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INTERDICTION D’ENTREE AU TOGO DE TROIS RESSORTISSANTS DE LA CEDEAO

Pour qu’une page ne se tourne jamais…

Le 15 octobre dernier, trois activistes ressortissants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont été interdits d’entrer au Togo.  Membres de la campagne internationale « Tournons La Page » (TLP), Maikoul Zodi, Karim Tanko et Alexandre Didier Amani y étaient attendus pour participer à l’adhésion au mouvement TLP, du Front Citoyen Togo Debout (FCTD) et de la Synergie de l’Intelligensia pour les Actions en faveur des droits de l’Homme (SIADH). Regroupant neuf pays, ce mouvement ambitionne de faire du Togo, son 10e membre. La « raison d’Etat » invoquée par la Police des frontières, qui a valu à deux des activistes d’être bloqués à la frontière entre le Bénin et le Togo, et au troisième, de se voir refuser l’embarquement à l’aéroport d’Abidjan, à la demande des autorités togolaises, ne laissent guère place au doute : le mouvement TLP n’est pas le bienvenu dans ce dernier bastion de la dictature en Afrique de l’Ouest. Et ce sera toujours ainsi pour que… la page Faure ne se tourne jamais … Vous avez dit « Tournons La Page » dans cette république du Gondwana ? On peut en rire en raison de la forte addiction au pouvoir, de l’indéboulonnable Faure, ajoutée à la nature répressive de son régime ! En interdisant l’entrée dans son territoire, à ces trois vaillants combattants de la liberté et preux chevaliers de la démocratie, le Togo ne surprend pas.  Fidèle à sa triste réputation de trou noir de la démocratie en Afrique de l’Ouest, on peut observer qu’il s’est plié à son instinct ! Mais, évidemment, cela n’enlève rien au caractère rustre, abject, inélégant et condamnable de l’acte.   Du reste, pour autant qu’il ait pris des engagements internationaux et nationaux de défendre et de protéger les libertés d’expression, d’association et de circulation des ressortissants de l’espace communautaire, le Togo a obligation de les respecter.

Faure Gnassingbé doit revoir sa copie

 

Que ces trois activistes aient donc été invités à la cérémonie d’adhésion de mouvements frères, à la structure faîtière TLP, en quoi cela devait-il faire trembler la république ?   D’autant qu’à ce qu’on sache, les refoulés de Lomé, n’avaient pas émis un avis de tempête sur la capitale à travers leur projet de présence à la cérémonie. Cela dit, l’on ne peut s’étonner de la frilosité du régime togolais face à l’événement. Car, c’est connu, ce type de régime a une peur bleue de la lutte citoyenne entreprise par cette frange de la jeunesse africaine engagée et solidaire, et de plus en plus décidée à prendre son destin en main pour faire échec aux dirigeants africains rêvant de pouvoir à vie.    Et dans le cas d’espèce, l’on peut croire que le régime togolais a agi contre ces trois militants dans la perspective de l’élection présidentielle qui devrait permettre au président Faure, de briguer un quatrième mandat. Mais c’est se tromper de combat et d’époque. Le monde étant devenu un gros village planétaire où tout est connu et partagé à la seconde près, ce serait se battre contre des moulins à vent que de vouloir ramer à contre-courant des aspirations d’une jeunesse africaine de plus en plus avide de liberté et de changement. C’est dire si Faure Gnassingbé doit revoir sa copie. En tout état de cause, l’attitude des autorités togolaises à l’égard de ces trois activistes, est encore une mauvaise publicité pour l’ex « petite Suisse d’Afrique ». 

 

« Le Pays »

 

 

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