LEVEE DE L’INTERDICTION DE MANIFS AU TOGO : L’opposition ne doit pas lâcher la proie pour l’ombre  

LEVEE DE L’INTERDICTION DE MANIFS AU TOGO : L’opposition ne doit pas lâcher la proie pour l’ombre   

Les 7 et 8 novembre prochains, l’opposition togolaise appelle de nouveau ses militants et sympathisants à descendre dans la rue pour réclamer l’alternance. La nouveauté dans ce pays dont le rythme de vie est désormais marqué par les marches et contre-contres, est que les manifs annoncées ne devraient plus se faire en violation des textes restrictifs de la liberté de manifestation que le régime de Faure avait pris pour endiguer la contestation populaire. En effet, les autorités togolaises, après avoir un tant soit peu bandé les muscles, semblent lâcher du lest en levant la mesure interdisant les manifestations en semaine. Mieux, elles entendent accompagner les leaders de l’opposition dans l’encadrement et la sécurisation de leurs manifestations. Et cerise sur le gâteau, il a été décidé la libération de certains militants de l’opposition appréhendés lors de précédentes marches. Le temps semble donc à l’apaisement et l’on peut s’interroger sur cette brusque mue du loup en agneau. En effet, d’aucuns n’hésitent pas à voir dans ce brusque ramollissement de la bête, une ruse de guerre. Il s’apparente à une stratégie de diversion destinée à détourner l’attention de l’opposition de ses objectifs. Il peut s’agir aussi d’une astuce destinée à casser l’élan de l’opposition. Car, on le sait, l’interdit tente l’homme et dans les circonstances actuelles au Togo, le violer était perçu comme un acte de témérité et de défiance vis-à-vis du pouvoir pour les militants de l’opposition.

Après avoir échoué dans le maniement du bâton, Faure s’essaie à la politique de la carotte

Les mesures anti-manifs servaient donc plus la cause des manifestants. En les levant, le pouvoir prive ainsi l’opposition d’un important stimulant. Mais peut-être que tout cela n’est que conjectures et que Faure, après avoir échoué dans le maniement du bâton, s’essaie à la politique de la carotte. Cela dit, quoi qu’il en soit, l’on peut aisément imaginer que ce n’est pas de gaieté de cœur que la levée de l’interdiction de manifs a été prise par le pouvoir, et l’opposition togolaise peut déjà se féliciter d’avoir contraint le régime à battre en retraite. Elle se dope ainsi le moral, par cette victoire d’étape. Cela dit, l’opposition doit continuer à garder l’arme au pied et ne pas lâcher la proie pour l’ombre. Elle doit continuer à mobiliser ses troupes pour l’Armageddon. Quant au pouvoir, s’il veut faire montre de sa bonne foi, il doit aller au-delà des nouvelles mesures prises qui, d’ailleurs, étaient consacrées par la loi fondamentale togolaise. Il doit sortir de la rengaine du référendum qu’il serine à chaque sortie médiatique. Cela dit, le président Faure Gnassingbé gagnerait plus à s’atteler à cette tâche qui est des plus urgentes pour le Togo qu’à aller jouer les médiateurs dans la médiation libérienne. Certes, l’on comprend que sa casquette de président en exercice de la CEDEAO le contraint à la sollicitude avec les autres pays de l’espace sous régional, dans les circonstances actuelles du Togo, mais une telle attitude relève véritablement de ce que l’on appelle « voir la paille qui est dans l’œil du prochain plus tôt que de s’occuper de la poutre qui est dans le sien. »

 

SAHO

 

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