LANCEMENT DES OPERATIONS DE LA FORCE DU G5 SAHEL : Ce ne sera pas une promenade de santé

LANCEMENT DES OPERATIONS DE LA FORCE DU G5 SAHEL  :    Ce ne sera pas une promenade de santé

 

S’il y a une zone qui symbolise la mainmise des terroristes sur le Sahel africain, c’est, à n’en pas douter, celle dite des trois frontières Mali-Niger-Burkina. Son épicentre se situe plus précisément dans la région du Tillit, non loin de Gao au Mali. C’est à partir de cette localité que les forces du mal sévissent sur l’ensemble des trois pays qui composent la zone. La situation est devenue tellement préoccupante que les populations ne savent plus à quel saint se vouer, pour bouter la gangrène hors de la zone afin de vaquer tranquillement à leurs occupations. C’est pourquoi la mise en place du G5 Sahel était beaucoup attendue. Cela fut fait. Mieux, sa toute première opération, baptisée Haw Bi, a eu lieu le 1er novembre 2017 dans la zone des trois frontières. Désormais, soldats burkinabè, nigériens et maliens, appuyés par leurs frères d’armes de l’opération Barkhane, agiront de manière concertée par apporter la riposte qu’il faut aux attaques mortelles et répétées  de la bande à Iyad Ag Ghaly, du nom du chef terroriste malien qui, en mars 2017, a réussi la prouesse d’unir au sein d’une même coalition, l’ensemble des groupuscules terroristes actifs au Mali. Le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (RVIM), puisque c’est de cette faîtière qu’il s’agit, a depuis lors revendiqué près de 60 attaques et affirme détenir l’ensemble des otages

occidentaux. Il était donc temps que le G5 Sahel passât à la concrétisation de sa volonté de casser du terroriste. Comme le plus long voyage commence toujours par un pas, il convient de saluer à sa juste valeur la première opération du G5 Sahel, même si elle relève du symbole, et souhaiter que les fruits  tiennent la promesse des fleurs. Car, l’enjeu, ici, est de réduire considérablement l’emprise terroriste sur la zone, voire l’éradiquer. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer que ce ne sera pas une promenade de santé. On le dit, non pour décourager les troupes qui y sont déployées, mais pour les préparer psychologiquement à mieux réussir leur mission.

Les dirigeants du G5 Sahel sont prévenus

 

 

Et les raisons que les  y invitent sont les suivantes. Premièrement, les terroristes ont eu tout le temps de procéder à des recrutements d’éléments de la zone et d’ailleurs, pour étoffer leurs effectifs. A cela, il faut ajouter les cellules dormantes qui, à tout moment, peuvent se réveiller et  semer la mort dans leur sillage. Deuxièmement, la guerre à la laquelle le G5 Sahel fait face, est d’ordre asymétrique. Et c’est tout dire. L’ennemi ne se sent lié par aucune convention qui encadre les guerres classiques. L’essentiel pour lui, est d’atteindre ses objectifs. Et il ne crache sur aucun moyen pour y arriver. La fin justifiant les moyens pour les terroristes, ils n’ont aucun scrupule à incendier les bâtiments publics comme privés, à égorger les populations, à poser des mines et autres engins explosifs partout où bon leur semble, bref à pratiquer la politique de la terreur et de la terre brûlée. Et face à une telle adversité, même les armées les plus sophistiquées du monde éprouvent les pires difficultés. L’exemple le plus éloquent est celui des forces de l’Oncle Sam face aux Talibans en Afghanistan. Avant les Américains, les Russes ont vécu les mêmes misères. Troisièmement, tous les pays membres du G5 Sahel sont déjà, en termes économique  et social, inscrits à l’article de la mort. De ce fait, leurs armées manquent cruellement de moyens appropriés pour relever le défi. De manière générale, l’on peut faire le constat que le nerf de la guerre n’est pas au rendez-vous. Le scénario- catastrophe serait que la force du G5 Sahel meure de sa belle mort, faute de financement. Ce serait une véritable débandade dont l’effet immédiat serait de livrer pieds et mains liés l’ensemble du Sahel au groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (RVIM) et à  l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Et bonjour les atrocités. Déjà, la situation est intenable. Rien qu’en pensant à cette éventualité apocalyptique, on peut avoir envie de faire, dès à présent, son baluchon. La dernière raison qui permet de dire que les opérations du G5 Sahel ne seront pas une promenade de santé, est liée à la situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui en Libye. En effet, tant que ce pays ne sera pas normalisé au point d’empêcher les terroristes qui écument le Sahel africain de s’y ravitailler en armements et en munitions, il sera utopique de parler de sécurisation du Sahel. Pour toutes ces raisons, il faut craindre que la guerre contre les terroristes dans les pays du G5 Sahel, ne s’installe dans la durée. Il faudrait d’ores et déjà s’y préparer. Il faudrait aussi coupler à la riposte militaire, des actions hardies en vue de desserrer l’étau de la misère dans la zone. Car, l’une des mamelles à laquelle se nourrit le phénomène terroriste, c’est l’état de précarité prononcé dans lequel végètent les populations sahéliennes. Les dirigeants des pays membres du G5 Sahel sont donc prévenus. Et au-delà, c’est la communauté internationale qui est interpellée. Tous doivent, ici et maintenant, prendre la vraie mesure de la menace à l’effet de lui trouver la thérapie qui sied, si tant est que leur engagement contre le terrorisme dans cet espace, ne relève pas de l’hypocrisie.

Sidzabda

 

 

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