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DIALOGUE MAJORITE-OPPOSITION : Le CGD plaide pour une participation de la société civile

Le président Blaise Compaoré a engagé, le 23 septembre dernier, un dialogue entre l’Opposition et la Majorité en vue de juguler la crise qui sévit actuellement au Burkina Faso. Un dialogue qui semble exclure   la société civile. Pourtant, les questions en jeu engagent, selon le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), l’avenir de tous les Burkinabè. Pour faire entendre la voix de la société civile, le CGD  a organisé un dialogue démocratique le 3 octobre sur le thème : « Quelle contribution de la société civile au dialogue engagé entre la Majorité et l’Opposition en vue d’une sortie de crise au Burkina Faso ? ».

 

« Le dialogue de sortie de crise qui se mène actuellement à Kosyam doit se faire avec les membres de la société civile.  En tant que citoyens organisés, nous avons notre mot à dire», s’exprimait ainsi le professeur Luc Marius Ibriga, au cours du dialogue démocratique du 3 octobre dernier. Il rappelle que c’est la société civile qui a levé le lièvre de l’article 37 de la Constitution et qu’il est inadmissible qu’elle soit exclue aujourd’hui du dialogue.

A y voir de près donc, le Centre pour la gouvernance démocratique plaide pour une participation de la société civile au dialogue de sortie de crise engagé entre l’opposition et la majorité. N’étant pas directement associée au dialogue, la société civile a décidé de faire des contributions dont la plus élaborée est celle  du Front de résistance citoyenne (FRC).

On se rappelle que ce Front présidé par le Pr Luc Marius Ibriga qui était d’ailleurs au présidium au cours du dialogue, avait proposé un couplage du référendum à l’élection présidentielle de 2015. « C’est la seule proposition la plus élaborée de la société civile jusqu’à présent », a fait savoir le directeur exécutif du CGD, Augustin Loada. Ce fut l’occasion pour Luc Marius Ibriga d’expliquer ladite proposition qui, selon lui, est mal comprise par certaines personnes. Il confie avant ses explications que certaines personnes sont allées jusqu’à dire que le FRC a pris une enveloppe pour faire une telle proposition, car son président était auparavant contre l’organisation du référendum au Burkina Faso. Clairement, il explique en ces termes, la proposition du Front : «  Notre proposition est sur la limitation des mandats présidentiels et non sur la candidature de Blaise Compaoré. Il s’agira donc de demander au peuple s’il veut qu’on limite les mandats présidentiels ou pas,  en même temps qu’il élise le nouveau président du Faso. Voilà la substance de notre proposition de coupler le référendum à l’élection présidentielle de 2015 ». Une proposition appréciée par certaines personnes et rejetée par d’autres.  Hervé Ouattara du Collectif anti- référendum (CAR) a fait savoir qu’il ne veut pas de référendum au Burkina Faso, quelle qu’en soit sa forme. Le Pr Augustin Loada a, tout en appréciant la proposition du FRC, relevé que même si on venait à organiser un référendum au Burkina et que le oui l’emportait, cela ne concernerait pas le président Blaise Compaoré. La raison est toute simple : « En 2005, le Conseil constitutionnel, se prononçant sur la limitation des mandats présidentiels,  avait dit que la nouvelle loi est non rétroactive. Au vu de cela, même si on organise un référendum sur la limitation des mandats  et que le oui l’emportait, cela ne devrait pas s’appliquer au président Blaise Compaoré puisque la loi est non rétroactive, selon le Conseil constitutionnel », a laissé entendre Augustin Loada qui indique qu’au moment opportun, il rappellera cela au Conseil constitutionnel.

En plus de cette proposition du Front qui a été longuement débattue par les participants au dialogue, des questions importantes ont été abordées comme celle de la justice transitionnelle et celle de la facilitation internationale.

A la question de savoir si Augustin Loada croit à une issue heureuse du dialogue entamé, il répond :  « Personnellement, j’aimerais me tromper mais je suis pessimiste. Le problème est que celui qui est à la base du problème se met dans une position de facilitateur et cela me laisse très perplexe », a répondu Augustin Loada.

 

Yannick SANKARA

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2 commentaires

  1. Je suis d’avis avec LOADA quant à l’issue de ce dialogue. J’ai la même réflexion quant j’en parle entre camarades. Comment est-ce que le problème lui-même est entrain de muter pour devenir solution. Blaise veut sublimer la problématique qui se pose au Burkina et aux burkinabé

    1. Je ne comprend pas même pourquoi on parle de dialogue.BC a fini son mandat qu’il s’en aille .La France qui téléguide bon nombre de pays africains a connu combien de présidents qui sont passés pendant le régime BC? allons aux élections présidentielles en 2015

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