DEMISSION DE NICOLAS HULOT VUE D’AFRIQUE

DEMISSION DE NICOLAS HULOT VUE D’AFRIQUE

Un ministre, ça mange et ça se tait sous nos tropiques

Exit Nicolas Hulot ! C’est le moins que l’on puisse dire. Car depuis hier, 28 août 2018, le promoteur de l’énergie verte ne fait plus partie du gouvernement  du Premier ministre français, Edouard Philippe. L’annonce de sa démission, Nicolas Hulot l’avait faite sur les ondes, précisant qu’il n’avait prévenu ni le président Emmanuel Macron ni le chef du gouvernement Edouard Philippe de peur, dit-il, d’en être dissuadé. Alors, pourquoi ? Nicolas Hulot dit se « sentir seul à la manœuvre sur les enjeux environnementaux ». Or, précise-t-il, « je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie que l’on est à la hauteur ». En clair, l’ancien producteur et animateur de télévision,  a rendu le tablier parce que ses espoirs en matière d’écologie ont été déçus. Le déclic vient surtout du fait qu’à l’occasion d’une réunion sur la chasse à l’Elysée, le chef de l’Etat avait pris le soin d’y inviter un lobbyiste en la personne de Thierry Coste sans en informer le sieur Hulot qui perçoit cela comme un « coup bas de trop ». C’est dire tout simplement que le ministre de la Transition écologique et solidaire a quitté le gouvernement par conviction. C’est tout à son honneur. Car c’est d’abord et avant tout l’engagement de Hulot en matière de promotion de l’énergie verte, qui lui a valu le portefeuille ministériel qu’il occupait jusqu’à la date de sa démission. N’était-ce pas pour cette raison que d’aucuns considéraient son entrée dans le gouvernement

comme une prise de guerre pour Emmanuel Macron ; Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ayant pas réussi à le convaincre d’entrer dans leurs gouvernements respectifs ? En tout cas, une chose est sûre. En démissionnant du gouvernement, Nicolas Hulot donne la preuve qu’il n’y était pas entré pour les intérêts et autres privilèges. Ce qui n’est pas le cas en Afrique où  n’existe pas la culture de la démission.

En Afrique, démissionner d’un gouvernement, c’est prendre le risque de s’exposer

Sous nos tropiques, un ministre, ça mange et ça se tait ; rien à cirer avec les convictions ou les idéaux ! On accompagne le chef, même quand ce dernier fonce droit dans le mur ou quand il a totalement perdu la raison ; quand on ne  contribue pas soi-même à sa perte ! Et même quand un ministre en vient à démissionner, c’est parce qu’il y est contraint. Toujours est-il que dans la bêtise du chef, on préfère se  réfugier derrière l’argument pour le moins éculé  de la solidarité gouvernementale… même dans le mal !  Comment peut-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que bon nombre de   ministres, en Afrique, traînent des casseroles ? Dans ces conditions, démissionner d’un gouvernement, c’est prendre le risque de s’exposer ; de se mettre à dos le prince régnant qui ne manquera pas de vous faire épingler par la Justice. En Occident, l’on est beaucoup plus libre de ses opinions. Si fait qu’on agit et on assume. Un ministre peut, s’il s’estime floué, quitter un gouvernement de manière fracassante comme vient de le faire Nicolas Hulot qui dit avoir pris la décision sans en informer même son épouse. Mieux, pour éviter tout amalgame, il a mis en garde la classe politique en ces termes : «j’espère que cette décision qui est lourde, qui me bouleverse, est mûrie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes  ou à des récupérations politiciennes».

B.O

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