DEMISSION DE JUGES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE EN RDC : Un acte hautement courageux !

DEMISSION DE JUGES DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE EN RDC : Un acte hautement courageux !

La Cour constitutionnelle RD congolaise  ne compte désormais que 4 membres. En effet, après le décès, la semaine dernière, du juge Kalonda, deux autres juges ont décidé de rendre le tablier, le 9 avril dernier. Officiellement, ils n’avancent aucune explication. Mais c’est peu dire que ces deux démissionnaires avaient des divergences de vues avec le président de la plus haute juridiction dont ils étaient membres. Jean Louis Esambo et Banyaku Luape, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, étaient  perçus comme des frondeurs. Tout commence le 17 octobre 2016. Alors que la Cour constitutionnelle devrait rendre une décision importante pour l’avenir du pays, en l’occurrence donner ou non le quitus au président de la CENI de repousser les élections, les deux juges n’ont pas répondu présents. Au total, ils sont quatre à  avoir refusé de cautionner une forfaiture. Mais en dépit de tout, la Cour décide d’autoriser le report. Le président de la Cour qui joue les bons serviteurs, a exigé des explications à ses collègues. Et comme pour ne rien arranger, il fait parvenir copie au président Joseph Kabila, comme pour le rassurer de sa loyauté, violant ainsi le secret des délibérations. Conséquence, la situation reste tendue au sein de la Cour, si celle-ci n’était pas gagnée par l’apoplexie.

Ce n’est pas chose aisée de défier un dictateur

On en était là jusqu’à ce que le 30 mars dernier, la Cour  constitutionnelle, à la surprise générale, rejette tous les  recours contestant la constitutionnalité de la loi électorale. Les désormais ex-juges constitutionnels et deux de leurs collègues s’y opposent encore. L’atmosphère qui était déjà des plus délétères au sein de la plus haute juridiction en RDC, était devenue invivable, si fait que le départ des juges Esambo et Luape n’avait que trop traîné. En décidant donc de claquer la porte à quelques mois des élections générales prévues pour le 23 décembre 2018, ils ont fait œuvre utile, tant ils auront la conscience tranquille. C’est tout à leur honneur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont fait là preuve de courage et de témérité. Car, comme on le sait, ce n’est pas chose aisée de défier un dictateur. Si seulement leur démarche pourrait inspirer d’autres juges constitutionnels qui, du fait des privilègess dont ils bénéficient, ont décidé de s’asseoir sur leur conscience en faisant la volonté du prince régnant. On l’a vu au Gabon et en Côte d’Ivoire où les grands juges ont ramé à contre-courant de la volonté populaire en validant des hold-up électoraux. Ce qui n’a pas été sans conséquence.

B.O

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