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DERIVES DES KOGLWEOGO : La pagaille a assez duré

DERIVES DES KOGLWEOGO : La pagaille a assez duré

 

Il ne se passe plus un jour, sans que les groupes d’auto-défense communément appelés Koglwéogo,  ne fassent parler d’eux à travers leurs frasques.  Pour ne citer que les évènements les plus récents, on peut, à titre illustratif, noter le meurtre de ce jeune homme de 26 ans, accusé de vol de poulet à Tansarga, dans la province de la Tapoa ou encore la montée du péril communautaire à l’Ouest, notamment à Makognandougou,  du fait de ces « pistoleros » version burkinabè. D’Est en Ouest, les Koglwéogo font parler d’eux, de moins en moins pour leurs hauts faits d’armes contre les grands bandits qu’ils sont censés traquer, mais par leurs dérapages : sévices corporels, homicides, rackets, atteintes à la cohésion sociale, etc.  Plus grave, l’Administration burkinabè semble avoir échoué jusque-là à recadrer ces justiciers qui, arborant fièrement leurs mousquets, arpentent à vive allure, juchés sur leurs engins, toutes les artères du pays pour imposer leur loi. Toutes les tentatives pour rendre leur présence compatible avec les exigences de l’Etat de droit, ont jusque-là buté contre leur refus de se soumettre à l’autorité. Avec des revendications maximalistes, les Koglwéogo sont devenus  un Etat dans l’Etat. Il faut le dire sans ambages, cette dérive anarchique a assez duré et l’Etat doit, à présent, siffler la fin de la récréation. Certes, le phénomène des Koglwéogo, dans un contexte de faillite de la puissance publique à assurer son rôle régalien de sécurisation des biens et des personnes, répond à un besoin sécuritaire réel des populations face aux bandes armées qui écument le pays. Et même si l’on ne peut dénier son énorme écot à l’éradication de ce fléau, notamment dans la partie Est du pays, ce type de groupes est apparu au fil du temps, du fait de ses dérives, comme une mauvaise réponse au besoin qui l’a suscité. Et pour causes. D’abord, les Koglwéogo  accentuent l’effritement de l’autorité d’un Etat qui avait déjà de la peine à se faire respecter en raison de la recrudescence des actes d’incivisme. Clamant haut et fort leur refus de se conformer aux lois de la République, ils n’hésitent pas à défier les institutions républicaines  comme la gendarmerie ou la police dont ils entravent parfois le fonctionnement normal. Par plus de deux fois, il n’a manqué que l’étincelle pour mettre le feu aux poudres entre eux et les forces de l’ordre. Ensuite, ils mettent de plus en plus en mal la cohésion sociale et constituent avec les évènements de Makognandougou, de lourdes menaces pour l’unité nationale.

L’Etat doit prendre ses responsabilités

Dans de nombreuses localités, en effet, ils ne peuvent plus se prévaloir de la légitimité populaire dont ils se réclamaient. Ne filant plus le  parfait amour avec les populations dépitées de leurs excès, les risques d’explosions violentes  se sont amoncelés au-dessus  de certains villages. Le pire, ce sont les contours ethniques que le phénomène est en phase d’épouser. Or, le Burkina Faso, malgré la multiplicité et la diversité des groupes ethniques présents sur son territoire, a jusque-là réussi le pari de la cohabitation pacifique que l’entêtement des Koglwéogos à s’implanter à l’Ouest malgré le refus des populations autochtones, menace de faire voler en éclats. Il est donc temps que s’arrête cette déferlante qui, visiblement, s’alimente aujourd’hui des intentions inavouées de certaines personnes. Tout se passe comme si ce que certains leaders du phénomène Koglwéogo n’ont pas pu obtenir par la politique, ils veulent l’obtenir en jouant avec les craintes sécuritaires des populations. Certes, le mouvement peut mourir de lui-même du fait de l’adversité croissante des populations, mais à laisser faire, les dégâts peuvent s’accumuler avec d’indélébiles séquelles. C’est en raison de cela que l’Etat doit prendre ses responsabilités en frappant d’interdiction les cellules « koglowétiques » qui prennent des libertés avec la loi de la République et en se donnant les moyens de  recadrer  celles qui veulent collaborer avec l’Etat dans le cadre de la police de proximité. Dans un souci d’efficacité, il peut se faire accompagner par les chefs coutumiers et religieux qui, pour d’évidentes  raisons, sont plus écoutés dans le cas d’espèce.

SAHO

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