LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE A YIRGOU : « Nous devons cultiver le pardon», dixit Alassane Bala Sakandé

LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE A YIRGOU   :  « Nous devons cultiver le pardon», dixit Alassane Bala Sakandé

Une délégation de l’Assemblée nationale (AN) composée de quatre députés avec à sa tête, Alassane Bala Sakandé, Président de l’AN, a effectué un déplacement à Yirgou le samedi 12 janvier 2019. Objectif, apporter un soutien et une contribution de 100 tonnes de vivres et 5 millions de F CFA à toutes les personnes victimes de représailles.

 

Une délégation de 4 députés, majorité et opposition, a accompagné le PAN à Yirgou le samedi 12 janvier 2019.  Les premiers mots du président du perchoir burkinabè  à l’endroit des populations de Yirgou, étaient : «  Assalamou Allekum ». S’exprimant en mooré, il a fait savoir aux populations qu’il a effectué le déplacement de Yirgou au nom des députés de l’AN. Pour lui, que l’on soit Peulh, Moaga, Gourounsi, Bissa, musulman, chrétien ou animiste, « Nous sommes tous des Burkinabè comme les autres. » Nous devons nous entendre, dialoguer entre citoyens, a-t-il laissé entendre. Car, « nos ancêtres vivaient en symbiose depuis belle lurette ». Alassane Bala Sakandé a prôné le pardon. « Quelle que soit la situation que nous vivons, nous devons avoir la foi. Nous devons cultiver le pardon. Soyons des hommes de pardon», a-t-il indiqué.  Pour le PAN, l’heure n’est pas aux paroles, il reviendra très prochainement. C’est sous les acclamations des populations que le PAN a annoncé le soutien de 100 tonnes composés de riz, de petit mil, de lait (plaisanterie entre Yarsé et Peuls : voire encadré), de sucre et d’une somme de 5 millions de F CFA. Pour le représentant des chefs des villages victimes de violences, Naguibamba Sawadogo, chef de Toékodogo, la menace est toujours présente. La population est toujours dans la psychose. Il a demandé un renfort du côté de la sécurité. C’est dans une ambiance bon enfant que le PAN s’est rendu dans un campement peul  de Koulpagré, village qui a subi les affres des violences, situé à moins de 10 km de Yirgou frontalier avec Tongomayel. C’est le vieux Hamadou Diallo et sa petite famille qui ont accueilli le PAN. Pour lui, quel que soit ce qui s’est passé, il est prêt à pardonner. Il s’est senti réconforté avec l’arrivée du PAN. Cependant, il a souligné qu’il est pratiquement le seul à rester dans le campement. Les autres sont partis car ils savent là où aller. Mais lui, il est contraint de rester parce qu’il ne sait pas où aller.  Au regard de tout ce qui s’est passé à Yirgou et environnants, Alassane Bala Sakandé lance un appel : «  Nos aïeux ont tenu ce pays dans la paix. Nos parents aussi. Nous devons travailler de sorte que cette paix, cette solidarité, ce vivre-ensemble, nous puissions le préserver car c’est le socle du Burkina. » Pour lui, ces valeurs sont des richesses du pays. Et de conclure : « Nous pensons que nous devons prendre résolument des mesures pour que les populations ne vivent plus ça au Burkina. Ce qui s’est passé n’honore pas notre pays. » Au retour vers 12 h 05, arrivés au village de Foubé situé à 65 Km de Barsalogho, notre cortège s’était replié pour constater le nouveau site de déplacés lors de l’attaque du jeudi 10 janvier dernier à Gasseliki, commune d’Arbinda. La réalité est encore là, près de 5 000 personnes avec des écoliers, femmes et vielles personnes assis à même le sol. Mahamadi Soré, Conseiller de Foubé a laissé entendre qu’ils sont face à un problème qui les dépasse. « Toutes les classes et logements ont été occupés. Donc, il y a un problème d’hébergement, de nourriture et de couverture. », ajoute-t-il. Et un vieux de crier : « Ils ont tué 12 personnes et nous ont demandé de quitter sinon ils vont revenir nous massacrer. Ils ont dit que le Président Roch Kaboré nous a flattés. » Touchés par la situation, les députés ont, sur place, compati aux douleurs de cette population avec une somme de 105 000 F CFA et les a rassurés de l’arrivée prochaine de Clément P. Sawadogo à Foubé.

Madi OUEDRAOGO (Correspondant)

 

La parenté à plaisanterie : Une valeur sûre pour la cohésion sociale au Burkina Faso

 

La parenté à plaisanterie est une valeur sûre pour l’apaisement des cœurs au Burkina Faso, surtout en ces temps de crise et de violences communautaires. Elle permet de raffermir les liens entre communautés : peul, bobo, moosé, samo, bissa,  gourounsi, etc. entre les 60 ethnies que compte le Burkina Faso. Cette valeur doit renaître. C’est le message d’Alassane Bala Sakandé, PAN qui l’a exprimé lors de sa visite à Yirgou. Il a réveillé cette valeur qui existe entre peuls et yarsé. Lui-même étant un « Yargha », une communauté à laquelle il appartient, a profité taquiner les Peuls. Face aux Peuls, il dit : « Si je ne vois pas ma gourde de lait après la rencontre, ça va chauffer. » (Rire). Des expressions comme « Kossam na woodi » pour dire qu’il y a du lait, « Djam walli » pour dire bonjour  en Fulfuldé, ont été mises en valeur. C’est dans ce climat de détente, de rire que le PAN a su égailler la foule qui était là, écoutant avec passion les jeux de parenté à plaisanterie entre
Peuls et Yarsé. Que ce soit à Yirgou où à Barsalogho, Alassane Bala Sakandé a su promouvoir cette valeur qui est plus que nécessaire pour nos populations. A l’occasion, les Peuls ont été honorés par leur hôte. Bala Sakandé leur a octroyé un âne lors de sa visite au site de regroupement des déplacés à Barsalogho. Le PAN a aussi fait valoir des proverbes de nos terroirs. Cela est une source de renforcement des liens et freine à jamais les divisions entre communautés.

 

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