LE ZIMBABWE AU COMMONWEALTH

LE ZIMBABWE AU COMMONWEALTH

Un retour qui vaut son pesant de signal diplomatique

Après quinze ans d’absence, le Zimbabwe vient de signer son retour au sein du Commonwealth. C’est le moins que l’on puisse dire, avec la présence, à Londres, du président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, aux côtés des autres pays anciennement colonisés par la Grande Bretagne. Certes, il ne s’agit pas encore d’une réintégration, mais la simple invitation vaut déjà son pesant d’or. Ne dit-on  d’ailleurs pas que le plus long voyage commence toujours par un pas ? Car, rien que la présence de Harare au sommet du Commonwealth traduit sa volonté de revenir sur la scène internationale, comme l’avait si bien souhaité le président Mnangagwa. En effet, dès le lendemain de sa prise de pouvoir, le successeur de Robert Mugabe avait promis d’améliorer les relations internationales et de développer les investissements étrangers au Zimbabwe. Et cela, afin de faire face au taux élevé du chômage et à une croissance de plus en plus faible. Or, Dieu seul sait si les attentes des populations sont nombreuses. Certes, il est difficile de dire si oui ou non un retour du Zimbabwe dans le Commonwealth l’aidera à se redresser économiquement. Mais il reste entendu que c’est un signal diplomatique fort que le pays vient ainsi d’envoyer. Car, ce n’est plus comme de par le passé où Robert Mugabe, à travers des diatribes dont lui seul avait le secret, fustigeait l’organisation, allant jusqu’à l’accuser parfois d’être un instrument d’hégémonie des Occidentaux.

On attend le nouveau président au tournant

En réalité, on ne le sait que trop bien. Mugabe ne supportait pas que les puissances occidentales s’intéressent à sa gouvernance politique et économique qui, disons-le, était des plus médiocres. A preuve, le Zimbabwe a été exclu du Commonwealth en 2003, à l’issue d’un scrutin présidentiel chaotique, marqué par des fraudes massives sur fond de violences de tous ordres. Et il en a été ainsi jusqu’à la chute du vieux Bob, comme on aimait à l’appeler. En tout cas, en décidant de renouer avec les institutions internationales dont le Commonwealth, le Zimbabwe de Emmerson Mnangagwa se doit de respecter l’Etat de droit,   les droits de l’Homme et l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Sur ce dernier point, on attend le nouveau président au tournant ; lui qui, au sommet de Davos, promettait devant les cameras du monde entier, des élections transparentes d’ici le mois de juillet prochain. On veut bien croire à sa bonne foi, mais on est gêné aux entournures de savoir que Mnangagwa lui-même sera de la partie. Or, comme on le sait, il est difficile d’être juge et partie.

B.O

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