ENQUETE SUR LES VIOLENCES POST-ELECTORALES AU GABON : La CPI joue sa crédibilité  

ENQUETE SUR LES VIOLENCES POST-ELECTORALES AU GABON : La CPI joue sa crédibilité   

La Cour pénale internationale (CPI) sur  les lieux du crime au Gabon. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, elle vient de dépêcher trois analystes sur le terrain. Chargés des examens préliminaires, ils séjourneront du 20 au 22 juin 2017 à Libreville au Gabon, avec pour objectif premier de se « faire une meilleure idée de la situation et d’établir des contacts». Pour rappel, ce déplacement fait suite à la plainte déposée le 21 septembre 2016 par les autorités gabonaises sur le bureau de la procureure Fatou Bensouda, accusant Jean Ping et ses partisans d’incitation au génocide ou encore de crimes contre l’humanité, avant, pendant et après la dernière présidentielle qui s’est déroulée le 27 août 2016. Environ trois mois plus tard, soit le 15 décembre de la même année, le candidat malheureux-entendez Jean-Ping - contre-attaque en déposant à son tour un dossier auprès de la CPI. Alors, qui a raison ? Et qui a tort ? C’est à la CPI de trancher en toute impartialité ; elle qui, on peut le dire, a déjà de la matière dans la mesure où dans leurs dossiers respectifs, pouvoir et opposition ont fait des allégations, relaté des faits et avancé des chiffres. Le travail des analystes consistera donc, ici, à recouper les informations et à demander aux uns d’apporter les preuves irréfragables des accusations portées sur les autres et vice-versa. Difficile tâche s’il en est, puisqu’en l’espèce, chacun, on le sait,  passera le temps à tirer la couverture sur soi. Mais s’il y a une chose sur laquelle les deux camps sont d’accord, c’est qu’il y a eu des crimes à grande échelle au Gabon, liés à la tenue de la dernière présidentielle. Seulement, les avis divergent, à la question de savoir qui les a commis.

Il faut souhaiter que toute la lumière soit faite

Espérons donc que la CPI, en tant que juridiction internationale, saura se mettre au-dessus de la mêlée pour dire le droit, rien que le droit. Elle y a tout intérêt. Car il y va de sa crédibilité ; elle qui, depuis quelques années, est accusée à tort ou à raison d’être un instrument des Occidentaux dirigé essentiellement contre les Africains. Il ne faut donc pas en rajouter en donnant l’image d’une Cour qui ferme obstinément parfois les yeux sur la vérité. Du reste, il faut se féliciter du fait que les deux parties, pouvoir et opposition gabonais, aient toutes choisi de recourir à la CPI pour faire entendre leur cause. Car, c’eût été la justice gabonaise, il y a longtemps que Jean Ping et ses partisans avaient tous déjà été jugés et condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement ; la raison étant que sous nos tropiques, le prince, même s’il a les mains dégoulinantes de sang, n’a jamais tort. Heureusement, on n’en est pas là. C’est pourquoi, dans l’intérêt même du peuple gabonais, il faut souhaiter que toute la lumière soit faite sur les violences qui ont émaillé la reélection d’Ali Bongo. Cela permettra de savoir qui du pouvoir gabonais ou du camp de Jean Ping a commis des crimes contre l’humanité. Mais d’ores et déjà et sans présager des résultats des examens préliminaires en cours, on a envie de dire qu’en portant plainte auprès de la CPI, les autorités gabonaises avaient un objectif : se donner bonne conscience en coupant l’herbe sous les pieds de Jean Ping. Car, crimes pour crimes, on se rappelle que le QG de ce dernier avait été pilonné au mortier par des soldats. Qui en était donc le commanditaire ? A la CPI de répondre !

Boundi OUOBA

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