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EXTRADITION ANNONCEE DE TOUMBA DIAKITE : Pourvu que le droit soit dit

EXTRADITION ANNONCEE DE TOUMBA DIAKITE : Pourvu que le droit soit dit

 

La Justice sénégalaise vient de donner son feu vert pour l’extradition d’Aboubacar Diakité, du nom de l’ancien chef de la garde rapprochée de Dadis Camara, plus connu sous le nom de Toumba Diakité, vers la Guinée. En rappel, l’homme qui a tiré sur Moussa Dadis Camara, a été, suite à son arrestation au Sénégal, réclamé par la Justice de son pays. En plus d’avoir voulu attenter à la vie du chef de la junte guinéenne d’alors, il lui est reproché d’être un des acteurs du massacre du 28 septembre. En rappel, en 2009, des manifestants de l’opposition ont été l’objet d’une répression sanglante au Stade du 28-Septembre de Conakry. Des massacres dont l’ignominie a choqué bien des consciences à travers l’Afrique voire le monde. C’est dire que ce qui est reproché à Toumba Diakité, ce sont des faits suffisamment graves.

Il faut espérer que cette extradition puisse servir à accélérer la procédure

Cela a certainement pesé dans la balance lorsque qu’il s’est agi, pour la Justice sénégalaise, de statuer sur cette demande d’extradition. Bien entendu, Toumba n’est certainement pas le seul acteur de ces drames. Que ce soit pour la tentative d’assassinat de Dadis Camara ou les massacres des manifestants, d’autres noms et non des moindres ont été cités. Mais, il faut bien avouer que ces dossiers n’ont pas connu, jusqu’à ce jour, d’avancées majeures. Il faut espérer que cette extradition, si elle venait à être actée, puisse servir à accélérer la procédure de quête de vérité sur les affaires concernées. Il est vrai que Toumba Diakité, lui, ne veut pas être extradé, craignant pour sa sécurité. Il n’a peut-être pas tort dans l’absolu, de craindre pour sa vie dans cette Guinée. Car, comme il l’a relevé, bien des personnes accusées dans l’affaire des massacres du 28 septembre 2009, sont aujourd’hui encore, dans le sérail du pouvoir Condé. Dans ces conditions, il n’est pas exclu que les personnes que cette affaire gêne, soient tentées de faire taire celui dont le procès pourrait leur valoir, à eux aussi, des ennuis judiciaires. Mais, c’est à la Justice qu’il appartient d’apprécier les choses au regard des éléments d’information en sa possession. Pourvu que le droit soit dit, sans passion, peut-on dire. Et ce, d’abord au Sénégal en cas de recours judiciaire contre le probable décret présidentiel d’extradition qui pourrait, dès à présent, être pris par Macky Sall. Il importe, en effet, que la Cour suprême du Sénégal, si elle venait à faire l’objet de saisine de la part des avocats de Toumba Diakité sur cette affaire, se montre regardante sur l’engagement de la Guinée à garantir à l’accusé sa sécurité et un procès équitable. Ces conditions, comme on le sait, sont des éléments fondamentaux en matière d’extradition. En d’autres termes, la Justice sénégalaise doit s’assurer, au moins de façon formelle, que les autorités guinéennes, donnent des gages de respect des droits de l’accusé. Ce, pour ne pas prendre le risque d’être accusée d’avoir fait le jeu de quelque politicien que ce soit. Ensuite, au cas où la décision d’extradition venait à être exécutée -ce qui est fort probable- la Justice guinéenne serait, de son côté, bien inspirée de conduire un procès exemplaire. Il faudra à tout prix éviter de servir au peuple guinéen, un simulacre de procès. Que ce soit une décision de condamnation ou de relaxe de Toumba, elle devra être prise dans les règles de l’art, en toute équité par l’instance judiciaire compétente. Toute attitude contraire serait un mauvais signal envoyé aux partenaires du pays, y compris la Cour pénale internationale (CPI) qui suit de près le dossier des massacres du Stade. Il faudra surtout éviter de soustraire un ou des individus quelconques à la Justice.

Il appartient à la Justice guinéenne de se montrer à la hauteur du défi

En effet, chacun des individus indexés dans ces affaires judiciaires, devra être entendu par la Justice et bénéficier d’un procès équitable. Chacun devra avoir le courage de répondre de ses actes, pour peu que les conditions de procès équitables soient réunies. Surtout, en ce qui concerne l’affaire des massacres et viols du Stade du 28-Septembre, qui ont endeuillé  de nombreuses familles et bafoué la dignité de bien des personnes. Les individus qui, éventuellement, viendraient à être condamnés, devraient accepter leurs peines et faire amende honorable. Les victimes et leurs ayants droit pourront, dès lors, s’employer à faire le deuil, à se tourner résolument vers l’avenir, surtout pour celles qui ont la « chance » d’être encore de ce monde. En d’autres termes, ces procès peuvent et doivent servir de catharsis, pour peu qu’ils soient menés en toute transparence et en toute équité. Ce qui est d’une importance indéniable pour les besoins de la réconciliation nationale. C’est dire combien, au-delà du jugement bien fondé de Toumba Diakité, la Justice guinéenne est attendue dans le traitement de l’entièreté de ces dossiers. Il lui appartient de se montrer à la hauteur de cet énorme mais noble défi.

« Le Pays »

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