ETAT D’URGENCE AU BURKINA : Quand Roch enfile sa tenue de guerrier

ETAT D’URGENCE AU BURKINA : Quand Roch enfile sa tenue de guerrier

Face au décompte macabre qui se poursuit au Burkina, les autorités ont finalement décidé de décréter l’état d’urgence dans les différentes régions en proie aux attaques terroristes. Il s’agit, pour ne pas les nommer, des régions de l’Est, du Centre-Est, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Sahel, du Nord et des Hauts Bassins. Il n’est jamais tard pour bien faire, est-on tenté de dire quand on sait que pendant longtemps, le gouvernement burkinabè était accusé de faire dans le laxisme et dans l’inertie face au péril djihadiste qui menace à la fois les ressorts sociaux et les fondements de notre pays. A preuve, cette décision de décréter l’état d’urgence intervient après qu’une dizaine de soldats ont péri dans une attaque dans le Sourou, plus précisément dans la commune rurale de Toéni. Peu avant, ce sont cinq soldats qui sautaient sur une mine dans la région de l’Est sur l’axe Fada-Pama. On oublie volontiers les autres attaques ciblées qui ont coûté la vie à de nombreux éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS). A cela s’ajoutent les nombreuses écoles, sept cents environ, qui ont été fermées, les enseignants ayant pris la poudre d’escampette pour sauver leur peau. C’est dire si le président Roch Marc Christian Kaboré avait le sommeil trouble si fait qu’en cette fin d’année, il a décidé d’enfiler sa tenue de guerrier pour finalement casser du terroriste et rétablir l’intégrité, ou du moins ce qu’il en reste, de notre pays. Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que les ingénieurs du mal ne lui ont pas donné du répit, et ce depuis l’attaque du Cappucino et de l’Hotel Splendid, le 15 janvier 2016 qui avait laissé une trentaine de morts sur le carreau.

Les populations doivent apporter aux FDS, tout le soutien qu’il faut

Au-delà de tout calcul politicien, la décision que viennent de prendre les autorités mérite d’être saluée, tant elle n’avait que trop tardé. Et tout le mal que l’on puisse souhaiter aux FDS, c’est qu’elles portent mortellement l’estocade à l’ennemi. Cela dit, les populations doivent leur apporter tout le soutien qu’il faut. Car, nos braves soldats qui risquent leur vie à longueur de journée pour que les citoyens dorment paisiblement, pourraient avoir le moral dans les chaussettes si l’on passe le temps à les houspiller. Car, comme on le sait, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Aussi les autorités se doivent-elles de leur apporter du réconfort à la fois moral et financier. Et c’est en cela qu’il faut saluer le geste de solidarité dont avaient fait montre les parlementaires à leur égard. Reste maintenant à souhaiter que le geste des députés fasse des émules. Car, dans cette guerre lâche que nous imposent nos ennemis, aucun sacrifice n’est de trop. Le concours de tous les Burkinabè est attendu.

L’autre dimension et non la moins importante, c’est la communication des autorités.

C’est pourquoi d’ailleurs, il est bon d’impliquer tous les Burkinabè dans cette lutte contre le terrorisme. Tant que chacun, à son niveau, taximan, ouvrier, hôtelier, cireur de chaussures, agent de bureau, etc., n’apportera pas du sien, l’ennemi passera toujours entre les mailles du filet. L’autre dimension et non la moins importante, c’est la communication des autorités. Elles doivent prendre conscience qu’on ne communique pas en temps de guerre comme on communique en temps de paix, puisque l’ennemi est parmi nous. Elles doivent, et cela est une nécessité absolue, communiquer moins et agir plus dans la discrétion.  N’est-ce pas d’ailleurs ce que font nos ennemis ? Aussi, si l’on tient à gagner la guerre (et on doit la gagner), la vigilance doit être notre credo et le laxisme, notre premier ennemi. En outre, il faudrait adapter nos moyens de lutte aux méthodes qu’emploient ceux qui endeuillent régulièrement la Nation. Et en la matière, l’on se demande si le pays dispose actuellement de négociateurs attitrés à l’image de Moustapha Limam Chafi, ex-conseiller spécial de Blaise Compaoré, qui pourrait, en plus de l’action militaire engagée sur le terrain, œuvrer à la libération des otages enlevés sur notre sol. Ne les oublions pas !

« Le Pays »

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