EMOLUMENTS DES DEPUTES : Il faut revoir les textes

EMOLUMENTS DES DEPUTES  : Il faut revoir les textes

Les émoluments des membres du Conseil national de la transition (CNT) continuent de faire des gorges chaudes au Burkina. Malgré le fait que les intéressés les ont revus à la baisse, la clameur ne faiblit pas. Comme pour dire que c’est bien, mais ce n’est pas arrivé. La question indispose jusqu’au sein de la Représentation nationale où certains membres du CNT disent être prêts à mettre leur démission dans la balance pour «laver ou sauver leur honneur ». Sans vouloir verser dans la guerre des chiffres, il est certain que les premiers émoluments que ces derniers ont perçus, ont surpris plus d’un, par la lourdeur des enveloppes. A commencer par les intéressés eux-mêmes dont certains étaient loin de s’imaginer qu’ils pourraient se retrouver avec un pactole dont ils ne sauraient pas trop quoi en faire, tant ils étaient des habitués voire des abonnés permanents aux périodes de vaches maigres.

Toutefois, il faudrait savoir raison garder, et prendre toute la mesure du problème afin d’y trouver la solution appropriée. Autrement, le problème ne sera pas résolu, tant que les textes resteront en l’état. Car, il faut bien se dire que ces émoluments n’ont pas été servis ex-nihilo. C’est bien sur la base de textes légaux, même si nous sommes en période de transition. Et la Constitution n’a pas été rétablie pour rien.

L’on peut comprendre que les Burkinabè soient scandalisés par la hauteur des émoluments des membres du CNT, parce qu’en temps normal déjà, de tels montants donnent le tournis au Burkinabè moyen. A fortiori en cette période d’austérité, où cela ne peut que friser l’indécence. De surcroît, ces députés ne doivent pas leur place à un suffrage régulier du peuple, mais à une sorte de cooptation, même si leur processus de désignation est contenu dans la Charte de la transition.

Pire, certains citoyens trouvent que cette représentation, pour une bonne partie, n’est pas particulièrement relevée et outillée pour traiter de certaines questions de fond. Autrement dit, ils sont payés pour un travail qu’ils ne sauraient faire convenablement. Autant d’arguments qui ne justifieraient pas qu’ils bénéficient d’un tel traitement onéreux.

La question interpelle sur la nécessité de revoir le train de vie de l’Etat de façon globale

Cela dit, face à ce tollé presque général, l’on a l’impression que c’est maintenant que les Burkinabè découvrent que la vie d’un élu ressemble à une vie de pacha, par rapport aux conditions de vie du citoyen moyen. Pourtant, c’est ce que les textes de la République prévoient. Les Burkinabè auraient réagi plus tôt qu’on n’en serait peut-être pas là. En d’autres termes, il aurait sans doute été plus indiqué de fixer ces émoluments avant la mise en place de cet organe, de sorte à ce qu’en venant, les uns et les autres sussent à l’avance à quoi s’en tenir ? En tout cas, cela aurait peut-être permis d’éviter les tiraillements honteux auxquels l’on a quelquefois eu droit, lors de la mise en place de cette instance. Car, comme le dit l’adage, « il est difficile de demander à quelqu’un de partager la viande tout en se réservant les os ».

Avec le recul, l’on pourrait dire que les membres du CNT ont péché pour n’avoir pas suffisamment pris la mesure du contexte dans lequel ils sont arrivés aux affaires. En revoyant à la baisse leurs indemnités journalières de session de 30 000 F CFA (que touchaient les députés) à 20 000 F CFA, ils croyaient peut-être naïvement avoir fait suffisamment de concessions et s’attendaient certainement à être applaudis pour « leur sens patriotique ». Mais c’était oublier d’où ils venaient, en tout cas pour bon nombre d’entre eux :  de loin, des tréfonds de ce peuple pour qui plus rien ne sera comme avant, dans ce Burkina nouveau qu’il appelle de tous ses vœux.  Ce peuple qui ne veut plus de gabegie, ni d’un Burkina des uns qui se la coulent douce, et des autres qui sont les crève-la-faim de la République. En tout cas, le message du peuple est clair. Il veut un Burkina plus égalitaire où les dirigeants vivront avec les moyens du bord, en fonction des réalités de la grande masse. Il n’est plus question que des privilégiés bénéficient des ressources publiques pour vivre au-dessus de leurs moyens, et des moyens du citoyen moyen. Mais il convient qu’ils puissent garder aussi toute leur respectabilité.

Toutefois, la question interpelle sur la nécessité de revoir le train de vie de l’Etat de façon globale. Et cela devrait s’appliquer à toutes les institutions, de la présidence du Faso à la plus petite des institutions, en passant par le gouvernement et le parlement, dans la transparence la plus totale. D’où une nécessaire relecture des textes pour poser de façon saine et transparente, les jalons de ce Burkina  nouveau que les uns et les autres appellent de tous leurs vœux. Dans le cas contraire, à quoi servirait-il de s’acharner sur les membres de notre éphémère CNT, si aussitôt après la transition, les nouvelles autorités devaient renouer avec les mêmes pratiques? C’est le moment d’oser ces changements en cette période de transition, ou au moins d’en poser les jalons. Et il est important que tout le monde le comprenne, l’accepte et s’inscrive dans cette dynamique.  C’est pourquoi il faut dépassionner le débat  et analyser la situation avec calme et lucidité, de façon globale, afin de prendre les mesures qui seyent. C’est le pari qui mérite le plus d’être gagné, d’autant plus que dans neuf mois, la transition prendra fin, si les choses se passent normalement.

Outélé KEITA

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15 Commentaires

  1. TUANSI

    Les membres du CNT devraient faire montre de plus de patriotisme pour donner l’exemple au peuple. Parmi eux, ils y en a qui n’avaient jamais rêvé d’un tel niveau de revenus.

    A mon sens 880 000 frs c’ est trop et, à la limite, insultant. ATTENTION à ce que le peuple ne soit désabusé et manque de confiance à la Transition, car il pourrait considérer que les gouvernants sont revenus aux pratiques du régime vomi de Blaise.

    J’espère donc que les membre du CNT vont encore se ressaisir et procéder à d’autres coupes dans leurs émoluments.

    A bon entendeur

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  2. TUANSI

    Même ce niveau global des émoluments des membres du CNT (880 000frs) apparaît trop élevé.

    En effet, comme comprendre qu’on puisse octroyer une montant e 230 000 frs pour le carburant, pour des gens qui n’ont pas de circonscription à couvrir et donc qui ne sont pas assujettis à des déplacements fréquents hors de Ouaga.

    De même les diverses indemnités ( de santé ou autres), comparés à ce dont le commun des burkinabè peut disposé, sont choquants.

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    1. kougri poudou

      on aurait qualifier de révolutionnaires les membres du CNT s’ils proposaient travailler dans le bénévolat quit à ce que le peuple estimât qu’il fallait leur donner quelque chose pour améliorer leur condition de travail.

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  3. tinto

    A mon avis, si les gens se plaignent, c’est pas tant la lourdeur des émoluments qui fait problèmes, c’est plutôt la qualité des membres du CNT et celle du travail attendu. Voyez par exemple le cas de cette étudiante de 1ère année de sociologie qui plus est venue au CNT, non par conviction mais sous la pression de son géniteur. Je pense que les politiciens aussi ont laissé trop parler leurs intérêts, sinon 40 universitaires ou technocrates de haut vol pouvaient faire le travail, laissant les OSC, les partis politiques etc… apprécier lors des forums. Pour ma part, c’est un tir qu’on peut rectifier: il s’agit de congédier les membres actuels et de recruter d’autres qui vont faire le travail en 6 mois, apprécié en forums les 3 mois restants; on peut renvoyer les gradés de l’armée dans un autre cadre comme celui qui s’occuperait des états généraux de l’armée.

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  4. bazoulé

    ils devraient en avoir honte les membres du CNT. A quoi sert-il de clamer partout « rien ne sera plus comme avant » si le CNT court après l’argent. montrez vous donc intègres et honnerez la memoire de ceux qui sont morts lors de l’inserruction pour un burkina nouveau et qui repond à son nom. je vous propose de diminuer cette somme de deux tiers. Donnez l’exemple du sacrifice. Donnez l’exemple du patriotisme. Dieu nous benisse

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  5. forever

    la transiterie nationale grattez y y a l argent dedans.après l honneur les millions
    la transition devenez des millionnaires
    la transition tentez la chance
    Personne ne pourra plus me convaincre et les autres pays avec que le peuple burkinabé n a pas été entubé et pire et pire comment opinion international voit ce peuple

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  6. beneno

    même ceux (les spécialistes) qui conçoivent les textes qui sont ensuite amendés par nos honorables députés ne perçoivent pas ce salaire. donc, qu’ils arrêtent de nous pomper l’aire en justifiant le boulot qu’ils abattent à hémicycle. n’importe quel Burkinabè peut faire le même travail. c’est tout comme un jury qui est composé souvent de médiocres personnes pour infliger de lourdes peines à des personnes bien réfléchies.

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  7. Dimathème

    Le véritable problème dans ce pays c’est que tout doit être revu. L’instituteur qui se bat pour apprendre au petit Moagha dans la fine brousse a combien par mois? Le professeur d’université, celui là même qui est chargé de former l’élite de demain croupit dans la misère conclusion, il bâcle son cours et vend ses compétences ailleurs, l’université n’est qu’un couverture. Le médecin gagne combien par mois? Pour arrondir sa fin de mois il va dans les cliniques, l’hôpital public n’est donc qu’un lieu de rendez-vous. Il faut que tout cela change.

    S’il suffit d’aller lever la main pour avoir des millions alors on serra tous députés. Je suis partant pour qu’on revoie les textes et même ceux du premier ministère. En plus 230 000 F CFA pour le carburant du député woooh! A combien s’élève celui du ministre? Avec tout ça, il y avait une loi sur la retraite du député comme si était embauché. Vraiment pauvre Burkina

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  8. zanga

    C’est vrai: c’est le train de vie de l’Etat qu’il faut revoir de façon globale. Et en la matière on attend des mesures du CNT dont les gouvernants issus des prochaines élections ne pourront pas ne pas tenir compte dans la gestion future du pays. Mais les « députés » doivent donner l’exemple. Et franchement plus de 800 000 F/ mois c’est encore trop. Je suis de ceux ne savaient pas que les députés ne payaient pas l’impôt ce qui est un vrai scandale pour moi. Ce sont des citoyens comme les autres et il est inamissible qu’ils votent l’impôt tout en s’en exemptant eux-mêmes.

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  9. yabsoré

    EXTRAITS DU GUIDE DU DEPUTE
    Publication de l’assemblée National( ISSN O796-665) 2008

    I.1.2.4 Les mesures de soutien à l’exercice du mandat du Député

    Des mesures sont prises au profit du député en tant que représentant élu de la Nation, pour lui permettre d’accomplir sa mission dans des conditions qui préservent son indépendance et qui reflètent le prestige de sa charge. Leur consistance et leur étendue varient selon les pays.

    I.1.2.4.1 L’indemnité permanente
    C’est une indemnité mensuelle qui est calculée sur la base de l’indice le plus élevé de la fonction publique. Elle est fixée par la loi et est indissociable du mandat de député.

    I.1.2.4.2 L’indemnité de session
    C’est une indemnité journalière servie au député uniquement pendant les sessions. Elle est fixée à 30% de l’indemnité allouée aux membres du Gouvernement en mission à l’extérieur du pays, dans la zone Afrique. Elle tient compte de la présence effective du député lors des travaux en commission et lors des séances plénières.

    I.1.2.4.3 La dotation mensuelle de carburant
    C’est une contribution de l’Assemblée ayant pour but d’aider l’élu à se rendre dans sa circonscription électorale. En plus, pour chaque session convoquée, une dotation en carburant pour le trajet aller/retour du siège de sa circonscription au siège du Parlement est accordée également au député.

    I.1.2.4.4 Le véhicule du député
    Au début de chaque législature, le député peut acquérir un véhicule neuf en horst axes- hors douane par le biais d’un prêt octroyé par l’Etat par l’intermédiaire du ministère des finances. Ce prêt dont le montant est le même pour chaque député est consenti sur la base d’un contrat entre le député intuitu personnae et le ministre des finances. Par ce contrat, le député s’engage à rembourser le montant du prêt en 60 mensualités, soit la durée de la législature. Ce remboursement est effectué par cession d’une partie de l’indemnité permanente. Le ministre des finances quant à lui s’engage à libérer le montant du prêt entre les mains du concessionnaire. Si le prix de vente du véhicule est supérieur au montant du prêt, le député est obligé de prévoir
    un apport personnel.

    I.1.2.4.5 Les frais médicaux et de secrétariat

    C’est une somme forfaitaire allouée à chaque député comme contribution à ses frais médicaux et de saisie de ses travaux, les députés ne disposant ni d’assistant, ni de secrétaire, ni de bureau.

    I.1.2.4.6 L’assurance du député

    L’Assemblée nationale souscrit au profit du député, une assurance accident et une assurance maladie limitées au territoire national. S’il le souhaite, le député peut payer des compléments à ses frais pour étendre l’assurance maladie à son conjoint età ses enfants.

    De ces extraits faisons le cumul de ci*e qui est autorisé; l’indemnité permanente, l’indemnité de cession
    un somme forfaitaire de médicaments et secrétariat et nous qu’on est loin des sommes que l’on nous faire accepter. le CNT c’est le refus de vivre les conditions de vie de la masse et vaincre avec elle.

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  10. james

    la pauvrete est d abord une conception de l’esprit avant d etre la realite de la privation. 800 000 n’est pas un salaire eleve pour un depute. finalement,quel type de vie les gens veulent que ces personnes menent avec moins que ca. 800 000 est deja moins de la moitie de ce que gagnait un depute sous Blaise. Pendant combien d’annee cela s’est passe. aujourd hui voila que des personne trouvent que 800 000 c’est extraordinaire. Je veux que les gens comprennent que ce n’est pas encore asez pour la fonction de depute au Burkina. s’il y a une chose, c’est les gens qui doivent evoluer vers cette tendance salariale.

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