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FETE DE LA TABASKI AU BURKINA

Un grand moment de partage et de communion

La Tabaski ou Aïd el Kébir est la plus grande fête de la religion musulmane. Sur le plan de la foi, elle a lieu traditionnellement dans le dernier mois du calendrier musulman. Cette année, elle sera célébrée le 11 août au Burkina. Et les fidèles musulmans du pays des Hommes intègres s’apprêtent, comme de coutume, à sacrifier à la tradition de la commémoration du sacrifice d’Ibrahim qui n’a pas refusé son fils Ismael à Allah, en signe de soumission. Allah, après avoir éprouvé sa foi et dans son infinie bonté, lui suggéra finalement l’immolation d’un mouton. Et en cette avant-veille de fête, Ouagadougou, la capitale, commence à afficher l’aspect d’un vaste marché de bétail.
Généralement, les prix du mouton se négocient entre 45 000 F CFA ou un peu moins, et 600 000 F CFA voire plus. Qu’en sera-t-il cette année ? On attend de voir. Toujours est-il que généralement, il y en a pour toutes les bourses.

Les leaders religieux n’ont de cesse de vouloir donner du contenu au dialogue des religions

Mais dans cette quête du mouton du sacrifice, qui donne souvent lieu à des négociations serrées entre vendeurs et acheteurs, chacun y va de sa stratégie d’approche. Et en dehors des plus nantis qui n’ont souvent pas de soucis de trésorerie, certains attendront comme toujours le dernier jour où les vendeurs seront obligés de casser les prix, pendant que d’autres adopteront cette tactique pour ne pas risquer de se faire voler la bête acquise au prix de mille sacrifices.
Mais entre souci d’accomplir un devoir religieux et volonté d’agrémenter la fête de la famille, les Burkinabè trouveront le juste milieu pour se procurer la bête aux fins de célébrer, dans la joie, ce grand moment de ferveur religieuse, mais aussi et surtout de partage et de communion avec aussi les membres d’autres confessions religieuses. En effet, s’il y a une particularité que l’on peut relever au Burkina, c’est que, dans leur grande majorité, les chrétiens ne se privent pas des fêtes musulmanes comme la Tabaski et le Ramadan, de même que les musulmans ne se font pas prier pour accompagner les chrétiens dans la célébration des fêtes de Noël et de Pâques. Et cette année encore, on peut s’attendre, comme on a coutume de le voir dans ce pays, à ce que de hauts représentants du clergé s’affichent aux côtés des leaders religieux musulmans lors de la célébration de la grande prière de ce dimanche. Une pratique qui pourrait choquer les extrémistes mais qui a bel et bien cours au pays des Hommes intègres où elle est plutôt bien accueillie par les fidèles de ces deux religions qui y comptent le plus de fidèles. Et cela est à encourager, en ce qu’elle traduit la réalité de la tolérance religieuse dans ce pays où les leaders religieux n’ont de cesse de vouloir donner du contenu au dialogue des religions.

Il importe de savoir rester dans la mesure pour que le festif ne prenne pas le pas sur le spirituel

En tout cas, c’est un acte qui peut paraître anodin, mais qui a toute son importance dans ce contexte de lutte contre le terrorisme où les fondamentalistes, par des attaques récurrentes ciblées de lieux de culte, tentent de semer la zizanie entre les populations en les poussant à des affrontements intercommunautaires et interreligieux. Mais en s’affichant les uns aux côtés des autres dans de tels moments de dévotion, les leaders religieux envoient un message fort aux populations qui ont aussi compris qu’il ne faut pas tomber dans le piège des terroristes. Et la meilleure réponse est le message de fraternité que donneront encore les Burkinabè à l’occasion de cette Tabaski 2019. Car, après la grande prière, entre visites de courtoisie et partage de repas, la fête se poursuivra dans les familles dans un esprit de convivialité avec les frères des autres confessions religieuses. De ce point de vue, l’on peut dire que la fête de la Tabaski est une fête éminemment africaine, qui transcende quelque peu même les religions. Et le moins que l’on puisse, c’est que cela participe de la paix, de la concorde, de la consolidation du tissu social et de la cohésion religieuse. En tout état de cause, tout le mal que l’on puisse souhaiter aux Burkinabè en général et aux fidèles musulmans en particulier, c’est de passer une bonne fête de Tabaski. Toutefois, il importe de savoir rester dans la mesure pour que le festif ne prenne pas le pas sur le spirituel. C’est aussi cela l’une des valeurs de la foi.

« Le Pays »

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