FETE DE NOEL : 82 blessés dont 2 décès à Yalgado

FETE DE NOEL    :  82 blessés dont 2 décès à Yalgado

 

 

Le mois de décembre est marqué par la célébration de deux grandes fêtes. Il s’agit de la fête de Noël, le 25 décembre et qui débute dans la nuit du 24 décembre, et de la Saint Sylvestre ou fête du Nouvel an, du 31 décembre au 1er janvier. Des périodes où les déplacements à l’intérieur des grandes villes ou entre différentes localités s’accroissent. Ce qui fait que la circulation est régulièrement perturbée et la conséquence, ce sont les accidents, souvent mortels. Au lendemain de la fête de Noël célébrée le 25 décembre dernier, nous avons effectué un déplacement au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO), le mardi 26 décembre 2017, pour faire un état des lieux.

 

41 blessés dont 2 décès et 27 libérés ont été enregistrés le 24 décembre et 41 blessés dont 23 libérés le 25 décembre, soit au total 82 blessés. Ce sont les chiffres enregistrés, selon une source hospitalière, au service de traumatologie du CHU Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) de Ouagadougou. Ainsi donc, la fête de Noël n’a pas été heureuse pour de nombreuses familles, tout comme elle n’a pas été de tout repos pour le personnel soignant de ce service. Et que dire des autres centres médicaux de la ville de Ouagadougou et d’autres contrées du Burkina ? Parmi les cas de blessés des 24 et 25 décembre derniers il y a certains que nous n’avons pas pu voir pour des raisons de soins et bien d’autres aspects qui nous ont été communiqués au moment de notre passage audit  centre entre 9h et 10h le 26 décembre. Sur les lieux, nous avons constaté de visu l’état de santé  du blessé Ablassé Tiemtoré qui attendait encore dans un véhicule personnel, dans l’espoir d’être consulté. Celui-ci ne pouvait pas s’exprimer, puisqu’il souffrait toujours du choc à la tête mais son père, Boukary Tiemtoré, domicilié au secteur 28 de Ouagadougou, a accepté nous expliquer les circonstances dans lesquelles son fils a été victime d’un accident le 25 décembre dernier : « Mon fils, du nom de Ablassé Tiemtoré, est venu de Zam, notre village, avec un enfant qu’il a laissé chez moi pour repartir au village dans la soirée du 25 décembre à moto. C’est 40 Kilomètres après Ouagadougou, précisément dans la localité de Nagrengo, qu’il a fait un accident en butant contre un ralentisseur. Nous avons été alertés aux environs de 22h avant de nous rendre sur les lieux ». Inconsciente, la victime a été transportée au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Nagrengo où elle a été réanimée, nous apprend son père, avant d’être évacuée au CHU-YO.

La famille Tiemtoré et son blessé y sont arrivés aux environs de 1h 30mn du matin, le 26 décembre. Sur place, les médecins ont demandé si la famille avait les moyens de payer les frais de scanner, afin que le patient puisse être ausculté aux fins de lui administrer les soins nécessaires et celle-ci n’hésita pas à s’exécuter. C’est autour de 2h du matin que le scanner a été fait et lorsque la famille a voulu prendre les résultats, il leur a été signifié que seul le médecin qui avait prescrit l’examen, avait le droit de le récupérer. « Nous avons porté l’information au médecin en question et jusqu’au moment où nous nous exprimons (NDLR : autour de 11h), ce n’est pas encore fait. Nous attendons toujours sans savoir de quoi souffre notre malade », nous confie Boukary Tiemtoré, tout en relevant que c’est une situation qui inquiète la famille. Mais Boukary Tiemtoré nous fait savoir qu’il s’est rendu compte que les Tiemtoré ne sont pas les seuls à être dans ce pétrin, puisqu’il dit avoir rencontré un autre accompagnant qui est aussi là depuis 2h du matin, soit au même moment que lui, et dont le malade, victime d’un accident de la circulation, était encore inconscient. Il a également fait le scanner sans avoir été examiné.

Et Fulgence Sandwidi, un autre accompagnant, d’évoquer le cas de son neveu, âgé de 36 ans, qui a été victime d’un accident de la circulation le 24 décembre. Et c’est de Koupèla que le blessé a été évacué à Ouagadougou, précisément au service de traumatologie du CHU-YO autour de 23h où, dit-il, il n’y avait pas de place. Il fallait donc faire comme les autres patients en occupant l’espace vide du hall du service. « Heureusement, nous avons trouvé une solution en occupant un lit vide sans demander la permission et jusque-là, tout se passe bien », fait savoir Fulgence Sandwidi. Ce dernier nous apprend que son neveu était en déplacement dans la localité de Bilanga, dans la province de la Gnagna, pour un travail avec des collaborateurs à moto. Selon les explications de la victime, relève-t-il, c’est en rentrant à Koupèla qu’une dame à bicyclette est tombée devant eux et c’est en tentant de l’éviter qu’ils sont tombés et le neveu a eu la cheville détachée de la jambe. Il a subi une intervention chirurgicale le 25 décembre et a fait une radiographie par la suite. « Tout s’est bien passé, mais le patient souffre après les effets de l’anesthésie. Nous attendons la visite du médecin pour voir comment calmer la douleur », a souligné Fulgence Sandwidi. Une dame, accompagnante, assise non loin de Fulgence et sur le visage de laquelle on lisait la tristesse, n’a pas voulu s’exprimer sur le cas de son malade. Suite à notre insistance, elle nous a confié brièvement que son patient a été victime d’un accident de la circulation le 24 décembre et a le bras droit cassé. Celle-ci espère que son malade s’en sortira, sans trop de dégâts.

Avec ce constat sur la situation de la fête de Noël, on s’interroge déjà sur ce que réserve celle de la Saint Sylvestre les 31 décembre 2017 et 1er janvier 2018, surtout que le service de traumatologie fonctionne avec des insuffisances.

On retient, nous apprend une source hospitalière, que l’autoclave (un gros appareil de stérilisation) est en panne depuis environ un an. Ainsi, cela oblige le service à se rendre au service de chirurgie viscérale pour la stérilisation. Et ce n’est pas tout, puisque le service de traumatologie n’a pas assez de boîtes de chirurgie telles que les équipements d’ostéosynthèses pour les interventions. La conséquence, c’est que, selon notre source, cela retarde la prise en charge des patients. En plus de cela, c’est un service à l’étroit qui, en temps normal, est débordé et tout s’aggrave en période de fêtes. Nous apprenons qu’au niveau du personnel qualifié, on compte quatre chirurgiens confirmés dont le chef de service qui est un hospitalo-universitaire, un officier de l’armée et deux autres sur lesquels on peut compter à plein temps. Ce qui explique souvent le fait que les praticiens de santé sont sous pression, car  les conditions de travail ne sont pas toujours réunies, nous confie une autre source, ajoutant que ces derniers subissent aussi la pression des accompagnants à travers parfois des injures. A quelques jours de la fête du Nouvel an, un praticien de santé interpelle les usagers de la circulation à un peu plus de respect du code de la route ou même à faire preuve de civisme pour éviter d’aborder la nouvelle année dans la douleur ou la tristesse.

Antoine BATTIONO

 

 

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1 Commentaire

  1. Brahma

    Comme le Président du Faso, Roch Kaboré aime le répéter souvent, la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. Les Forces de Défense et de Sécurité(FDS) du Burkina sont réellement à saluer pour leur courage et leurs efforts d’adaptation progressive à cette guerre asymétrique. Avec cette détermination remarquable de nos FDS, l’espoir reste permis d’en venir à bout de ce fléau des temps modernes, qui sème sporadiquement des drames dans des pays du nord et du sud. Le ministre de la sécurité qui a fait le tour de plusieurs commissariats de police et de gendarmerie à travers les régions du pays, a pu mieux évaluer les besoins d’équipements (armes, logistiques) et d’infrastructures de services à renforcer. C’est ainsi que le gouvernement pourra planifier de façon rationnelle les tâches d’équipement et de rénovation des lieux de travail des forces de sécurité. Les appuis des partenaires techniques et financiers en matière de sécurité sont aussi à saluer et à encourager, dans le sens d’un renforcement pour la sécurité publique au profit de tous. Félicitation au ministre d’Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré, pour sa proximité avec les troupes et son dynamisme pour des solutions pratiques dans l’appui aux agents de sécurité.

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