EQUIPE DE CAMPAGNE DU CANDIDAT DE LA MAJORITE EN RDC

EQUIPE DE CAMPAGNE DU CANDIDAT DE LA MAJORITE EN RDC

La dictature se donne les moyens de sa pérennisation

A regarder de près, l’équipe de campagne du candidat de la majorité pour la présidentielle du 23 décembre, Emmanuel Shadary, dévoilée le samedi 3 novembre dernier, l’on peut être amené à dire qu’en RDC, la vraie nature du système politique, c’est le totalitarisme. En tout cas, les indices ne manquent pas. Pour ce scrutin présidentiel, la majorité a mis en place le Front commun pour le Congo (FCC), une coalition électorale qui doit battre  campagne pour le poulain du chef de l’Etat congolais. A première vue, rien d’anormal. Car pour le parti au pouvoir, ce pourrait être salutaire en ce sens que pour la conquête du pouvoir, il faut savoir s’unir et ratisser large. Mais le hic, c’est que cette plateforme a été créée en conseil des ministres. Et son annonce, faite par un communiqué gouvernemental.  Un fait inédit en Afrique. Car même dans les pays voisins de la RDC où les simulacres d’élections sont les contre-valeurs les mieux partagées entre eux, jamais un régime n’avait poussé l’outrecuidance jusqu’à l’extrême pour mobiliser toutes les forces, les énergies, les moyens et les institutions de la République pour assurer sa survie politique et  alimentaire. Si l’opposition et la société civile congolaises sont vent debout contre cette plateforme dont le chef de l’Etat est lui-même l’autorité morale, c’est parce qu’en plus de paraître comme une « institution » de la République eu égard au contexte de sa naissance, cette plateforme apparaît comme un gouvernement bis ; la plupart des ministres en étant membres avec les mêmes responsabilités. Le ministre de l’Intérieur, Henri Mova, censé garantir la sécurisation du scrutin, se retrouve dans la plateforme comme « Monsieur sécurité », le ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, est aussi le responsable de la diplomatie au sein du FCC. Il en est de même pour le chef du département de la Communication du gouvernement, Lambert Mendé, qui est le communicant de ladite plateforme.

Les dés sont pipés

Autant de faits qui suscitent les craintes justifiées de l’opposition et de nombreux observateurs quant à « la confusion entre l’Etat, ses institutions et la plateforme électorale ». Louis XIV disait: « L’Etat,   c’est moi ». Et le pouvoir congolais voudrait s’accommoder de cette célèbre formule attribuée à tort ou à raison au 64e roi de France, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Pour mieux paraphraser l’auteur de cette citation dans le contexte congolais, on dira que ‘’l’Etat, c’est Kabila’’.

En tout cas, avec cette confusion de genres en RDC, inutile de dire que les dés sont déjà pipés pour cette présidentielle si bien qu’il est à se demander si c’est encore la peine pour l’opposition de se mettre dans les starting-blocks pour cautionner la vaste mascarade électorale en préparation. A moins de vouloir jouer sur un coup de dés, l’opposition qui, du reste, n’arrive toujours à se trouver un candidat unique, risque d’être injustement laminée  face à ce rouleau compresseur qu’est le FCC qui est en train de mettre fortement à contribution les médias publics. C’est dire si le pouvoir congolais fait feu de tout bois pour  remporter le scrutin de décembre prochain. Peut-être que c’est la récente publication du sondage réalisé conjointement par le Bureau d’études congolais BERCI et le Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’université de New-York donnant les deux opposants, Félix Tshisékédi et Vital Kamerhé, en tête des intentions de vote, qui a créé la panique au sein du régime en place au point de le pousser à faire fi de tout bon sens pour mobiliser l’Etat et ses institutions derrière son candidat. On le sait, dans cette partie de l’Afrique, la démocratie à la sauce bantou ne s’accommode pas de morale ni d’éthique. Dans tous les cas, le constat est que la dictature de Kabila se donne ainsi tous les moyens pour sa pérennisation.

 

Drissa TRAORE

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