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FAILLES DU PROCESSUS ELECTORAL EN GUINEE

L’OIF n’a fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte

Après moult reports, les élections législatives et référendaires auront, en principe, lieu le 22 mars prochain, en Guinée. Ainsi en a décidé le président Alpha Condé qui précise toutefois que « ne seront concernés que les partis politiques qui sont déjà engagés dans les compétitions ». C’est dans ce climat de tensions que vient de tomber un rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui pointe des failles dans l’ensemble du processus électoral. L’OIF qui s’était déjà retirée du processus, dénonce des irrégularités, des doublons persistants et des électeurs avec plusieurs cartes parmi les cinq millions qui resteront sur les listes. Et ce n’est pas tout. Selon l’OIF, deux millions de personnes sont inscrites avec pour seule pièce justificative une attestation contresignée. Le pic des anomalies a été constaté dans la région de Kankan, connue pour être le fief du parti au pouvoir. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que le rapport de l’OIF ne fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte. Car peu avant elle, les experts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dépêchés dare dare à Conakry, recommandaient, naguère, un assainissement complet du fichier électoral, notamment la mise à l’écart de près de 2,5 millions d’électeurs parmi lesquels on compte des mineurs et des gens qui ne sont plus de ce monde.

La diplomatie est aussi mise à contribution pour espérer trouver une issue à la grave crise politique qui secoue la Guinée

C’est dire à quel point, l’opposition guinéenne, loin de faire dans la mauvaise foi, savait de quoi elle parlait lorsqu’elle dénonçait, à qui voulait l’entendre, un processus électoral chaotique. A preuve, l’un après l’autre, les experts de la CEDEAO et de l’OIF n’ont fait qu’apporter de l’eau à son moulin ; elle qui, faut-il le rappeler, a déjà saisi la Cour de justice de la CEDEAO contre la tenue du référendum constitutionnel annoncée pour le dimanche prochain. Aura-t-elle gain de cause ? La réponse est attendue jeudi prochain. Mais en attendant cette décision de justice, la diplomatie est aussi mise à contribution pour espérer trouver une issue à la grave crise politique qui secoue la Guinée depuis que le président Condé a affiché son intention de briguer un troisième mandat. C’est pourquoi, et sauf changement de dernière minute, une délégation de chefs d’Etat de la Côte-d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria, est attendue aujourd’hui même, 17 mars, à Conakry. Condé acceptera-t-il de recevoir ses pairs de la CEDEAO ? Ou bien va-t-il leur opposer une fin de non recevoir? Rien n’est à exclure pour qui connaît le maître de Conakry, visiblement très imbu de sa personne. Surtout que dans la délégation figure le président ivoirien qui vient d’annoncer qu’il ne briguera pas un nouveau mandat. Ne devrait-ce pas être un cas de conscience pour Condé ?

B.O

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