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GUEZOUMA SANOGO, JOURNALISTE, à propos de son agression par un gendarme :

GUEZOUMA SANOGO, JOURNALISTE, à propos de son agression par un gendarme :

Notre confrère de la Radio nationale, Guézouma Sanogo, par ailleurs président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), a été physiquement agressé, le 12 mai 2017 à Kaya, par un gendarme lors de la cérémonie d’ouverture de la Journée nationale du paysan (JNP). Cet incident avait suscité le courroux des journalistes présents à cet événement, qui avaient décidé de boycotter la couverture médiatique de l’événement. Et depuis, les réactions s’amplifient sur la toile. Chacun y va de son commentaire. Mais que s’est-il exactement passé ce jour-là, pour qu’on en arrive là ? Le journaliste avait-il réellement franchi le cordon de sécurité ? Comment se porte-t-il ? Pour avoir des réponses à ces questions, nous avons tendu notre micro à la victime, hier 14 mai.

« Le Pays » : M. Guézouma Sanogo, comment vous portez- vous après votre agression du 12 mai dernier ?

Guéssouma Sanogo : Je me porte bien. Ça va. Depuis le jour même de l’incident, j’ai continué à travailler. Je n’ai pas déposé le micro et le stylo.

Dites-nous ce qui s’est réellement passé ce jour-là, pour qu’on en arrive à cette
situation ?

J’ai franchi une corde pour aller me soulager. Au retour, j’ai franchi la même corde sans que personne ne me dise qu’on ne passe pas par là. J’étais presque même arrivé à ma place, lorsque j’ai été interpellé par un gendarme qui était arrêté devant la corde. Il m’a demandé de ressortir parce qu’il est interdit de passer là-bas. Etonné, je lui ai répondu que j’étais pratiquement arrivé à ma place et que c’était inutile de ressortir. C’est à ce moment qu’il m’a rejoint et a commencé à tempêter sur moi. Il m’a donc bousculé premièrement, violemment. Je lui ai montré le badge que je portais au cou et il ne l’a même pas regardé. Il a alors continué à me bousculer jusqu’au niveau de la corde où il m’a violemment bousculé encore trois fois. J’étais tellement surpris que je ne m’en revenais pas. Et le temps que je me rende compte de l’ampleur de l’évènement, il m’a fait basculer à terre.

Ce qui veut dire que vous avez eu à lui présenter votre badge ?

Oui, j’ai bien brandi mon badge, mais il ne l’a même pas regardé. Même si je n’avais pas de badge, est-ce normal qu’un agent des forces de l’ordre qui est là pour la sécurité des personnes, puisse violenter un citoyen de la sorte ?

Quelle suite souhaiterez-vous donner à cet incident ?

J’y étais en mission. C’est quelqu’un qui m’a envoyé en mission. Donc, c’est lui que je regarde. Du reste, il y a des organisations professionnelles auxquelles j’appartiens et elles sauront quelle suite donner à cet incident. Sinon, pour le moment, personnellement, je n’ai pas encore décidé de la suite à donner à l’incident.

Propos recueillis par Mamouda TANKOANO

 

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5 Commentaires

  1. Hector

    Dommage que cet incident entre un gendarme et un journaliste soit survenu lors de la journée nationale du paysan à Kaya.Le ministre d’Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré et le Conseil Supérieur de la Communication(CSC) ont conjointement organisé des séances de sensibilisation sur la collaboration responsable qui doit exister entre les forces de sécurité et des hommes de médias, afin que chaque partie joue son rôle sans empiéter sur le travail de l’autre. Beaucoup d’agents de sécurité ont bien compris cet esprit de collaboration qui doit prévaloir. Ce sont des principes qu’il faut absolument enseigner à tout agent de sécurité qui fait fonction nouvellement dans la sécurité auprès des personnalités lors de cérémonies officielles où des journalistes sont mobilisés. Il convient aussi que les organisateurs des manifestations prévoient des places assises pour les médias soit dans les tribunes ou à côté, pour éviter des bousculades et incompréhensions et appréhensions entre reporters et forces de sécurité. Cet incident ne doit pas être dramatisé et devrait servir de leçon pour qu’à l’avenir de tels comportements ne se reproduisent plus.

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  2. Roger

    Les journalistes burkinabè devraient cultiver davantage l’esprit de la modestie et de l’humilité.On a l’impression que les journalistes se croient tout permis de critiquer autrui mais quand il s’agit de faire leur auto-critique,ils sont réticents.Comment un journaliste dans le contexte actuel de terrorisme peut se permettre de franchir une barrière de façon anormale? Et si c’était un terrorisme,il aurait pu commettre un drame n’eût été la prompte réaction du gendarme.Les journalistes doivent faire honneur à leur profession par des comportements sages et respectables.

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  3. Edgar

    Le terrorisme étant une guerre asymétrique et un fléau des temps modernes, il importe que les forces de sécurité soient mieux outillées pour faire face à ce combat. La formation continue s’avère donc une nécessité à cet effet. Le ministre d’Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré a bien été inspiré pour initier une formation spéciale anti-terroriste à l’attention d’éléments de la police et de la gendarmerie pour une meilleure intervention en cas de menaces terroristes à Ouagadougou et environnants. Cette unité spéciale pouvant se déporter dans d’autres localités du Burkina en cas de besoin, cela est une bonne mesure sécuritaire à saluer. Après avoir fait le tour des commissariats de police et de brigades de gendarmerie de l’ouest du Burkina récemment, le ministre de la sécurité a constaté de visu les réalités de ces forces de sécurité. Cela lui permettra avec l’aide du gouvernement et de partenaires au développement, de trouver les moyens nécessaires pour l’équipement progressif de ces forces de sécurité et la construction de bureaux adéquats pour leur permettre de bien accomplir leur mission. Félicitation au ministre de la sécurité pour son dynamisme et son pragmatisme qui lui permettent de trouver des solutions idoines aux préoccupations de la police et de la gendarmerie, deux corps qui jouent un rôle de premier plan dans la sécurité publique au profit de tous.

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  4. Maria de Ziniaré

    Imbu de son badge de journaliste il a refusé d’optemperer aux forces de l’ordre après avoir enfreint au dispositif de sécurité. Au USA comment un tel comportement serait traité par les forces de l’ordre?.
    J’attend la version du gendarme

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