KINSHASA POUR LE DEPART DE LA MONUSCO : Que serait la RDC sans la communauté internationale ?

KINSHASA POUR LE DEPART DE LA MONUSCO : Que serait la RDC sans la communauté internationale ?

Alors que Kinshasa ne faisait plus mystère de son hostilité vis-à-vis de la Mission des Nations Unies au Congo (MINUSCO), le Conseil de sécurité de l’ONU a, malgré tout, décidé non seulement du renouvellement de son mandat, mais aussi de son renforcement. En réponse, les autorités congolaises ont montré toute leur mauvaise humeur, allant jusqu’à lancer l’ultimatum de 2020 pour que l’institution onusienne débarrasse le plancher. Et dans le même sillage, elles refusent de se rendre à Genève pour prendre part à une réunion de donateurs, prévue pour le 13 avril 2018 pour répondre à la crise humanitaire qui frappe le pays. Motif invoqué : l’intégralité territoriale et l’unité nationale sont menacées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de Kinshasa   frise l’ingratitude. L’on peut, en effet, se demander ce que serait ce pays aujourd’hui sans la communauté internationale qui n’a cessé d’être à son chevet.   En effet, nonobstant l’assistance humanitaire dans les régions ravagées par la guerre, le rôle des forces onusiennes dont le mandat a été exceptionnellement révisé pour lui donner un caractère plus musclé et offensif, a été irremplaçable dans le maintien de la paix dans le pays et au-delà, dans la stabilité politique du pays.  « Qu’a donc bien pu faire la MINUSCO pour que le régime de Kabila qui a applaudi à tout rompre quand les Casques bleus volaient à son secours dans l’Est du pays, retourne ainsi sa veste », pourrait-on se demander ? En  réalité, la présence onusienne dérange au plus haut point Kinshasa qui, visiblement, a plein de choses à cacher.  En tout cas, l’exigence du départ de la MINUSCO cache mal l’intention de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir, en violation de tous les textes.  Il entend ainsi éliminer toutes les poches de résistance à son projet et transformer la RDC en un gigantesque mouroir, comme au Burundi, où l’on massacre sans le regard de la communauté internationale.

La malveillance de Kinshasa vis-à-vis de la MINUSCO, peut se révéler un couteau à double tranchant

La tentative de dénigrement dont fait l’objet la communauté internationale, n’est donc que l’expression d’une certaine paranoïa des autorités de Kinshasa qui voient à travers les missions onusiennes, des manœuvres de déstabilisation. Cela dit, la malveillance de Kinshasa vis-à-vis de la MINUSCO, peut se révéler un couteau à double tranchant. Le départ des Casques bleus pourrait être fatal au régime en place car le théâtre des opérations de la MINUSCO, est le berceau de toutes les rébellions qui mettent à mal la stabilité de la RDC. A moins que Joseph Kabila ne soit frappé d’une soudaine amnésie, il sait bien que la rébellion qui a porté son défunt père au pouvoir à Kinshasa, est née dans cette région où circulent les bandes armées de tout acabit et qui menacent la sécurité de toute la région des Grands Lacs. Par ailleurs, en snobant l’aide humanitaire de la communauté internationale, Kinshasa ne fait qu’acculer des populations déjà dans une extrême indigence et ne leur laisse que le choix de la révolte. De toute évidence, l’on peut se demander ce que va faire la communauté internationale vis-à-vis de cette attitude de défiance des autorités congolaises. Mais sans présager de sa réaction, une chose est certaine, il est difficilement pensable que l’ONU quittera la RDC. Si elle veut se maintenir aux côtés des populations congolaises qui souffrent le martyre, il est plus que temps d’agir pour éviter la « burundisation » du pays.

SAHO

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