DOSSIER JUDICIAIRE : Les autorités françaises doivent lever le secret-défense, selon les avocats

DOSSIER JUDICIAIRE : Les autorités françaises doivent lever le secret-défense, selon les avocats

Le collectif des avocats de la famille du président  Sankara a animé une conférence de presse au siège de l’UNIR/PS le 12 octobre 2017 à Ouagadougou.  Objectif : faire le point de l’évolution du dossier Thomas Sankara en instruction depuis longtemps, en marge du trentième anniversaire de l’assassinat de l’homme de la Révolution du 4 Août 1983. L’avocate Anta Guissé du Barreau de Paris, principale animatrice de la conférence de presse, a fait le déplacement du Burkina pour travailler avec les avocats burkinabè sur le dossier.

 

Selon Me Benéwendé Stanislas Sankara, un des avocats de la famille du président assassiné le 15 octobre 1987, le dossier Thomas Sankara n’a véritablement « bougé »  qu’en 2015, sous la Transition, en ce sens que c’est en 2015 que la procédure a commencé véritablement. Une quinzaine de personnes ont formellement été inculpées, des expertises ont été faites, une commission rogatoire a été constituée et des personnalités au niveau international seront interrogées, à l’entendre. Le dossier Sankara est à ce jour au stade d’instruction et l’enquête est toujours en cours sur cette affaire, foi de Bénéwendé S. Sankara selon qui  le mandat d’arrêt lancé en 2015 contre le président déchu Blaise Compaoré dans le dossier, n’a pas été exécuté  jusque-là. Il a précisé qu’à défaut d’exécuter ce mandat d’arrêt, la Côte d’Ivoire peut juger l’ex-Président du Faso. Une cinquantaine d’auditions ou de confrontations ont été faites à ce jour, à entendre les avocats qui ont indiqué que l’instruction du dossier prend beaucoup de temps. Ce qui est important, à leur avis, c’est qu’un jour l’on puisse identifier les exécutants et les commanditaires de l’assassinat de Thomas Sankara. Selon l’avocate française Anta Guissé, les aspects politiques du dossier  exigent une volonté politique de part et d’autre  et il faut espérer que  les autorités françaises déclassifient le dossier, c’est-à-dire lever le secret-défense qui permettra aux juges en charge du dossier de savoir le rôle de la France dans l’assassinat du président Sankara, ainsi que la poursuite de toutes les pistes du dossier pour une vraie justice, selon eux. Jusqu’à quel point la France du président Macron va-t-elle collaborer ?

 

Il faut que l’histoire soit écrite sur l’affaire Sankara un jour

 

 A cet effet, l’avocate Anta Guissé s’est interrogée : la France a-t-elle intérêt à ne pas déclassifier le dossier Sankara ? De son point de vue, la France a intérêt à montrer qu’il y a un changement politique dans le mode de gouvernance. S’il y a des choses à cacher et qu’on ne veut pas laisser accéder au dossier, à son avis, c’est que la Françafrique est là, c’est qu’il n’y a pas  de rupture avec le passé. Le changement politique actuel en France suscite, selon elle, l’espoir d’une bonne évolution dans le dossier Sankara. Pour Me Bénéwendé Sankara, le président français, Emmanuel Macron, qui est attendu au Burkina en novembre prochain, dans le cadre du sommet Afrique-UE, pourrait être interpellé par le Collectif d’avocats, si ce n’est par le peuple burkinabè, à l’effet de la collaboration de la France à la bonne instruction du dossier Sankara en vue de la manifestation de la vérité, de la justice. L’instruction devra permettre d’auditionner l’ensemble des témoins utiles à la manifestation de la vérité, au Burkina comme à l’extérieur du Burkina, pour que le dossier soit jugé à l’issue d’une ordonnance de renvoi, selon Me Anta Guissé. Blandine Sankara, membre de la famille du président Sankara présente à la conférence, a dit croire à une Société civile qui n’est pas seulement burkinabè, mais aussi internationale, pour faire pression sur les politiques à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, pour un dénouement du dossier Sankara.  Et Odile Sankara, sa sœur, d’ajouter que le dossier est très complexe, avec ses ramifications, et « les intérêts du politique ne sont jamais ceux du citoyen ».  Il faudrait que l’histoire soit écrite un jour sur l’affaire Sankara, à son avis. Ce qui est, selon elle, de la responsabilité de tous les Burkinabè.

Lonsani SANOGO

 

 

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+