INSECURITE A BARANI : Le DRENA au chevet des enseignants « déserteurs »

INSECURITE A BARANI   : Le DRENA au chevet des enseignants « déserteurs »

Une délégation de la Direction régionale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle de la Boucle du Mouhoun est allée  échanger avec les enseignants de la Circonscription d’éducation de base de Barani. C’était le lundi 15 janvier dernier et ce, suite à l’assassinat d’un chef dozo  à Koubé dans la commune de Barani, le 13 janvier dernier. Cet acte odieux a créé la psychose dans la localité, notamment au niveau des enseignants qui ont préféré déserter les lieux.  

Ces échanges ont été initiés,  selon Brahima Sanou, Directeur régional  de l’éducation préscolaire, primaire et non formel de la Boucle du Mouhoun, à la suite de l’assassinat d’un chef dozo dans la nuit du 13 janvier  à Koubé ; un village situé à une quarantaine de kilomètres  de Barani dans la Kossi. Cette situation a  créé la  psychose au niveau des écoles environnantes.  Douze enseignants et leurs familles  ont déjà quitté les lieux.  « Nous sommes  venus vous dire de ne  pas céder à la panique ; il ne faut pas céder à la psychose.  On ne peut pas atteindre des objectifs en enseignant avec la peur dans le ventre », a indiqué Brahima Sanou. Il a en outre exprimé ses encouragements, son réconfort et son soutien aux enseignants de la CEB de Barani. « S’il y a bien des mesures qui vont être prises pour notre sécurité, qu’elles soient prises rapidement parce que nous ne voulons pas attendre comme au Sahel qu’il y ait des morts», a répondu André Nadiabou, un enseignant. « Mon poste est à une vingtaine de kilomètres de Koubé où le chef dozo a été abattu. Quand j’ai appris que les collègues désertaient leurs postes, j’ai eu peur et je comptais  rentrer à Bobo, mais mon directeur m’a rassuré. Hier nous avons dormi dans un village voisin situé à 3 kilomètres de notre poste», a témoigné  Assita Sawadogo/Traoré, enseignante à Wéréssé. Et Abdoul Kader Simporé,  directeur de l’école de Nabasso Soudogo, d’ajouter : «  Depuis que j’ai appris que les collègues désertaient,  j’ai quitté le poste pour rejoindre Barani. Pour le moment, nous pouvons dire que les échanges avec le DR ne sont que des simples mots du médecin après la mort », dit-il avant de conclure : « On va essayer vraiment de continuer la lutte et notre travail quotidien mais ce n’est pas simple ».

Pendant deux heures d’horloge, et après avoir écouté le message de la délégation, les enseignants ont donc, sans langue de bois, posé leurs préoccupations. Des préoccupations essentiellement axées sur leur sécurisation  et celle des écoles, le retour de leurs camarades « déserteurs », les difficultés liées à l’avancement de leurs dossiers.  « Ils ont été très réceptifs aux messages ; ils ont compris que les premières armes qui doivent lutter contre le terrorisme d’abord,  ce sont les armes qui seront développées par eux-mêmes  et ils en sont conscients», a dit Brahima Sanou, à l’issue des échanges.  Le DR a invité les acteurs du monde éducatif de la CEB de Barani à rester sereins.

Arnaud Lassina LOUGUE

(Correspondant)

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