LIBERTE PROVISOIRE ACCORDEE A DJIBRILL BASSOLE : Des OSC dans la rue pour protester

LIBERTE PROVISOIRE ACCORDEE A DJIBRILL BASSOLE : Des OSC dans la rue pour protester

Un rassemblement de plusieurs OSC a envahi en partie la Place de la Nation, à l’annonce de la libération de Djibrill Bassolé à qui une « liberté provisoire » a été accordée le mardi 10 octobre 2017 par la Justice militaire.  Le rassemblement d’OSC a marché pour dénoncer ce qu’il considère comme une liberté accordée « sous la pression des parents politiques ou familiaux du prévenu » et a exigé le retour de Djibrill Bassolé en prison, en attendant un procès en bonne et due forme.

Des associations ou organisations de la Société civile, suite à l’annonce de la liberté provisoire accordée au Général Djibrill Bassolé le 10 octobre 2017, ont marché de la Place de la nation au tribunal militaire pour réclamer le retour du Général de gendarmerie en prison, en attendant son procès. Pour l’artiste rappeur Smockey du Balai Citoyen, une enquête doit être faite pour établir l’innocence du prisonnier, avant  toute idée de libération. « S’il est innocent, qu’un jugement soit prononcé, qu’une enquête soit menée jusqu’à terme afin qu’on puisse délibérer et qu’on comprenne  que ce monsieur n’a pas pris partie », a indiqué le rappeur à la Place de la Nation. Il a indiqué que l’opinion publique,  le rassemblement d’associations ou d’organisations de la Société civile mobilisé en ce jour en l’occurrence, a toutes les raisons de croire le contraire, au regard, selon lui,  de « tout ce qui se trame dans le pays », de  la « mobilisation de l’extérieur et de la tentative de faire en sorte qu’il échappe à la Justice ». Cela, le Balai Citoyen et les autres associations ou OSC ne vont pas l’accepter, a-t-il signifié. Pourquoi toute cette mobilisation alors que certains prisonniers avaient eu droit à la liberté provisoire ?  Pour Smockey, les OSC  tout comme le Balai Citoyen, ont toujours crié leur « ras-le-bol » face à cela, précisant aussi que « tous les prisonniers ne se valent pas ».  De par son implication dans les dossiers de l’insurrection et du putsch manqué, la libération de Djibrill peut entraîner d’autres libérations comme celle du Général Gilbert Diendéré par exemple, de l’avis des marcheurs qui ont dit comprendre  « la manœuvre » qu’ils ne laisseront pas passer. Ceux qui ont été libérés et qui n’ont pas été jugés, doivent être remis en cellule et être jugés, selon le rappeur. Il faut en finir avec les questions de justice et que le gouvernement puisse se mettre à l’œuvre pour le développement du pays, a-t-il conclu.  Pour Hervé Ouattara du CAR, la Justice doit expliquer  simplement à l’opinion publique si Djibrill Bassolé est coupable ou non et pourquoi il doit être libéré.  La question de justice est une longue marche, foi de Hervé Ouattara selon qui le tribunal militaire doit prendre ses responsabilités. Sinon, a-t-il conclu, « c’est le peuple qui prendra ses responsabilités ». Pour le député du CNT,  Yaya Karambiri, qui a pris part à cette marche de rejet de la mise en liberté provisoire du Général Djibrill Bassolé, « sous prétexte qu’il est malade », selon ses mots, la marche traduit l’indignation face au comportement de certains juges du tribunal militaire qui ont accordé la liberté provisoire à un prisonnier contre qui pèsent des charges. Les OSC resteront mobilisées jusqu’à l’audience de confirmation des charges contre Bassolé si celui-ci reste en liberté provisoire et exigeront sa comparution à cette audience, a-t-il précisé.

Lonsani SANOGO

 

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2 Commentaires

  1. Jourdain

    Le constat général qui se dégage est que les citoyens burkinabè veulent que les dossiers pendants en justice puissent être jugés dans les règles de l’art. Le peuple souhaite que les dossiers de l’insurrection 2014 et du putsch 2015 soient bien jugés, afin que des coupables soient condamnés et ceux contre qui, il n’existe pas de pas de preuves avérées de culpabilité, soient blanchis voire dédommagés. Cependant, les règles de droit obéissent à des principes qu’il faut scrupuleusement respecter pour éviter toute partialité et des procédures bâclées. L’idéal était que les présumés coupables en détention, puissent y rester jusqu’au procès. Mais, il existe des cas de forces majeures qui autorisent des libertés provisoires pour raison de santé. C’est un droit à respecter. En effet, lors des procès, des avocats ont la possibilité d’arguer des problèmes graves de santé de leurs clients pour reporter leurs jugements. Par conséquent, un prévenu libéré qui bénéficie de soins appropriés, ne pourra plus se réfugier derrière l’argument de santé pour ne pas répondre à la barre. Les Burkinabè parlent le même langage sur lesdits dossiers judiciaires sans le savoir, car, la préoccupation commune porte sur le triptyque vérité-justice-réconciliation. C’est une situation qui frise un peu l’histoire de monsieur Jourdain qui faisait la prose sans s’en rendre compte.

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  2. Almami

    Les OSC et partis politiques qui revendiquent sans vergogne, la libération sans condition des généraux Diendéré et Bassolé, sont mus par des motivations alimentaires plutôt que par des causes légitimes. Ils créent des mouvements hypocrites de soutien à ces sinistres généraux pour avoir des financements auprès de leurs associés qui sont aux contrôles de leurs finances occultes. Hormis les mobiles du coup d’Etat du 16 septembre 2015, tout le monde sait que ces deux officiers sont à la base de nombreuses violences et crimes de sang contre des citoyens burkinabè. Ces deux hommes sont loin d’être des exemples de probité et de démocratie. Ils ne sont pas indispensables pour le progrès du Burkina. Les arguments selon lesquels ils pourront apporter leur contribution à la lutte contre l’insécurité sont fallacieux. Car, ce sont des gens qui faisaient du business avec les terroristes à travers les prises d’otage contre paiements de rançons. Ils sont aussi nocifs que leurs complices terroristes.

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