FRERE CHRISTIAN BOGLO A PROPOS DE LA CRISE AU PAREN : « J’ai dit à Bado et à Barry qu’ils formaient une union divine »  

FRERE CHRISTIAN BOGLO A PROPOS DE LA CRISE AU PAREN : « J’ai dit à Bado et à Barry qu’ils formaient une union divine »   

« Le jeudi 4 juin 2015, un certain Christian Boglo est venu m’inviter à une rencontre à trois (lui, Barry et moi) pour dissiper notre « malentendu ». Cette rencontre a eu lieu le lendemain vendredi 5 juin au siège du Parti ». Ainsi s’exprimait le Professeur Laurent Bado, lors du dernier congrès du PAREN, dans son « Mémorandum sur la gestion du PAREN par Barry Tahirou ».  L’homme cité comme médiateur n’est autre que Frère Christian Boglo alias As-Suit. Tout le monde le connaît pour être « l’homme des révélations ». Parmi les plus connues, celles sur les évènements des 30 et 31 octobre 2014, le démantèlement du Régiment de sécurité présidentielle et l’issue des élections couplées du 29 novembre 2015. On se rappelle qu’à l’occasion de cette présidentielle, le Frère avait indiqué que Tahirou Barry du PAREN serait élu président du Faso. Au moment où le PAREN de Tahirou connaît des difficultés, nous sommes allés requérir l’avis de Frère Christian Boglo alias As-Suit. Voilà ce qu’il nous dit.

 

 « Le Pays » : Est-il vrai que vous avez servi de médiateur entre le Pr Laurent Bado et Tahirou Barry ?

 

Christian Boglo : Je peux vous confirmer que j’ai joué le rôle de médiateur entre le Pr Laurent Bado et Tahirou Barry. Je confirme aussi que je suis l’initiateur de cette médiation.

 

Pourquoi avez-vous initié une telle médiation ?

Je connaissais déjà ce qui allait arriver après l’élection entre Tahirou Barry et Laurent Bado.  Parlant de médiation, je ne fais que ça à longueur de journée sur tout le territoire national. Quand Dieu dit que le Burkina Faso est Israël,  cela veut dire qu’il faut abandonner les bêtises.  Ils sont là, ils pillent, volent…. Dieu  a dit que le Burkina Faso est l’Israël d’Afrique et la lumière d’Afrique.  Quand Blaise Compaoré était là, j’ai écrit une lettre à tous les partis politiques qui étaient à l’Assemblée nationale.  J’ai fait le tour de tous  les sièges des partis politiques à vélo,  pour leur remettre la lettre.  Je voulais rencontrer le Bureau politique des partis pour leur expliquer l’avenir du Burkina Faso.  Aucun parti politique ne m’a reçu. C’est dans le cadre de cette lettre que  j’ai rencontré Antoinette Yaméogo qui est du PAREN, au siège de ce parti.  Nous avons échangé nos numéros de téléphone mais je suis resté distant.    Ma politique, c’est la vérité et la vérité divine.  Le spirituel, ce sont les fétiches, le wak.  Moi, je parle de vérité divine. C’est pour cela que je garde mes distances.  C’est cette dame qui m’a appelé avant les élections -il était  presque 22 h- pour me dire ceci : « Frère Christian, sauvez-nous,  il y a une situation complexe. Le PAREN va exploser. On fait tout pour réconcilier Tahirou Barry et  Laurent Bado, mais ce dernier a refusé ».    Quand j’ai raccroché le téléphone, l’Esprit-Saint m’a parlé et  j’ai rappelé  la dame pour lui demander ce qu’il fallait faire. Elle me dit d’appeler Laurent Bado.  Je l’ai appelé pour demander un rendez-vous.  Il a accepté, et le lendemain, nous nous sommes rencontrés.  Je lui ai expliqué que lui, Laurent Bado, était la queue et Tahirou Barry la tête.  C’est une force divine ; deux personnes ; l’expérience et la jeunesse. Et que leur avenir était rayonnant pour l’avenir de cette nation bénie qu’est le Burkina Faso.  Je lui ai expliqué que ce qu’on leur a fait, visait à les diviser.  C’est un  travail de marabout. Ce sont deux statuettes qu’on joint ensemble et on les lie. J’ai aussi écouté les griefs qu’il avait contre Tahirou Barry.    Je lui ai demandé le numéro de Tahirou Barry et je l’ai appelé devant lui.  Je l’ai rencontré et nous avons fixé un rendez-vous à trois. Les deux ont respecté le rendez-vous.  Je leur ai  dit  qu’ils formaient une union divine.   L’ennemi veut entrer, mais à eux de le jeter dehors. C’est très important pour le Burkina et l’Afrique.  Ce jour-là, Laurent  Bado et Tahirou ont, tour  à tour,  dit tout ce qui n’allait pas. Et à la fin, ils se sont salués avant de se séparer.

 C’était quand ce rendez-vous ?

 

Avant les élections présidentielle et législatives, mais je  ne peux pas donner la date exacte.  C’est ce qui a été fait et j’ai continué à rendre visite de temps en temps à Laurent Bado, mais pas à Barry.  Pour ceux qui ne savent pas, j’ai eu le Pr Laurent Bado comme professeur à l’école de droit.

 Qu’est-ce qui était arrêté à l’issue de la médiation ?

 

Une entente entre les deux.  Chacun avait dit ce qu’il pensait du fond du cœur et   ils  se sont excusés.  Les deux sont restés dans le même bateau et les choses ont continué.  Je ne suis pas  quelqu’un qui allait les suivre tout le temps pour savoir ce qui ne va pas.  Ce n’est pas un couple.

 Comment avez-vous donc accueilli le clash entre les deux parties ?

 

Il m’est revenu qu’il y a des gens qui continuent de se demander si mes révélations sont  précises. Or, quelles que soient les tournures des évènements, une révélation est une révélation.  Moi-même, si j’ai une révélation et  que je  ne la donne pas, je  ne peux pas manger ni dormir.  Être un  homme de prières et de jeûne et que   Dieu vous confie des messages, c’est un fardeau  plus  lourd que tous les fardeaux du monde. Que voulez-vous que je fasse ?   J’ai appris les différentes tensions, les différentes situations conflictuelles entre Tahirou Barry et son père  Laurent Bado.  Je ne peux pas courir derrière certains partis politiques.  Actuellement, l’atmosphère politique est viciée,  pourrie. Nous n’avons jamais  eu une telle situation au Burkina où l’atmosphère politique  est aussi  polluée, aussi viciée. Je suis  resté à l’écart parce  que, selon ce que nous avions dit,  je ne peux pas dire qui a raison et qui a tort.  Je suis un homme de Dieu, de jeûne, de pureté, de sincérité. Je  ne peux pas entrer dans ces détails-là. On ne m’a pas appelé.  Laurent Bado et Tahirou Barry ont chacun   mon numéro de téléphone, mais personne ne m’a dit  de venir au secours.   Que Dieu les aide parce qu’un être humain, c’est la paix, et cela, que l’on soit politicien ou autre.

Avec ce qui se passe au PAREN aujourd’hui, est-ce que vous avez le sentiment d’avoir échoué ?

 

Non. Je n’ai pas du tout échoué !     J’ai fait ma part de boulot à un moment précis.   Tout est écrit  par Dieu.  Actuellement, il y a une agitation politique pour détruire Barry. Moi-même, je suis attaqué sur tous les plans.  Du visible à l’invisible, du naturel au surnaturel.  On a  tenté de me suivre pendant des mois avec un véhicule de type 4X4, toutes les nuits.  Qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Des complots et des complots. J’ai toutes les preuves.

 

 Vous avez-dit qu’il y a une conspiration pour faire tomber Tahirou Barry. Qui peut être derrière cela ?

 

Je ne peux juger personne.  Je vous dis sur un plan général, ce que je constate. On arrive même à mettre sur le net, ma photo à côté de  celle de Tahirou  Barry.  Je ne suis d’aucun parti politique. Quand vous regardez ce qui se passe, c’est de l’ingratitude et de la méchanceté.  Tous ceux qui pensent me détruire et détruire mes révélations,  seront détruits.  Parce que ce n’est pas moi qui parle. Moi-même, j’ai peur de celui qui fait que je parle. C’est pour cela que je mène cette vie.  Je préfère mourir 100 fois cruellement que de m’opposer à celui qui me parle.  Les gens  s’amusent parce qu’ils sont adossés aux  marabouts dits  puissants.

Croyez-vous  que c’était la meilleure façon de régler la crise au PAREN ?

 

Je vous en supplie, ne me posez pas   de telles questions politiques.  Je ne suis pas un homme politique. Je suis un homme de prières et de jeûne.  A tout homme politique, je dis la vérité.  Tout comme je l’ai dite à Blaise Compaoré,  au Général Gilbert Dienderé, à Yacouba Isaac Zida.  Ce qui se passe actuellement entre Laurent Bado et Tahirou Barry, je n’en sais rien. Car, personne ne m’a appelé.  Si on m’avait  appelé, je serais intervenu. On ne m’a rien demandé. Donc, je ne mets pas mon nez dedans. Surtout au stade  actuel de la politique.

Pensez- vous que cette crise était évitable ? 

 

Selon ma vision,  selon  mes révélations, il serait souhaitable que cette crise n’ait pas lieu pour l’avenir du Burkina Faso  et de l’Afrique. Mais je ne suis pas Dieu.  Dieu est souverain. Par tous les chemins qu’il passe, c’est pour accomplir ses desseins et   ses souhaits.   Dieu sait pourquoi. C’est lui qui sait tout, le chemin qu’il prépare pour que son rêve se réalise.  De toute façon, j’ai dit à  Laurent Bado qu’il était la queue et Tahirou Barry la tête.  J’ai même expliqué. J’ai  dit que le prénom Laurent est composé  de sept lettres. Ce qui veut dire que tout est accompli.   Le prénom Tahirou  est également composé de sept lettres.   Les noms Barry et Bado sont composés de quatre lettres. 4 c’est divin. Je  l’ai expliqué à Barry et à Bado. Je leur ai dit de bien se serrer les coudes pour que rien  de mal n’arrive entre eux. Si quelque chose est entré, je ne sais pas pourquoi.  Je leur ai expliqué le fond de ma révélation.

Comment entrevoyez-vous  l’avenir politique de Tahirou Barry ?

 

Je vais vous renvoyer une question. Combien d’années Nelson Mandela est-il resté en prison ? De la prison, où  est-il parti ? A la présidence.  Je précise encore,  avec une fermeté, de toute mon énergie,  que mes révélations sont imparables, inviolables, même si Dieu a permis, pour des plans qu’il connaît,  que Roch  Marc Christian Kaboré soit au pouvoir.  Tout pouvoir est donné par Dieu et il sait pourquoi.

Propos recueillis par Issa SIGUIRE

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