GAMBIE : Un an après le dictateur, la mue s’opère difficilement

GAMBIE : Un an après le dictateur, la mue s’opère difficilement

Le 21 janvier 2017, Yahya Jammeh prenait le chemin de l’exil, sous les regards tristes de ses partisans et gais des Gambiens qui humaient déjà le vent du renouveau démocratique, après 22 ans de dictature féroce. On le sait, il avait été contraint par la CEDEAO de céder le pouvoir qu’il avait perdu au sortir de la présidentielle du 1er décembre 2016. Et l’ancien dictateur de la Gambie pose ses pénates au pays de Teodoro Obiang, un autre satrape à son image. Une nouvelle ère venait ainsi de s’ouvrir en Gambie, avec de nombreux et grands espoirs. La question que l’on est en droit de se poser, un an après, est celle de savoir si Adama Barrow a satisfait aux  attentes des populations. L’on peut mettre à l’actif du nouveau leader gambien, l’élargissement des espaces de liberté. En effet, la parole a été libérée en Gambie. Symbole de cette liberté retrouvée, l’on peut aujourd’hui formuler des critiques ouvertes contre le président et l’action gouvernementale, sans craindre de perdre la vie ou d’aller croupir dans les cachots du régime, comme sous le régime de Yahya Jammeh. Ça, les défenseurs de droits de l’homme le reconnaissent. Mais, pour eux, l’arbre ne doit pas pour autant cacher la forêt gambienne où les mêmes lois liberticides ne sont toujours pas abrogées. Ce qui amène à se demander si le nouvel homme fort de Banjul ne va pas un jour les utiliser comme une épée de Damoclès, quand il se sentira contrarié par les critiques de l’opposition ou d’autres forces de contrepouvoir.

Il reste que le peuple s’impatiente

Par ailleurs, il faut dire que le changement politique intervenu il y a un an, ne semble pas avoir de répondant au niveau économique, au point d’impacter les conditions de vie des Gambiens en proie aux affres de la précarité et de la pauvreté. Certes, l’on peut comprendre que le nouveau président a besoin de temps pour dessoucher l’économie des racines du système de Yahya Jammeh bâti sur le narcotrafic, les contrebandes de toutes sortes et la corruption et créer de nouvelles conditions attractives pour les investissements. Mais, il reste que le peuple s’impatiente, tenaillé par la faim, suite aux 22 ans de prédation de l’ancien régime. Et il faut craindre la réaction de ce peuple qui ne boudera pas les nouveaux espaces de liberté pour se faire entendre. En tout cas, Adama Barrow doit faire en sorte que les Gambiens ne regrettent pas Yahya Jammeh qui compte encore des sympathisants qui commencent à donner de la voix pour le retour de leur mentor.

D.T

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