surdimensionné. En prenant ainsi leur revanche sur leurs voisins germaniques devant leur public conquis et à la limite extasique, les garçons de Didier Deschamps ont non seulement permis à la France d’aller en finale, mais aussi de démentir la boutade du footballeur anglais Gary Lineker selon laquelle "le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin, c'est toujours  l'Allemagne qui gagne". En voyant les visages radieux du Premier ministre et du Président François Hollande à l’issue du match, on imagine bien qu’au-delà de la force paroxystique  de l'émotion sportive, c’est un bol d’air que cette victoire historique apporte au gouvernement socialiste, en proie à des contestations tous azimuts et dont les principaux chefs sont à la peine dans les sondages, à moins d’un an de l’élection présidentielle. Sur le plan purement sportif, les bleus ont fasciné avec leur système de jeu pourtant a priori moins offensif, mais efficace depuis le début de la compétition puisqu’ils ont inscrit près d’une quinzaine de buts en seulement 6 matches. Face à une équipe allemande diminuée à la fois physiquement après sa débauche d’énergie lors du quart de finale contre l’Italie, et numériquement avec l’absence de joueurs de talent comme Sami Khedira, Mario Gomez (blessures) et Mats Hummels (suspendu), le onze tricolore ne pouvait pas se permettre de subir une double humiliation, en perdant sur ses terres pour la première fois depuis 1960 et son revers contre la Tchécoslovaquie, et surtout face à son meilleur ennemi dans le domaine du foot.

Cette équipe française est incontestablement du bon cru

Exit donc l’Allemagne pour la finale, mais la National Mannschaft n’a pas à rougir, puisque l’honneur est sauf avec sa place dans le quatuor du foot européen, et après avoir sorti des équipes au jeu chatoyant comme celles d’Italie et de la Slovaquie. Le capitaine des Bleus, Hugo Lloris et ses coéquipiers, ont confirmé les pronostics des spécialistes du ballon rond qui voyaient dans cette équipe de France une âme de gagneur, malgré les déclarations malheureuses avant le début de la compétition de l’une des icônes de la sélection, Karim Benzema, sans doute dépité par sa mise à l’écart à cause de ses démêlées judiciaires. Au vu du comportement de Samuel Umtiti en défense centrale, de Moussa Sissoko dans le couloir droit et de Paul Pogba dans l’axe, on peut dire que cette nouvelle génération sera le cauchemar des équipes adverses lors des prochaines compétitions officielles, et l’entraîneur Didier Deschamps est en passe d’entrer dans  l’histoire du football français, à l’image de Michel Hidalgo ou de Aimé Jacquet. Cette équipe française qui a sorti la très combative Allemagne est incontestablement du bon cru, mais tous, joueurs et staff technique compris, devront garder la tête sur les épaules, car il leur reste encore une dernière marche avant le podium de la gloire, et c’est le Portugal de Christiano Ronaldo qu’il faudra écarter dimanche prochain pour étreindre le trophée tant convoité.  Avec des joueurs comme Antoine Griezmann qui est pour l’instant le meilleur buteur de la compétition avec 4 réalisations au compteur, et ses dauphins et coéquipiers Olivier Giroud et Dimitri Payet, on peut dire que le rêve est permis, et on imagine déjà le déferlement de centaines de milliers de supporters sur les champs Elysées pour célébrer, comme en 1998, la victoire de la France tout entière au terme d’une compétition qu’elle aura organisée avec beaucoup de réussite, mais aussi avec beaucoup d’angoisse en raison des menaces terroristes qui pesaient sur le tournoi. En attendant donc dimanche prochain, on peut déjà dire « cocorico » à Didier Deschamps et à ses cochets, et à travers eux, à toute la France.

Hamadou GADIAGA

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