FERMETURE D’ETABLISSEMENTS CLANDESTINS : Une mesure de salubrité qui s’imposait

FERMETURE D’ETABLISSEMENTS CLANDESTINS  :  Une mesure de salubrité qui s’imposait

Le gouvernement, via le ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA), vient d’annoncer à l’opinion nationale de fortes mesures concernant les établissements scolaires défaillants. A entendre le professeur Stanislas Ouaro, ils sont plus de 400 les établissements scolaires qui traînent ce triste label. Mais il a tenu à faire le distinguo entre deux catégories. La première est celle des établissements inscrits, peut-on dire, dans la liste orange et qui, de ce fait, doivent impérativement opérer des ajustements s’ils veulent ouvrir leurs portes au titre de l’année scolaire 2018-2019. La deuxième catégorie est carrément sur la liste rouge. Ces derniers, qui sont plus de 200, ont été purement et simplement fermés. Et quand on entend le ministre énumérer les raisons qui justifient cette mesure extrême, on ne peut qu’être d’accord avec le gouvernement. En effet, ces établissements s’apparentent beaucoup plus à des célibatorium qu’à des espaces d’enseignement-apprentissage et d’éducation : des salles de classes plus exiguës que les cellules de la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou), des sanitaires effroyables, l’absence d’infrastructures pour l’éducation physique et sportive, des enseignants qui n’ont aucune qualification professionnelle. Bref, c’est tout simplement inacceptable.  Ça l’est d’autant plus que l’enjeu ici est celui de l’avenir d’êtres vulnérables et innocents. On ne doit donc pas permettre à des individus avides d’argent de faire fortune sur leur dos. C’est pourquoi on peut affirmer, sans risque de se tromper, que le gouvernement a bien fait de fermer «ces camps  de concentration». Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une mesure de salubrité qui s’imposait. Car le massacre a trop duré.

L’Etat fait des efforts pour augmenter l’offre éducative, mais il peut et doit mieux faire

Chaque année, les syndicats d’enseignants s’insurgent contre ce genre d’établissements. Mais le gouvernement donnait l’impression de les tolérer. Cette année, il semble avoir pris ses responsabilités. Il est même allé jusqu’à rendre publics les noms des établissements épinglés. A ce sujet, on peut suggérer au gouvernement d’utiliser les canaux qui conviennent pour porter l’information à l’ensemble des populations pour que ces dernières ne se laissent pas abuser. Car, fermer un établissement scolaire défaillant est une chose et se donner les moyens de suivre l’effectivité de la mesure, en est une autre. Et en la matière, les gouvernements qui se sont succédé à la tête de notre pays, ont tous brillé par leur inconséquence. L’on prend, en effet, des mesures pour se donner bonne conscience et après, on ne se préoccupe pas de savoir si oui ou non elles sont appliquées. Si ces établissements scolaires « boutiques » ont prospéré au Burkina, c’est à cause du laxisme de l’Etat. Mais l’on peut aussi pointer la responsabilité des parents d’élèves qui y inscrivent leurs enfants. En effet, certains parents sont ainsi faits qu’ils ne se préoccupent pas de savoir si l’établissement où ils inscrivent leur progéniture
est digne de ce nom. L’essentiel pour eux est de s’en débarrasser au moins pendant la journée. C’est pourquoi ce genre de parents d’élèves passent toute l’année scolaire sans se soucier de savoir ce que l’enfant fait à l’école. Et le fait d’être illettré ne suffit pas pour expliquer cette démission vis-à-vis de ceux qu’ils ont engendrés. De manière générale, le gouvernement gagnerait dans sa lutte contre les établissements clandestins, à augmenter l’offre éducative, surtout dans les zones périphériques des grandes villes. En effet, quand on dresse une carte géographique de ces établissement fantoches, l’on peut faire le constat que c’est dans ces zones qu’ils sont le plus implantés. Mais très souvent, il faut le reconnaître aussi, les parents d’élèves n’ont pas d’autre choix que celui d’y inscrire leurs enfants. Certes, ces derniers temps, l’Etat fait des efforts pour augmenter l’offre éducative, mais il peut et doit mieux faire. Une telle mesure a l’avantage non seulement de traduire dans les actes un des droits constitutionnels reconnus à tout enfant burkinabè (le droit à l’éducation) mais aussi de faire en sorte que les établissements scolaires clandestins meurent d’eux-mêmes, faute de clients.

Sidzabda

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