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JOHN KERRY AU NIGERIA : Une visite qui tombe à pic

JOHN KERRY AU NIGERIA : Une visite qui tombe à pic

 

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, est depuis hier, 23 août 2016, au Nigeria, et ce pour deux jours, dans le cadre d’une tournée internationale où son calendrier prévoit comme autres destinations, le Kenya et l’Arabie Saoudite. Au menu de son tête-à-tête avec le président nigérian, les questions sécuritaires, mais aussi économiques, dans un contexte où le pays n’est pas au mieux de sa forme, pour plusieurs raisons. D’abord, compte tenu du contexte sociopolitique où la lutte contre les différents groupes d’insurgés dont Boko Haram et les Vengeurs du Delta du niger, entre autres, est en passe de mettre sous l’éteignoir tous les autres défis auxquels l’Administration nigériane est confrontée. Ensuite, compte tenu du contexte socioéconomique où le pays traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, avec la dépréciation de sa monnaie (le naira) et les chutes drastiques du cours du pétrole qui ont eu pour conséquence de lui faire perdre la place de première puissance économique du continent, au profit de l’Afrique du sud. C’est dire si cette visite arrive à point nommé, tant le Nigeria a besoin de soutien en ce moment sur tous ces fronts. Quand on sait que dans la lutte contre Boko Haram, les Etats-Unis sont un partenaire privilégié d’Abuja, l’on comprend la nécessité pour l’Oncle Sam de voler au secours de ce géant ouest-africain dont les pieds ont été fortement fragilisés par les multiples incursions des insurgés islamistes et les soubresauts d’une économie en chute libre. Ce d’autant que dans la lutte contre le terrorisme, le Nigeria a aussi fait d’énormes progrès. La preuve : la secte Boko Haram qui, naguère, fanfaronnait, rase aujourd’hui pratiquement les murs, malgré les apparences, donnant le sentiment qu’elle n’a jamais été aussi affaiblie. Cela est à mettre à l’actif de Muhammadu Buhari qui, dès sa prise de fonction, a non seulement compris la nécessité de fédérer ses énergies avec ses voisins du bassin du lac Tchad pour porter une riposte vigoureuse contre la secte, mais aussi s’est résolument engagé dans la lutte contre la corruption qui gangrenait l’Administration nigériane sous le règne de son prédécesseur Goodluck Jonathan.

Le Nigeria a besoin de reprendre son souffle pour repartir du bon pied

Nul besoin de dire que cette incurie de l’équipe de Goodluck réduisait pratiquement à néant les efforts de lutte contre Abubakar Shekau et sa bande de criminels sans foi ni loi, au point de décourager un partenaire aussi important et stratégique que les Etats-Unis qui s’étaient résolus, de guerre lasse, à prendre du recul. Aujourd’hui, tout porte à croire que Buhari a réussi à redresser la barre, au point que le Nigeria bénéficie à nouveau  de la confiance des Américains. Cela est positif, quand on sait tout l’apport précieux dont ces derniers peuvent être pour ce pays, surtout en matière de renseignements et même d’équipements, dans la traque des fondamentalistes musulmans. Une confiance confortée par une gouvernance vertueuse qui est aussi l’un des chevaux de bataille du président nigérian.  Toutes choses qui pourraient justifier amplement le soutien de l’Administration Obama, qui vit ses derniers mois à la Maison Blanche certes, mais dont il n’est pas permis de douter qu’elle mettra un point d’honneur à casser davantage du djihadiste avant de transmettre le flambeau. C’est ce qui pourrait aussi justifier cette tournée du « gendarme du monde », pour prendre la température du terrorisme dans ces parties de la planète, et y prêcher son évangile en termes de « tolérance religieuse », de lutte contre « la violence radicale », etc. Et aujourd’hui plus que jamais, le Nigeria a besoin de reprendre son souffle pour repartir du bon pied. C’est pourquoi, au-delà de cette visite du diplomate américain, qui vise à renforcer la coopération des USA avec la locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, la disposition des Vengeurs du Delta du Niger au dialogue, est une perche que doivent saisir les autorités d’Abuja qui n’ont pas intérêt à multiplier les foyers de tensions. Surtout quand on connaît la capacité de nuisance de ces combattants, notamment à travers leurs activités de sabotage des pipelines.

Outélé KEITA

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