INTERDICTION DU PETIT COMMERCE AUX MINEURS : C’est bon mais ce n’est pas arrivé…

INTERDICTION DU PETIT COMMERCE AUX MINEURS  :   C’est bon mais ce n’est pas arrivé…

 Le ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille, dans un communiqué rendu public le  7 août 2018, rappelle aux uns et aux autres que « le petit commerce : vente de divers articles (lotus, arachides, cigarettes, eau …) tombe sous le coup de la règlementation de la circulation des mineurs, de leur fréquentation des débits de boissons, bars-dancing, salles de cinéma et de spectacles ». Avant tout propos, je ne peux que féliciter madame le ministre qui, par ce communiqué, rappelle à certains parents, leurs devoirs. Car, très souvent, on voit des enfants de  rien du tout dans la rue à des heures très avancées de la nuit, qui avec un plateau d’arachides, qui avec je ne sais quoi entre les mains ou sur la tête. Ce qui n’est pas prudent dans une ville comme Ouagadougou où l’insécurité le dispute à l’incivisme. Car, à la moindre inattention, un enfant peut se faire écraser par un automobiliste ou un motocycliste. Et ce genre de scènes, on en voit presque tous les jours à Ouagadougou. Sans oublier que d’autres enfants peuvent se faire enlever par des gens sans foi ni loi. Car, il suffit seulement de leur faire miroiter des billets de banque, et hop, c’est parti ! L’enfant suivra très naïvement son bourreau. Et ce n’est pas tout. Nombreuses sont  les petites filles qui ont perdu leur virginité dans ce petit commerce, quand certaines d’entre elles n’ont pas fait l’objet de viol. Pour toutes ces raisons, le ministère de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille a vu juste. On ne peut  pas accepter que soit mise en péril la vie de nos enfants. Ils ont droit à la protection, même si, il faut avoir le courage de le reconnaître, certains parents ont complètement démissionné. Je dis qu’ils ont démissionné parce qu’ils n’arrivent même pas à répondre aux besoins existentiels de leurs enfants : nourriture, habillement et frais de scolarité. Par moments, c’est la bonne dame qui se débrouille pour assurer la pitance quotidienne de la famille pendant que l’homme se la coule douce dans un cabaret ou un débit de boissons.

 

Le tout n’est pas de mettre au monde un enfant

 

 L’on peut, dans une moindre mesure, comprendre ces parents-là qui n’ont rien et qui tirent le diable par la queue. Mais laissez-moi vous dire qu’il y en a qui ont un minimum de moyens, mais qui ne s’intéressent pas à leurs enfants. Pour eux, un enfant, ça doit se débrouiller, tel est leur credo. Contre ces gens-là, je  voudrais que l’autorité sévisse. Car le tout n’est pas de mettre au monde un enfant. Il faut s’occuper de lui. En tout cas, je demande aux autorités de tout faire pour que soit rigoureusement appliquée cette nouvelle mesure sur le terrain. Mais en même temps, je voudrais tout de même mettre un bémol. Car, le respect à la lettre de la mesure de tantie Marchal, pourrait, à la longue, être contreproductive. La preuve, c’est que certains enfants, à travers ce petit commerce, arrivent à financer leurs études, d’autres, à se nourrir. Leur interdire le petit commerce sans autre forme de compensation serait, à mon avis, inconvenant et dangereux. A moins que le gouvernement décide de rendre gratuite l’école jusqu’au  post-primaire. Ce qui n’est pas facile. Voyez-vous ? C’est bon mais ce n’est pas arrivé, pour reprendre une expression chère à mes amis commerçants de Rood Wooko. J’attendais que Madame le ministre annonce des mesures sociales fortes, pour ôter tout argument aux parents qui contreviendraient à la règle. Mais j’avoue que jusque-là, je suis encore sur ma faim.

« Le Fou

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