FERMETURE DE LA MAIRIE DE BOUSSOU : Les manifestants accusent, le maire s’en défend

FERMETURE DE LA MAIRIE  DE BOUSSOU   :  Les manifestants accusent, le maire s’en défend

 

 

Le mercredi 25 avril 2018, la mairie de Boussou dans la province du Zondoma a été fermée par un groupe de jeunes de Boussou, chef-lieu de ladite commune, et les clés remises au préfet. Nous y avons fait le déplacement le dimanche 29 avril dernier pour constater les faits, en savoir davantage sur les mobiles d’un tel acte et recueillir l’avis du maire, Mady Sankara. 

 

A notre arrivée le dimanche matin à Boussou, localité située à une trentaine de kilomètres de Gourcy, près d’une quarantaine de personnes constituées de jeunes, de vieux et de femmes  se sont spontanément mobilisées, chacune étant prête à nous faire le point des évènements. Selon B. Julbert Balma, président du Conseil villageois de développement (CVD) de Boussou, il est reproché au maire, son indisponibilité, voire son mépris vis-à-vis de la population de sa localité dont la majorité dit ne pas le reconnaître. En effet, documents en mains,  il a regretté qu’à plusieurs reprises, des demandes d’audiences auprès du maire soient restées sans suite alors que celles-ci avaient pour objet de lui signifier l’impérieuse nécessité de se présenter d’abord au chef coutumier de Boussou pour ensuite rencontrer la population. Comme réponse et par correspondance en date du 27 avril 2017,  le maire, « pour des raisons de calendrier », s’est proposé de trouver une date dans les meilleurs délais. Las d’attendre, ils ont alors adressé un courrier au haut- commissaire du Zondoma, lui suggérant de prendre les dispositions utiles pour « la résolution de la crise ». Ce n’est qu’après cela qu’une rencontre a pu avoir lieu  entre le maire, assisté de ses adjoints et des présidents de commissions,  et une délégation de quatre personnes représentant les jeunes, les vieux, les femmes et le bureau CVD. Autres récriminations de la population à l’endroit du maire, son indifférence face aux problèmes du village. A titre d’exemples, l’absence d’éclairage au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) et le manque d’infrastructures au Collège d’enseignement général (CEG) de Boussou dont la création a été actée depuis 2015.  Pour cette année scolaire 2017-2018, les cours sont dispensés dans les locaux de la Maison de la femme et un autre bâtiment a été loué à 150 000 F CFA l’année. Autre chose, l’immixtion de certaines personnes dont la population ignore le statut, dans la gouvernance du maire. Et Antoine Guébré d’ajouter que la population de Boussou vit sous la hantise de la journée du 21 juin 2016, date de l’élection du maire où il y eut une courte-poursuite entre les Forces de défense et de sécurité et des citoyens, ayant abouti à l’interpellation de certains d’entre eux. Toute chose qui, selon lui, devrait amener le maire à présenter ses excuses à la population. « Ces raisons, et ce n’est pas tout,  nous ont poussés à fermer la mairie et à exiger  le départ du maire. La remise des clés au préfet signifie que nous sommes favorables à l’installation d’une délégation spéciale dans notre commune »,  ont affirmé Alidou Kologa et Joanny Nacanabo.  Les vieux et les femmes, présents sur les lieux, ont, par leur porte – parole, approuvé l’action des jeunes et dit les soutenir sans réserve.  De l’avis du maire, Mady Sankara, qui nous a reçu dans la salle de mariage car n’ayant pas accès à son bureau, ce qui pose problème, c’est le fait qu’on veuille que « je rencontre la population de Boussou sans aucun de mes collaborateurs ». « Pourquoi vouloir que le maire seul s’entretienne avec la population? Que peut-il se passer à l’issue de ces échanges,  vu le contexte dans lequel j’ai été élu », s’inquiète-t-il? Pour ce qui concerne l’ingérence de tierces personnes dans sa gouvernance, le maire dit écouter tout le monde, faire la part des choses  avant d’agir. Quant au CEG, le Conseil municipal s’est engagé à régler les frais de location en fin d’année scolaire et saisira toute opportunité qui se présentera à lui pour la réalisation d’infrastructures. L’électrification du CSPS est en cours, nous a-t-il confirmé  avant de nous informer qu’il est prévu  une sortie dans tous les 16 villages de la commune, une fois  que le carburant sollicité sera disponible. Il a saisi l’occasion pour exhorter les populations à privilégier le dialogue et l’intérêt général au détriment de l’individualisme. Pour cela, il les invite à prendre une part active à l’exercice de redevabilité,  prévu le 5 mai prochain pour qu’ensemble, ils échangent sur les préoccupations de la commune. Au moment où nous bouclions cet article, le mardi 1er mai, la mairie était toujours « sous scellés » et les tractations se poursuivaient toujours.

  1. B. Winninmi ILBOUDO (Correspondant)

 

 

 

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