KABILA ET LA PRESIDENTIELLE EN RDC

KABILA ET LA PRESIDENTIELLE EN RDC

 Jusqu’au bout du suspense !

La prochaine élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), s’apparente de plus en plus à un véritable serpent de mer, tant les incertitudes sont de plus en plus nombreuses quant à la liste des possibles candidats dont les dossiers sont attendus au plus tard aujourd’hui, 8 août 2018. « A tout seigneur tout honneur », intéressons-nous surtout au cas du président en exercice, Joseph Kabila. Au terme de ses deux mandats constitutionnels depuis 2016, l’imbroglio politique congolais lui a permis d’avoir une rallonge (« un lenga » comme on dit chez nous)  d’un an théoriquement suite à l’accord de la Saint Sylvestre, conclu entre l’opposition et la majorité, il y a deux ans. Seulement, cette rallonge d’un an dure depuis plus de deux ans et l’on risque de ne pas voir le bout du tunnel de sitôt. La Constitution de la RDC ne fixant pratiquement pas de délai pour la constatation d’un vide constitutionnel à la magistrature suprême, indique simplement   que le président en exercice reste en fonction jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’Etat. Cela dit, tant qu’il n’y aura pas d’élection, Kabila restera à la tête du pays, qu’il soit légitime ou pas. C’est pourquoi certains analystes pensent qu’il fait tout pour laisser traîner les choses à dessein.

Ce qui est certain, c’est que le fils du MZee, Laurent Désiré Kabila, comme on l’appelle, qui a déjà accompli deux mandats successifs, ne peut plus légalement être candidat en vertu de la limitation des mandats, sauf tripatouillage de la loi fondamentale.

A quelque 48 heures du délai de forclusion pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, le président Joseph Kabila entretient le flou, se contentant de demander à ses partisans de lui proposer les noms de quatre présidentiables, sans dire s’il s’excluait de ces propositions. Des propositions auraient d’ailleurs été déjà faites en ce sens avec sur la liste … la première Dame, Mme Kabila. Rien moins que ça ! Alors : ira ? ira pas ? C’est le suspense jusqu’au bout !

Moïse Katumbi : l’indésirable candidat potentiel empêché de retour

Dans le camp d’en face (l’opposition), les choses ne sont pas simples non plus. Si l’ancien prisonnier de la Cour pénale internationale (CPI), Jean Pierre Bemba, a pu déposer in extremis sa candidature sans être sûr qu’elle aboutira au finish, tel n’est pas le cas pour l’autre poids lourd de opposition, Moïse Katumbi. Car on lui refuse même la possibilité de rentrer au pays. Interdit d’entrée par les airs, il se retrouve bloqué à la frontière zambienne où il est arrivé par la voie terrestre suite au refus des autorités congolaises de le laisser entrer car étant devenu en quelque sorte un « sans papier ».  C’est pour cette raison d’ailleurs que ses partisans ont battu le pavé, hier 6 août 2018, pour exiger des autorités le retour de leur mentor. Quelqu’un l’a dit : la politique n’est pas le domaine des enfants de chœur et tous  les coups, même les plus bas,   sont permis. Mais la RDC qui vient de loin, qui, depuis les indépendances, n’a jamais fini avec les troubles, devrait se raviser - toutes classes politiques confondues - pour ouvrir une nouvelle ère aux Congolais, ce peuple malheureux de l’un des pays  les plus potentiellement riches d’Afrique, voire du monde.

Les récentes tournées du président Kabila chez  certains de ses voisins pourront-elles l’assagir et le sortir des griffes de son entourage politique et familial qui, comme un peu partout en Afrique, est un véritable boulet au pied des dirigeants ?

Il faudrait peut-être que l’Union africaine (UA) et la communauté internationale fassent enfin et de façon énergique, entendre raison aux protagonistes du drame congolais qui n’a que trop duré. Mais peut-elle seulement oser ?

Martin KABORE 

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