HADJ 2018 : « Le pèlerinage n’est pas une compétition… »

HADJ 2018  : « Le pèlerinage n’est pas une compétition… »

 

Ceci est un point de vue de Daouda Sidibé, conseiller des affaires étrangères, sur l’organisation du Hadj 2018. Lisez plutôt !

Le Hadj est fini et bien fini. Les stress du début de son organisation, tant au niveau du gouvernement, du Comité national de suivi du pèlerinage à la Mecque, des Associations islamiques, des Agences de voyage que des candidats au Hadj, eux-mêmes, ont laissé maintenant la place à une satisfaction, somme toute, légitime et à la joie d’une mission réussie et bien accomplie.
Le succès de cette édition n’est pas l’œuvre d’une seule personne ni celle d’un groupe de personnes. C’est le résultat d’une franche collaboration entre les différents intervenants dans le Hadj : gouvernement, Associations islamiques, Agences de voyage et Comité national de suivi du pèlerinage à la Mecque. Comme quoi, quand on veut on peut.
Ceux qui ont suivi mes différents écrits dans les colonnes du grand quotidien  émérite « Le Pays » ont dû remarquer que je n’ai pas tari de critiques, d’observations, de conseils et d’encouragements à l’égard de tous les intervenants dans le Hadj.
Les observations que j’ai eues à faire sur son organisation et sur certains comportements dévoyés de certains délégués d’Agences de voyage, d’Associations islamiques et même de certains pèlerins, ont été, d’une manière ou d’une autre, prises au sérieux.
Dans le souci que le Burkina Faso réussisse l’organisation du Hadj, le président du Faso m’avait fait recevoir le 5 mars 2018 par son ministre de l’Administration territoriale avec lequel j’ai échangé sur les meilleurs moyens de réussir l’organisation du pèlerinage.
Plus tard, en juin 2018, sur instructions de Monsieur le président du Faso, j’ai été reçu par son directeur de cabinet à qui j’ai donné des avis et prodigué des conseils dans le sens de l’amélioration de l’organisation du Hadj.
Aujourd’hui, le Burkina a été distingué par l’Organisation saoudienne des Moutawif (Logeurs de pèlerins) grâce aux efforts des uns et des autres.

Tout le mérite en revient à Son Excellence Monsieur le président du Faso qui avait fait de l’organisation du Hadj un véritable défi qu’il faut réussir, aux Associations islamiques, aux Agences de voyage, au président du Comité national de suivi du Hadj et à ses collaborateurs.
Mais, je dis ceci à tout ce beau monde : « Ne dormez pas sur vos lauriers ». L’organisation du pèlerinage n’est pas une science exacte. Vous avez été distingués cette année. Mais, ce n’est pas évident que vous le serez l’année prochaine, si vous relâchez ou si vous ne fournissez pas les efforts requis pour cela.
Beaucoup de personnes m’ont approché pour me dire qu’elles ont appris que notre pays a eu une distinction pour l’organisation du Hadj. Ces personnes m’ont demandé si cela veut dire que le Burkina a été reconnu comme étant le pays qui a le mieux réussi l’organisation du Hadj ; ou, si de tous les pays ayant participé au Hadj notre pays était reconnu comme le meilleur par rapport à l’organisation du pèlerinage.
Cela m’a un peu fait sourire. Je leur ai répondu que cela ne veut dire ni l’un ni l’autre ; que cela veut dire tout simplement que le Burkina a fait des efforts louables et des pas remarquables dans l’organisation du Hadj et qu’il doit persévérer dans ce sens.
Le jour où le Burkina excellera réellement dans l’organisation de son Hadj, la distinction ne viendra pas de l’Organisation saoudienne des Moutawif (Logeurs de pèlerins), mais du ministère saoudien du Hadj ou de plus haut ;  suivez mon regard.
Le pèlerinage n’est pas une compétition où les uns et les autres doivent s’affronter en vue de la désignation d’un vainqueur et d’un vaincu.
Tous les intervenants doivent y travailler avec dévouement et abnégation de manière à mettre nos pèlerins à l’aise dans l’accomplissement de leur Hadj et de façon à réussir les différentes phases de son organisation. Il n’y a aucun doute que l’organisation du Hadj cette année a été, de loin, meilleure par rapport aux éditions précédentes. Mais, de là à dire que de tous les cent trente (130) pays environ ayant participé au Hadj, le Burkina était le numéro un dans l’organisation de celui-ci, comme semblent insinuer certaines personnes, est véritablement une aberration.
Donnons à nos actes leurs véritables dimensions. Accomplissons-les comme il se doit sans exagérer les acquis, mais aussi sans les minimiser. Restons ambitieux, mais humbles.
Nos organisateurs du Hadj, avec à leur tête, l’Administration territoriale et le Comité de suivi doivent encore, au cours des éditions prochaines, travailler d’arrache-pied en vue de corriger les quelques imperfections tant au niveau des hommes que de l’organisation. La satisfaction de nos pèlerins est la plus grande des distinctions que l’on puisse avoir après, bien sûr, celle d’Allah, le créateur.
Dans un de mes articles, publié dans le journal « Le Pays » n° 6617 du vendredi 22 juin 2018, je disais ceci à l’attention des membres du Comité national de suivi du pèlerinage à la Mecque, citation : « Tous les membres doivent se mettre en tête qu’ils accomplissent là, un devoir religieux de très haute importance et une mission divine au service des hôtes d’Allah et de la Maison sacrée, bénie par lui, Allah, depuis la nuit des temps. Ils doivent se dire que s’ils accomplissent leurs tâches avec sérénité, dévouement et honnêteté, non seulement ils auront la récompense suprême d’Allah, que tout bon croyant recherche avec abnégation, mais, aussi ils auront la reconnaissance de tout le pays. Ne mettez donc pas en avant, chers membres du Comité de suivi, la recherche effrénée des biens matériels au détriment de la récompense divine et des valeurs morales et spirituelles qui sont les fondements de votre religion et de votre foi…», fin de citation.
Mes observations, mes conseils et mes recommandations ne valaient que ce que valaient ceux qui les ont reçus ; et ils ont démontré que non seulement ils savent travailler et être sérieux, mais aussi, qu’ils savent écouter les observations et les conseils. Un adage dit : « Qui demande conseil ne se trompe jamais ».  Continuez donc ainsi, chers intervenants dans le Hadj et vous ferez honneur à vous-mêmes d’abord, à votre pays et aux musulmans du Burkina Faso tout entier.

Daouda SIDIBE

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