Ombre et lumière

DRAME DU YIRGOU

Des femmes dénoncent la lenteur de la Justice

« Nous invitons surtout le gouvernement à mettre, à la disposition de la Justice, tous les moyens nécessaires pour permettre de rendre justice aux victimes de Yirgou, d’Arbinda, de Bahn, de Kain, de Konga », etc.  Ainsi s’exprimait Absa Diallo, la porte-parole du CISC, le 21 juin dernier lors d’un sit-in tenu devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Un sit-in qui, selon le CISC, se voulait un message de paix et de cohésion sociale .

« 172 jours, soit 5 mois et 21 jours après le début des massacres de Yirgou qui se sont étendus sur 20 villages des provinces du Sanmatenga et du Soum, la Justice se fait encore attendre », a constaté Absa Diallo, la porte-parole du collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés. En effet, le CISC s’interroge toujours sur cette lenteur de la Justice après les enquêtes menées. «Selon le Procureur du Tribunal de grande instance de Kaya, 130 suspects sérieux ont pu être identifiés à ce jour. Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a déclaré, le jeudi 16 mai face à la représentation nationale, que 160 témoins ont été auditionnés et que l’enquête concernant l’assassinat du chef de Yirgou par des hommes armés non identifiés est bouclée. Par contre, l’enquête sur les assassinats, qui a suivi celle du chef, n’est toujours pas bouclée chez le procureur. Et pourtant, selon le procureur, une autre enquête doit être menée par le juge d’instruction ». D’où des questions que pose le CISC aux autorités et principalement à la Justice, pour savoir pourquoi il n’y a toujours pas d’arrestation alors que les présumés auteurs sont connus. Qu’attend-on pour arrêter, juger et condamner ces koglweogo terroristes et les mettre au cachot ? Sont-ils au dessus de la loi ?, etc. Par ailleurs, le CISC observe qu’aujourd’hui, « le décompte macabre des victimes du drame de Yirgou donne toujours des frissons ». A Arbinda, selon le CISC, « le bilan est tout aussi catastrophique, plus de 100 morts. Le bilan va s’accroître assurément », a affirmé la porte-parole du CISC puisque les membres du groupe koglweogo sont aujourd’hui utilisés par les FDS comme des éclaireurs dans le cadre de l’opération « Doofu ». Et d’ajouter que « c’est une occasion pour eux d’en finir avec les rescapés de Yirgou en les accusant d’être des terroristes ». Mme Diallo est revenue sur la stigmatisation. «La stigmatisation communautaire ne saurait être un moyen de lutte contre le terrorisme car autant on trouve des Peulhs qui ont rejoint les groupes terroristes, autant on trouve des Mossi, des Sénoufo, des Gourmantché, des Bobos » …Selon Mme Diallo, « la stigmatisation prend des proportions plus qu’inquiétantes et semble avoir atteint son paroxysme ces derniers temps. Même les forces républicaines tombent dans cette dérive inacceptable pour un Etat de droit, pour un Etat qui se veut responsable, pour un Etat qui a ratifié des conventions internationales relatives à la protection et la promotion des droits de l’homme. Les exécutions sommaires attribuées à certains éléments de nos forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme se sont multipliées dans toutes les régions sous état d’urgence ». De ce fait, a indiqué Mme Diallo, «nous disons que les exécutions extrajudiciaires ne sauraient être une solution dans cette guerre qui nous est imposée par les forces obscurantistes. Nous invitons le gouvernement à mettre à la disposition de la Justice, tous les moyens nécessaires pour permettre de rendre justice aux victimes de Yirgou d’Arbinda, de Banh, de Kain, de Konga, Garkere », a-t-elle conclu.

Ben Issa TRAORE

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