INSTALLATION D’UNE CIMENTERIE DANS LA ZONE AGROALIMENTAIRE DE BOBO : Des industriels mécontents

INSTALLATION D’UNE CIMENTERIE DANS LA ZONE AGROALIMENTAIRE DE BOBO   :  Des industriels mécontents

 

 

Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso, abrite quelques industries pour booster le développement du pays. C’est le cas de la zone agroalimentaire sise sur la route de Bama, où des entreprises industrielles agroalimentaires sont créées. Récemment, une cimenterie aurait été autorisée par le ministère de l’Environnement,  à opérer dans la même zone. Cette situation n’est pas sans inconvénients, dans la mesure où ladite usine est source de grande pollution influençant négativement la production agroalimentaire. En dépit des plaintes des riverains, des organisations de la société civile et surtout des industriels, la cimenterie a été installée.S’il y a une affaire qui fait des gorges chaudes dans la ville de Sya, c’est bien cette menace de fermeture des industries, qui plane dans la zone agroalimentaire. Malgré les tractations qui ont été rudes entre les différentes parties, notamment les industriels déjà installés et la nouvelle cimenterie et qui donnaient les signaux du danger qu’il y a d’installation d’une cimenterie dans la zone agroalimentaire, l’usine a été installée. Pourtant, les signaux rouges étaient déjà donnés puisque les rencontres préalables annonçaient la couleur. En effet, de sources dignes de foi, le lancement de la cimenterie a été matérialisé par la pose de la première pierre, le 29 mai 2016, en présence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Suite au lancement, des réunions ont eu lieu courant juin à propos de l’affaire, en présence de divers acteurs à savoir les représentants des  populations riveraines, les industriels, les organisations de la société civile, un service environnemental   sous l’égide du ministre du Commerce, à l’époque Stéphane Sanou et l’actuel ministre de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique, Batio Bassière.  Au cours des réunions, un des industriels dans le domaine de l’huilerie aurait clairement présenté les incompatibilités d’une cimenterie dans cette zone industrielle en ce sens que cela peut entraîner de la poussière qui pourrait impacter la qualité des produits industriels.

 

Le risque imminent de grande pollution par la poussière dans une zone agroalimentaire

 

D’autant plus que ces industries agroalimentaires ont des clients dans l’espace européen, qu’elles risquent de perdre en raison de la qualité des produits qui seraient entachés par la poussière. « Aucun certificateur de CERTYSIS ne va me délivrer un certificat, qui est le minimum pour écouler mes produits »,  regrette un des industriels.  Cette inquiétude légitime des industriels a soulevé le problème de la délocalisation de la cimenterie en question. En témoigne une rencontre entre les différentes parties prenantes de l’affaire  le   21 août 2017 à la mairie de l’arrondissement 2 de Bobo-Dioulasso où  tous les problèmes ont été soulevés, notamment la question de la gestion de la poussière et même l’impossible cohabitation entre la cimenterie et les industries agroalimentaires. Par conséquent, la délocalisation de la cimenterie devrait être imminente.

Une forte odeur de corruption

 

Dans le cas contraire, ces industries seraient condamnées à fermer boutique à cause de la seule industrie de ciment. Toute chose qui est déplorable, tant il est vrai que l’éclosion industrielle a pour but de créer la richesse et de réduire le chômage des jeunes et non de contribuer à amener d’autres usines à mettre la clé sous le paillasson. Pourquoi l’hypothèse de la délocalisation de la cimenterie n’est-elle pas mise en œuvre  malgré les multiples relances en la matière ? Logiquement, les tractations ayant été rudes, il devrait être clair que l’Etat devrait revoir sa position. Mais aux dernières nouvelles et à la grande surprise des uns et    des autres, l’autorisation du ministère de l’Environnement a été donnée pour l’ouverture de l’usine. Pourtant, l’application de la loi n°006-2013/AN du 2 avril 2013 portant Code de l’environnement du Burkina Faso, fait obligation, en son article 25, d’obtenir l’avis sur la faisabilité de tout projet ayant une incidence sur l’environnement. En tout état de cause, cette affaire dégage une forte odeur de corruption. C’est pourquoi l’un des industriels n’entend pas rester les bras croisés. Il compte ester en justice. Pour lui, il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités par rapport à cette affaire en vue d’éviter de  tuer doublement l’économie dans cette capitale économique du Burkina. Qu’à cela ne tienne, les promoteurs dans cette zone agroalimentaire s’en remettent aux différents acteurs impliqués dans cette affaire. Le ministre du Commerce est interpellé  à jouer sa partition afin que le climat des affaires ne se  dégrade pas et que  des entreprises ne ferment  pas boutique. Quant au ministre de l’Environnement, il doit aussi prendre ses responsabilités pour que les défis de lutte contre la pollution soient relevés et que la santé des populations ne puisse pas se  détériorer, ont rappelé les promoteurs des industries agroalimentaires.  En tant que  Premier ministre,  Paul Kaba Thiéba est invité à prendre des mesures fortes afin que des solutions idoines soient trouvées  pour  calmer la grogne sociale qui est grandissante. Affaire à suivre !

 

Pierre T. SAWADOGO

 

 

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