DEPART EXIGE DE YAHYA JAMMEH DE LA GUINEE EQUATORIALE PAR L’OPPOSITION

DEPART EXIGE DE YAHYA JAMMEH DE LA GUINEE EQUATORIALE PAR L’OPPOSITION

 Quand on sème la dictature et la mal gouvernance, on récolte l’humiliation

Réfugié en Guinée équatoriale depuis le 21 janvier 2017, l’ex-dictateur gambien, Yahya Jammeh, pourrait avoir le sommeil trouble. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, l’opposition politique de ce pays exige qu’il rentre chez lui pour y être jugé. Cette exigence a été clairement formulée par le parti de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), deuxième parti d’opposition de la Guinée équatoriale en ces termes : « La Guinée équatoriale ne peut  pas se transformer en un pays d’accueil des dictateurs génocidaires ». Et pour davantage troubler le sommeil de l’ex-maître absolu de la Gambie, le premier parti d’opposition, Citoyens pour l’innovation (CI), dissous en février 2018, s’est joint à la démarche de la CPDS. Selon son leader, en effet, Malabo ne peut  pas accueillir « quelqu’un qui a maltraité son peuple ». Les  principales forces de l’opposition équato-guinéenne ont donc fait chorus pour exiger le départ de celui qui, de 1994 à 2017, croyait dur comme fer, qu’il a été mandaté par Allah pour présider aux destinés de la Gambie, et que de ce fait, il n’avait de comptes à rendre à personne. Même si la probabilité est quasi nulle que le président Teodoro Obiang accède à cette requête, pour les raisons que chacun peut aisément deviner, les Gambiens et les Gambiennes qui ont souffert dans leur chair les lubies et les frasques de Yahya Jammeh, peuvent déjà partiellement se satisfaire de la démarche entreprise par l’opposition équato-guinéenne. Et ce sentiment, au-delà des victimes domestiques de la dictature et de la mal gouvernance du satrape en exil, peut être partagé par l’ensemble des peuples africains et d’ailleurs qui ploient aujourd’hui encore sous le joug des dictateurs. Et le message envoyé depuis la Guinée équatoriale fera certainement siffler les oreilles de bien des dictateurs encore en activité.

Téodoro Obiang devrait méditer sur le sort de son  encombrant hôte

Car ce qui arrive aujourd’hui à l’ex-membre de la confrérie des satrapes, pourrait bien leur arriver un jour. En effet, durant son long règne, où Yahya Jammeh torturait, embastillait et tuait ses compatriotes pour un oui ou pour un non, il n’imaginait pas  un seul instant qu’il pouvait subir le sort qui est le sien aujourd’hui, c’est-à-dire se retrouver, à son corps défendant, dans un pays de la lointaine Afrique centrale où on le considère comme un pestiféré, sommé de regagner son pays natal pour répondre de l’ensemble de ses basses œuvres. Pour une humiliation, c’en est une. Et il l’aura mérité. En effet, son pouvoir a été marqué par la dictature et la mal gouvernance et cela, pendant 23 ans. Aujourd’hui donc, il est en train de récolter ce qu’il a semé. Et c’est en cela que l’on peut dire que son sort actuel a une portée didactique. Quelque part, son frère en dictature, c’est-à-dire Téodoro Obiang, qui lui a offert le gîte et le couvert, devrait méditer sur le sort de son  encombrant hôte et se convaincre que cela n’arrive pas qu’aux autres. En tout cas, et pour autant  qu’il dispose de toutes ses facultés mentales, et qu’il ait le sens de la dignité et de l’honneur, il devrait ici et maintenant s’inscrire dans la dynamique de l’introspection et de la repentance. Car sait-on jamais. Et Yahya Jammeh, pour n’avoir pas su opérer cette catharsis pendant qu’il était aux affaires est, peut-on dire, en train de le payer cash aujourd’hui. Sa situation  pourrait même aller de mal en pis. Car, il suffit que la société civile se joigne à l’opposition politique pour crier haro sur le baudet pour que son séjour équato-guinéen, fait actuellement de frasques et de fastes, se transforme en enfer. Ce scénario est très probable même dans un pays marié à la dictature comme la Guinée équatoriale. En attendant, Yahya Jammeh passe dans l’histoire pour être l’un des premiers dictateurs en exil sur une terre étrangère dont les opposants politiques réclament à cor et à cri le départ de  leur pays pour regagner le sien à l’effet de faire face à son passé. Et en plus de ce passé qui a mis vent debout l’opposition équato-guinéenne, il y a aussi le fait que Yahya Jammeh ne s’est pas encore départi de ses comportements de psychopathe. Et cela pourrait être de nature à le rendre indésirable dans un pays dont bien des fils et des filles sont en proie aujourd’hui à la pauvreté, à cause justement de la gouvernance  nauséeuse de Teodoro Obiang qui, de toute évidence, partage avec l’ancien dictateur gambien, les  mêmes conceptions du pouvoir.

Pousdem PICKOU

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+