HERVE HONLA, JOURNALISTE CULTUREL A PROPOS DE SON MAL « Je me fie plus au diagnostic des médecins qu’à la thèse de l’envoûtement »

HERVE HONLA, JOURNALISTE CULTUREL A PROPOS DE SON MAL     « Je me fie plus au diagnostic des médecins qu’à la thèse de l’envoûtement »

 

Depuis le 15 juillet 2018, l’homme souffre d’un mal dont il dit ignorer l’origine. Et vu ses positions souvent tranchées par rapport à la critique des œuvres produites par les artistes-musiciens, d’aucuns ont vite fait de lier son mal à un sort qu’on lui aurait lancé. Même Hervé Honla, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a reconnu avoir, par moments, pensé à une telle éventualité. Pour en savoir davantage sur son mal, l’évolution de celui-ci, le diagnostic établi par les médecins traitants et les soutiens dont il bénéficie, nous avons rencontré Hervé Honla, journaliste culturel à « Oxygène Mag. Info » et promoteur des 12 PCA (12 personnalités culturelles de l’année), le 31 juillet dernier à son domicile sis au quartier Nagrin de Ouagadougou. Malgré le mal dont il souffre au pied droit, l’homme avait tout de même un visage radieux car, des visiteurs étaient venus chez lui pour s’enquérir de son état de santé et mieux, lui apporter leur soutien. C’est dans une ambiance bon enfant que ce journaliste culturel bien connu des acteurs du show-biz et des médias burkinabè, a apporté des éléments de réponses à nos différentes questions. Et contrairement à ce que d’aucuns pensent, Hervé Honla dit se fier plus au diagnostic des médecins qu’à la thèse de l’envoûtement. Lisez plutôt !

 

« Le Pays » : Depuis quelques jours, vous souffrez d’un mal. Depuis quand exactement en souffrez-vous?

 

Hervé Honla : C’est depuis le 15 juillet 2018 que j’ai commencé à souffrir d’un mal au pied droit. C’est un mal que je n’ai pas compris au départ, parce qu’il a débuté de façon brusque. En effet, j’étais à un reportage pour un événement culturel auquel Jérome Zoma m’avait invité. Soudain, j’ai senti une petite fièvre et je me suis dit que c’était certainement lié à la période de la saison des pluies que nous vivons. Un de mes collègues m’a même remis des cachets que j’ai tout de suite pris et cela m’a soulagé. Mais quelques heures après, j’ai senti des picotements au niveau de ma jambe droite. Quelques heures plus tard, j’ai constaté que mon pied enflait. Deux jours après, le pied continuait de s’enfler et il a fallu qu’on m’interne dans une  clinique de la place. C’est là-bas qu’on a constaté qu’il s’agissait d’une infection. Compte tenu de l’évolution rapide de ce mal, on a jugé bon de faire des examens, on a même fait un bilan de santé et on n’a rien trouvé d’anormal. La radiographie que nous avons aussi faite, n’a rien révélé d’anormal. Il a fallu procéder à une opération.

 

Justement, vous avez rencontré des médecins. Qu’ont-ils posé comme diagnostic et qu’envisagent-ils de faire?

 

Le premier diagnostic était déjà de se poser la question de savoir pourquoi le pied s’est rapidement enflé. Ils ont tâté mon pied, et ils ont constaté qu’il y avait du pus à l’intérieur. Face à ce constat, les médecins ont pris la décision d’inciser le pied afin de faire sortir le pus. Après cela, je leur ai demandé ce que c’était exactement. C’est là, qu’ils m’ont dit que ce devait être dû  à une infection, que j’ai certainement eu une plaie quelque part qui a dû causer cette infection. Donc, jusqu’à l’heure où je vous parle, c’est le même diagnostic qui a été établi.

 

En lisant votre post sur la toile, on a le sentiment que vous liez votre mal à des forces occultes. Pourquoi pensez-vous cela ?

 

Je ne dirai pas que c’est lié forcément à des forces occultes. Il fallait d’abord que je pose la question aux médecins pour savoir exactement ce qu’il en était. Et ce sont eux qui m’ont dit qu’il s’agissait d’une infection, une plaie que j’ai dû négliger quelque part et qui a causé cette infection. Mais, après, comme nous sommes en Afrique, il y a eu beaucoup d’amis, de collègues, la famille et des artistes qui, sachant que je suis dans un milieu un peu ouvert, et au regard aussi de mes positions parfois tranchées sur certains sujets, ont pensé que cela a pu peut-être susciter des réactions négatives de certaines personnes à mon encontre. C’est cela qui m’a aussi amené à me poser des questions, en me demandant si ce n’est pas naïf de ma part d’être aussi ouvert avec tout le monde 24 heures sur 24, dans des milieux nocturnes et parfois difficiles et avec des gens parfois peu recommandables. Bref, ce sont des réactions de ce genre qui me parvenaient de la part de mes amis et parents qui se demandaient si ce ne sont pas des gens qui m’en voulaient de façon mystique.  Je ne suis pas tellement de cet avis, je me fie plus au diagnostic des médecins qu’à la thèse de l’envoûtement. Mais, étant donné que nous sommes en Afrique, j’y ai aussi pensé et j’y pense toujours. Cependant, j’ai beaucoup plus mis ma guérison sur la foi. Je suis un journaliste chrétien, qui a grandi dans la religion protestante mais qui, malheureusement, n’est pas pratiquant. Cette situation m’a permis de me remettre en cause par rapport au milieu d’où je viens et dans quelle spiritualité je suis actuellement. Après plus de 40 ans de vie sur terre, est-ce qu’il faut être aussi ouvert comme cela ? N’est-il pas temps de penser à la spiritualité, de plus prier et de plus penser à moi-même, à ma famille, au lieu d’être ouvert envers tout le monde alors que tous ne viennent pas vers moi avec un cœur saint? Ce sont autant de questions que je me suis posées.

Etes-vous sûr que le véritable diagnostic a été posé?

 

Pour le moment, je peux dire que je suis sûr à 80  voire 90% du diagnostic qui a été posé, parce que j’ai posé beaucoup de questions aux médecins par rapport à ce diagnostic. Actuellement, nous sommes à la phase de pansement alors que je ne m’y attendais pas.  Une ou deux semaines après, le pus a disparu et les médecins me rassurent que dans une ou deux semaines, je serai sur pied. Cela me rassure. Donc, je peux prendre cela comme un diagnostic convainquant, au regard de l’évolution positive du traitement parce que je ne ressens plus la forte douleur que je ressentais au début. On fait juste des pansements avec de la pommade et cela ne peut que me rassurer davantage. C’est vrai que c’est une maladie et de ce fait, elle peut resurgir ou disparaître complètement. Donc, il faut rester prudent.

 

Quels sont les soutiens dont vous avez bénéficié ?

 

Là, je suis un peu surpris. C’est vraiment le paradoxe. Contrairement à ce que d’aucuns pensaient en liant mon mal à mes rapports parfois conflictuels avec certains artistes, il y a une solidarité incroyable.

 

« Il y a une solidarité incroyable »

 

Il y a beaucoup de gens, des connaissances comme des personnes que je ne connais pas, qui appellent du Burkina, de mon pays d’origine le Cameroun, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de la France, etc., et qui me soutiennent financièrement. Parmi eux, il y a des acteurs culturels, des hommes politiques, des sportifs, etc.  Il y a également des médecins qui appellent pour  connaître le diagnostic. Certains se déplacent à la maison, d’autres à la clinique pour s’enquérir de mon état de santé. Je dois avouer que certains artistes avec lesquels j’ai des différends par rapport à mes analyses, sont venus m’apporter leur soutien moral, parfois financier et continuent de m’écrire et cela m’encourage davantage. Vivre 24 heures sur 24 dans le show-biz et se retrouver deux semaines sans rien faire, sans pouvoir se déplacer à 2, 3, 4 mètres chez moi, au salon, c’est pénible. Certes, la famille est là, mais la nuit, avec surtout la douleur, ce n’est pas facile.   Mais, j’avoue que j’ai été surpris de la réaction positive des gens et je profite de l’occasion que vous m’offrez pour leur exprimer ma gratitude.

 

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA

 

 

 

 

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